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L’Algérie surpasse les États-Unis et la Russie sur le marché gazier espagnol

L’Algérie surpasse les États-Unis et la Russie sur le marché gazier espagnol

Dans une dynamique marquant un retour en force sur la scène énergétique européenne, l’Algérie a retrouvé sa position de premier fournisseur de gaz naturel à l’Espagne au cours du premier semestre 2025, dépassant ainsi les États-Unis, dont les exportations vers la péninsule ibérique ont connu une forte baisse.

L’Algérie assure 43,6 % des importations gazières espagnoles en un mois

Selon le bulletin mensuel publié par l’entreprise espagnole Enagás, chargée de la gestion des infrastructures de transport et de stockage de gaz, l’Algérie a exporté environ 12 040 GWh de gaz naturel vers l’Espagne rien qu’au mois de juin.

Cette quantité a été acheminée via deux canaux :

  • Le gazoduc Medgaz, reliant directement Beni Saf (Algérie) à Almeria (Espagne), pour 7 890 GWh.

  • Du GNL (gaz naturel liquéfié) transporté par voie maritime, représentant 4 150 GWh.

Avec ce volume d’exportation, l’Algérie a représenté 43,6 % du marché gazier espagnol en juin, témoignant de la robustesse et de la fiabilité de ses infrastructures, tant pour le transport par pipeline que par navires méthaniers.

Baisse des exportations américaines, leadership algérien renforcé

À l’inverse, les États-Unis ont vu leurs exportations vers l’Espagne chuter de 55 % sur la même période, n’atteignant que 4 133 GWh, soit 15 % des importations espagnoles.

Cette baisse serait liée, selon plusieurs observateurs, à l’aggravation des tensions commerciales entre Washington et Bruxelles, exacerbées par la politique protectionniste et la « guerre des droits de douane » menée par l’administration Trump, ce qui a eu un impact négatif sur les échanges transatlantiques.

En cumulé annuel : l’Algérie en tête

Grâce à ces performances, l’Algérie s’est hissée au rang de premier fournisseur de gaz à l’Espagne au premier semestre 2025, avec une part de 32,5 %, devant :

  • Les États-Unis : 13,8 %

  • La Russie : 11,8 % (soit 3 268 GWh en juin)

Cette configuration marque un changement stratégique dans la carte énergétique européenne, qui s’oriente de plus en plus vers l’Algérie comme partenaire fiable dans un contexte mondial marqué par l’instabilité énergétique.

Indicateurs supplémentaires : hausse de la demande et des stocks

Par ailleurs, les données d’Enagás révèlent que :

  • Les stocks de gaz souterrains en Espagne ont atteint 75 % de la capacité totale au 10 juillet, contre une moyenne européenne de 61 %.

  • Les terminaux de regazéification (GNL vers gaz) fonctionnaient à près de 60 % de leur capacité.

  • Les exportations de gaz espagnol ont progressé de 22,4 % sur un an, atteignant 23,7 TWh, tandis que la demande locale a augmenté de 21,7 % en juillet, principalement en raison de la consommation des centrales électriques face aux vagues de chaleur. En revanche, la consommation domestique et industrielle a diminué de 4,7 %.

Un partenariat énergétique algéro-espagnol de longue date

Il est important de rappeler que la coopération énergétique entre l’Algérie et l’Espagne remonte au début des années 1990, avec la mise en service du gazoduc Enrico Mattei (anciennement appelé gazoduc Maghreb-Europe, aujourd’hui à l’arrêt). Cette relation stratégique a été renforcée en 2011 avec le lancement du gazoduc Medgaz, assurant un approvisionnement direct sans passer par un pays tiers.

Ce retour en force de l’Algérie sur le marché européen confirme son rôle clé dans la sécurité énergétique du bassin méditerranéen, et en particulier de l’Espagne, désormais de plus en plus dépendante du gaz algérien pour faire face aux fluctuations des marchés mondiaux.

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