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Partenaires commerciaux et investissements en Afrique

Partenaires commerciaux et investissements en Afrique

  • L Union européenne demeure le premier partenaire commercial historique de l Afrique avec des échanges de marchandises d environ 355 milliards d euros.
  • La Chine s impose comme le premier partenaire commercial bilatéral avec des échanges sino-africains atteignant environ 348 milliards de dollars en 2025.
  • Les États-Unis affichent un commerce de biens évalué entre 60 et 70 milliards de dollars par an, encadrés notamment par l accord AGOA.
  • Le volume des échanges commerciaux bilatéraux entre les pays du Golfe et l Afrique s élève à 121 milliards de dollars par an.
  • Le taux d intégration commerciale intra-africaine se situe entre 15 % et 18 % du total des exportations du continent.

L’Union européenne reste historiquement le premier partenaire commercial de l’ensemble du continent africain, les échanges de marchandises atteignant environ 355 milliards d’euros (soit plus de 380-390 milliards de dollars), et à cela s’ajoutent plus de 110 milliards d’euros d’échanges de services et un stock d’investissements directs étrangers (IDE) de l’UE vers l’Afrique dépassant les 250 milliards d’euros. L’Europe demeure historiquement et économiquement le premier investisseur global en Afrique, le montant estimé (Stock d’IDE) est de 265 milliards de dollars (environ 250 milliards d’euros), les principaux secteurs étant les services financiers, biens de consommation, énergies renouvelables et infrastructures.

La Chine s’impose comme le premier partenaire commercial bilatéral, les échanges commerciaux sino-africains ayant atteint environ 348 milliards de dollars en 2025 ,marquant une hausse de 17,7 % par rapport à 2024, ce montant comprenant environ 225 milliards de dollars d’exportations chinoises vers l’Afrique et 123 milliards de dollars d’importations chinoises en provenance d’Afrique (créant un important excédent pour la Chine). La Chine est le premier investisseur mondial en Afrique si l’on inclut l’ensemble des capitaux de grands chantiers et de projets publics, le montant estimé (Stock d’IDE direct) est d’environ 42 milliards de dollars d’IDE officiels. Toutefois, le financement d’infrastructures globales via des prêts et marchés publics dépasse les 155 milliards de dollars sur les deux dernières décennies).

Les échanges de biens entre les États-Unis et l’Afrique se situent à un niveau inférieur à ceux de l’Europe ou de la Chine, encadrés notamment par des accords comme l’AGOA (African Growth and Opportunity Act). Le commerce total de biens (exportations + importations) avec les pays africains s’élève approximativement à 60 à 70 milliards de dollars par an, fluctuant selon les cours des hydrocarbures et des produits agricoles. Les États-Unis se placent historiquement au deuxième rang des blocs investisseurs, même si les flux annuels fluctuent, le montant estimé (Stock d’IDE) étant d’environ 40 à 50 milliards de dollars (avec plus de 800 projets actifs sur le continent).

Le volume des échanges commerciaux entre l’Inde et l’Afrique entre 2024/2025 s’élève entre 93,6 et 103 milliards de dollars dont la part des exportations vers l’Afrique est de 45,4 milliards de dollars. L’Inde a fortement accru sa présence commerciale et industrielle, notamment dans les régions anglophones et d’Afrique de l’Est. Le montant estimé (Stock d’IDE) oscillent autour de 10 à 14 milliards de dollars (l’Inde s’est engagée à travers des lignes de crédit de plusieurs milliards). Concernant l’Industrie pharmaceutique (génériques), technologies de l’information (IT), télécommunications et petite industrie manufacturière.

Le volume des échanges entre l’Afrique et la Turquie est estimé entre 36,5 à 40 milliards de dollars dont 21,8 à 23 milliards de dollars d’exportation vers l’Afrique Les investissements directs de sa filière industrielle augmentent rapidement. Si son stock d’IDE pur reste modeste par rapport aux géants (estimé entre 1,5 et 2,5 milliards de dollars), la valeur totale des contrats de construction et de projets d’ingénierie exécutés par des entreprises turques sur le continent s’élève à plus de 85 milliards de dollars, dans le BTP (infrastructures majeures), usines textiles, dispositifs médicaux et énergies renouvelables.

Le Japon a un volume d’échange avec l’Afrique entre et 17,8 à 25 dont 8,7 milliards de dollars d’exportation vers l’Afrique ave un volume d’IDE estimé à environ 2 milliards de dollars, montant identique à celui de la Russie.

