Réunissant des responsables d’agences de promotion de l’investissement et de zones économiques spéciales, cette rencontre, consacrée au rôle de ces structures dans une nouvelle phase de l’investissement mondial, a permis d’échanger sur les moyens de renforcer l’attractivité des économies et d’adapter leurs dispositifs aux mutations des flux internationaux de capitaux.
Organisée en partenariat avec la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), l’Association mondiale des agences de promotion de l’investissement (WAIPA), l’Alliance mondiale des zones économiques spéciales (GASEZ) et Invest Qatar, la table ronde a notamment mis en avant la nécessité de dépasser une approche fondée uniquement sur les montants d’investissements annoncés.
Intervenant à cette occasion, M. Rekkache a souligné que la performance d’une politique d’investissement ne peut plus se mesurer exclusivement au nombre de projets enregistrés ou au volume des capitaux mobilisés. Elle doit également être appréciée à l’aune des réalisations effectives sur le terrain : mise en service des unités de production, création d’emplois, génération de valeur ajoutée, transfert de technologies et progression des exportations.
Cette approche vise à renforcer les retombées économiques des investissements étrangers sur le tissu productif national. Elle suppose notamment de développer les relations entre les investisseurs internationaux et les entreprises locales, de favoriser la sous-traitance nationale et de mieux intégrer les opérateurs algériens aux chaînes de valeur.
L’enjeu est de faire de l’investissement un levier de diversification de la production et de modernisation de l’économie, plutôt qu’une simple opération d’apport de capitaux. Pour l’Algérie, cette orientation revêt une importance particulière dans la perspective d’un élargissement de sa base productive et d’un renforcement de ses capacités exportatrices hors hydrocarbures.
Dans ce sillage, Omar Rekkache a présenté les principales mesures engagées par l’Algérie pour améliorer son environnement des affaires. Celles-ci portent notamment sur l’évolution du cadre juridique de l’investissement, la numérisation des services, la facilitation de l’accès au foncier économique et la simplification des procédures administratives.
Le directeur général de l’AAPI a également souligné la complémentarité des institutions chargées de l’investissement. L’Agence assure la promotion de la destination algérienne, l’identification des investisseurs potentiels et le développement des partenariats, tandis que le guichet unique national de l’investissement prend en charge les procédures et les décisions liées aux projets.
Cette répartition des missions s’inscrit dans une logique de rationalisation du parcours de l’investisseur, avec pour objectif de faciliter le passage de l’intention d’investissement à la réalisation effective des projets.
Les zones économiques spéciales appelées à jouer un rôle plus structurant
Autre axe abordé lors des discussions : le rôle des zones économiques spéciales dans l’attraction des investissements et la constitution de pôles de production compétitifs. Au-delà des avantages accordés aux entreprises et de la disponibilité du foncier, ces espaces doivent, selon l’approche défendue par le responsable de l’AAPI, fonctionner comme de véritables écosystèmes industriels.
Infrastructures, énergie, logistique, compétences humaines et réseaux de fournisseurs locaux doivent y être articulés afin de favoriser l’intégration des entreprises dans les chaînes de valeur internationales.
Par ailleurs, la table ronde a également abordé les perspectives d’attraction des investissements directs étrangers liés à l’intelligence artificielle.
Les échanges ont porté sur les possibilités offertes par cette technologie pour améliorer le fonctionnement des agences de promotion de l’investissement, optimiser leurs processus et renforcer la qualité des services destinés aux opérateurs économiques.
À travers sa participation à ce rendez-vous international, l’AAPI a ainsi mis en avant une orientation qui place les retombées productives au cœur de la politique d’investissement.
Le défi pour l’Algérie consiste désormais à transformer l’attractivité affichée en projets opérationnels, capables de générer durablement de l’activité, des emplois, des exportations et des transferts de savoir-faire.
K. B.





























