Il y a les faits et il y a le récit que certains voudraient en faire. Les faits, eux, sont têtus : la Fédération belge ne soutiendra pas Gianni Infantino pour un nouveau mandat à la tête de la FIFA. Elle dénonce le manque de transparence et les défauts de gouvernance. La Belgique rejoint ainsi la Suède, l’Écosse et l’Italie dans la fronde européenne. Plus grave encore, la RBFA réclame des explications sur le projet, abandonné depuis, d’ouvrir les revenus de la Coupe du monde à des investisseurs privés, ainsi que sur l’affaire Folarin Balogun. Deux dossiers qui, pour les Belges, restent sans réponse.
Pendant ce temps, un autre récit nous explique qu’Infantino aurait repris «du poil de la bête». Ses voyages, ses rencontres avec les dirigeants et les soutiens affichés sur les réseaux sociaux seraient la preuve d’un retour en force. Vraiment ? Être le seul candidat déclaré ne signifie pas être incontesté. Et multiplier les déplacements lorsqu’on est à la fois président de la FIFA et candidat à sa propre succession constitue forcément un avantage que ses adversaires ne possèdent pas.
Il y a aussi l’argent. Celui de la FIFA, celui des programmes de développement, celui qui permet au président sortant de parcourir le monde et de rencontrer les fédérations membres. Il serait évidemment excessif d’affirmer que cet argent finance directement sa campagne. Mais il serait tout aussi naïf d’ignorer le poids politique d’une institution qui distribue des milliards et dont le président sollicite en même temps les voix.
Alors, Infantino reprend-il réellement du terrain ? La Belgique vient de rappeler que, derrière les sourires,
les voyages et les soutiens affichés, les questions de gouvernance, elles, n’ont toujours pas disparu. Et si le terrain se dérobe encore, ce n’est peut-être pas du côté de ses adversaires qu’il faut chercher la réponse.
AHMED BESSOL





























