À cinq mois de l’élection du 18 mars 2027 à Rabat, le président de la FIFA affiche une confiance qui contraste avec les interrogations sur la réalité de ses soutiens. Mais entre les déclarations d’allégeance et les bulletins de vote, il reste un pas à franchir. Il semble déjà convaincu de remporter un quatrième mandat. Le discours est rodé : le football mondial serait derrière lui et sa réélection presque acquise. Les médias critiques ont pourtant eu raison de questionner cet optimisme. Une déclaration de soutien n’est pas un bulletin de vote, et une campagne ne se gagne pas par anticipation.
Ainsi, l’actualité japonaise apporte un éclairage intéressant. Le 28 octobre, la Fédération japonaise a confirmé la démission de son vice-président, Takeshi Okada, qui invoque un désaccord de valeurs avec les réponses apportées aux controverses entourant la Coupe du monde. Cette décision intervient quelques jours après le soutien de la Confédération asiatique à Infantino. Okada n’a pas annoncé son opposition au président de la FIFA, mais cette séquence rappelle que l’unité affichée ne signifie pas nécessairement l’absence de désaccords.
En Afrique aussi, le soutien annoncé des 54 associations à Infantino constitue un argument de campagne majeur. Mais qui peut garantir que les déclarations collectives se traduiront intégralement dans les urnes ? Les positions individuelles restent à vérifier. Quant à l’opposition, elle doit encore transformer ses critiques en une candidature et un projet capables de rassembler. Aussi, le 18 mars 2027, à Rabat, les discours laisseront-ils place au décompte. D’ici là, les soutiens pourront se confirmer ou évoluer. Infantino peut revendiquer ses ralliements, mais il ne peut tenir le résultat pour acquis.
À Zurich, le président compte ses soutiens. Les observateurs attendent de compter les voix. La victoire est annoncée. Elle reste à gagner.
AHMED BESSOL




