Les échanges entre la Corée du Sud et l’Afrique s’élèvent à 20,45 milliards de dollars (données de référence du Sommet Corée du Sud-Afrique et les investissements cumulés environ 9,2 milliards de dollars, le président sud-coréen Yoon Suk Yeol a annoncé une accélération de la coopération financière, incluant, le doublement de l’aide publique au développement (APD) pour l’Afrique, portée à 10 milliards de dollars d’ici 2030 et la mise à disposition de 14 milliards de dollars en financements à l’exportation pour soutenir les entreprises coréennes et les projets d’infrastructure sur le continent.

Mais n’oublions pas le volume des échanges commerciaux bilatéraux entre les pays du Golfe (CCG) et l’Afrique s’élève à 121 milliards de dollars par an. Concernant les investissements directs étrangers (IDE), le montant cumulé injecté par les monarchies du Golfe sur le continent africain atteint désormais 179 milliards de dollars. Le dynamisme de ce corridor financier s’est fortement accéléré, les seules années 2022 et 2023 ayant concentré à elles seules 113 milliards de dollars d’investissements. La répartition par pays émetteur met en évidence la forte domination de trois acteurs majeurs : les Émirats arabes unis (EAU) avec 97 milliards de dollars investis, ce qui en fait le premier investisseur du Golfe en Afrique (avec un fort ancrage dans les infrastructures portuaires mondiales comme DP World, l’agro-industrie et les énergies renouvelables), l’Arabie saoudite avec 28,7 milliards de dollars investis, ciblant principalement l’énergie et la sécurité alimentaire et le Qatar, 9,2 milliards de dollars, orientés de manière plus ciblée (par exemple dans l’aviation et les infrastructures aéroportuaires).

Le volume total des échanges commerciaux entre l’Afrique et les pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’élève à 121 milliards de dollars (selon les données de référence les plus complètes. Les exportations de l’Afrique vers le CCG sont estimées à 69,4 milliards de dollars et les importations de l’Afrique en provenance du CCG sont estimées à 51,5 milliards de dollars.

Concernant les échanges entre l’Algérie et la Russie hors achat miliaire, ils s’élèvent à environ 3 milliards de dollars (selon les déclarations officielles du ministère russe des Affaires étrangères et de l’ambassadeur d’Algérie à Moscou en mars 2026), après avoir atteint 3,7 milliards de dollars en 2023 et la part de l’Algérie dans le chiffre d’affaires du commerce extérieur de la Russie se situe historiquement autour de 0,35 % à 0,38 % (selon les dernières données officielles disponibles de l’ambassade de Russie/Algérie), plaçant l’Algérie aux alentours de la 43e place parmi les partenaires commerciaux globaux de Moscou. Et en référence à la part dans le volume des échanges de l’Algérie, la Russie représente 2 à 3% , ses flux d’échange se faisant principalement avec l’Europe.

L’Afrique sera avant tout ce que les Africains voudront qu’elle soit

Le taux d’intégration commerciale intra-africaine se situe actuellement autour de 15 % à 18 % du total des exportations du continent, selon les rapports récents de l’ONU et d’Afreximbank. Ce taux reste très faible comparé à d’autres régions du monde (plus de 60 % en Europe ou 38 % en Asie). D’où les objectifs de la ZLECAf (Zone de Libre-Échange Continentale Africaine) qui vise à transformer cette réalité en créant un marché unique pour environ 1,5 milliard de consommateurs) en portant le commerce intra-africain d’environ à 25% d’ici 2040. Pour cela la stratégie vise à supprimer progressivement les droits de douane sur 90 % des lignes tarifaires des produits (avec des calendriers adaptés selon le niveau de développement des pays : pays les moins avancés vs autres pays) avec un démantèlement tarifaire progressif avec comme l’exigence générale de 30 % à 35 % de valeur ajoutée locale pour qu’un produit bénéficie des préférences tarifaires et la mise en place du système de paiement panafricain pour régler les transactions en monnaies locales sans passer par des devises tierces (dollar/euro).

-Liste A (produits non sensibles) : 90 % des biens, avec une élimination sur 5 ans (pays non-PMA) ou 10 ans (PMA) ;

-Liste B (produits sensibles) : au moins 7 % des biens, sur 10 à 13 ans ;

-Liste C (produits exclus) : environ 3 % des lignes tarifaires pour protéger les secteurs stratégiques.

Mais les principales difficultés à surmonter sont la fragmentation des infrastructures (transport, logistique, énergie), les barrières non tarifaires (lenteurs aux frontières, normes techniques non harmonisées) et le sous-financement du commerce par les banques locales et le manque d’accès aux devises.

Source : La Nouvelle République

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