Traqué par la contestation, Gianni Infantino a choisi la fuite en avant. Il sera candidat à un nouveau mandat à la tête de la FIFA. Un porte-parole de l’institution vient de le confirmer : «Rien n’a changé. M. Infantino sera candidat». Un message laconique adressé à ses contempteurs.
Mais cette fois, le patron de la FIFA ne part pas avec les mêmes certitudes. Il ne sera probablement pas seul en lice et, surtout, l’opposition s’organise. UEFA, AFC et Concacaf ont pris leurs distances. Son projet d’ouverture de la FIFA aux investisseurs privés a laissé des traces.
Infantino peut compter sur des soutiens, notamment en Afrique. Mais rien ne lui garantit que ce soutien sera éternel ni que les 54 voix africaines suivront une même consigne. Les personnalités écartées par le Marocain Fouzi Lekjaa et l’Egyptien Abou Hani Réda travaillent discrètement pour mettre fin à son autoritarisme.
Et cela avant le Congrès électif prévu à Rabat le 18 mars 2027. Le choix du Maroc n’est évidemment pas anodin. Le Royaume entretient des relations particulièrement étroites avec Infantino et la FIFA. Dans ces conditions, peut-on déjà considérer Rabat comme une certitude ? Rien n’est moins sûr.
D’ici mars, beaucoup de choses peuvent encore se produire. Une candidature, une alliance, un retournement de situation peuvent modifier le rapport de forces. Et, dans ce genre d’élection, la veille du scrutin peut parfois être décisive. Infantino est donc candidat. Mais sa réélection, elle, est loin d’être acquise.
– AHMED BESSOL





























