Dans un nouveau signal fort de l’accélération des dynamiques diplomatiques et économiques dans le secteur de l’énergie, le président Abdelmadjid Tebboune a reçu ce mercredi les ministres du pétrole de la République du Niger et de la République fédérale du Nigeria. Une rencontre qui remet au centre de l’actualité l’un des projets énergétiques les plus ambitieux du continent africain : le gazoduc transsaharien.
L’entretien n’avait rien d’un simple échange protocolaire. Il traduit au contraire une volonté claire de relancer un projet longtemps resté en suspens depuis sa première évocation en 2001. L’objectif est ambitieux : acheminer le gaz naturel des importants gisements nigérians, en passant par le Niger, jusqu’en Algérie, avant son exportation vers les marchés européens.
Dans ses déclarations à l’issue de la rencontre, le ministre d’État nigérian chargé des ressources pétrolières a affirmé que son pays accordait un « intérêt majeur » à la réalisation de ce projet, soulignant que les discussions ne resteraient pas au niveau politique mais s’orienteraient vers des réunions techniques approfondies afin de clarifier les aspects commerciaux et techniques nécessaires à sa concrétisation.
Le responsable nigérian a également rappelé que, malgré les retards accumulés depuis plus de deux décennies, le projet n’a rien perdu de sa pertinence stratégique. Au contraire, sa valeur s’est renforcée dans un contexte mondial marqué par la recomposition des marchés de l’énergie. Selon lui, « le lancement effectif de ce projet ne serait pas seulement une réussite tripartite, mais un événement continental majeur, capable de stimuler l’industrialisation, la création d’emplois et l’intégration économique en Afrique ».
La présence de hauts responsables algériens et nigériens, ainsi que de représentants du groupe Sonatrach, illustre une volonté politique claire de redonner vie à ce projet d’envergure, considéré comme l’un des plus grands chantiers d’infrastructure énergétique du continent, voire du monde en développement.
Mais une question centrale demeure : pourquoi ce projet revient-il précisément aujourd’hui après plus de vingt ans de stagnation ?
La réponse réside dans un contexte international et régional en pleine mutation. L’Europe cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique, les pays d’Afrique de l’Ouest veulent sécuriser et élargir leurs débouchés commerciaux, tandis que l’Algérie ambitionne de consolider son rôle de corridor énergétique stratégique vers la Méditerranée.
Entre ambitions politiques, enjeux économiques et défis techniques et sécuritaires liés à un tracé traversant le Sahara, le gazoduc transsaharien apparaît comme un véritable test de la capacité des trois pays à transformer une vision vieille de plus de vingt ans en réalité concrète.




























