L’on doit distinguer pour les produits non subventionnés, le prix hors taxe (HT) du prix toutes taxes comprises (TTC), car au prix de vente hors taxes déterminé, on applique le taux de TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) pour obtenir le montant final affiché au client, le prix de vente des produits. Le prix se calcule en partant du coût de fabrication ou d’achat jusqu’au prix final payé par le client. Nous avons le coût de revient qui représente la somme de toutes les dépenses nécessaires pour qu’un produit soit prêt à être vendu regroupant les charges directes (qui varient selon la quantité produite) : prix d’achat des matières premières, emballages, main-d’œuvre directe et les charges indirectes (frais fixes partagés) : loyer de l’atelier ou du magasin, électricité, assurances, marketing, frais administratifs. En exemple pour l’élevage avicole (poulet, œufs) et l’agriculture maraîchère, le coût des aliments importés, des vaccins, des engrais et des semences a considérablement augmenté, obligeant les producteurs à répercuter ces hausses pour maintenir leur rentabilité. Il n‘existe pas de sentiments dans la pratique des affaires car pour être rentable et ne pas vendre à perte, l’entreprise ajoute une marge au coût de revient, cette marge pouvant être calculée de deux manières , soit par le taux de marge (calculé sur le coût de revient) ou par le par taux de marque (calculé sur le prix de vente).
Concernant l’agriculteur vivant dans un environnement inflationniste, il répercute le prix des autres produits pour assurer sa substance. Aussi les mesures administratives autoritaires, sans tenir compte des fondamentaux, qui déterminent les prix provoquent des pénuries et accentuent le processus inflationniste. Aussi, comprendre le processus inflationniste interne implique, à la fois, de le relier à l’inflation mondiale, aux équilibres macroéconomiques et macrosociaux internes, et selon une vision dynamique, à la répartition du revenu par couches sociales, l’évolution des salaires et traitements pour déterminer le pouvoir d’achat réel. C’est un problème complexe où chaque gouvernement essaie de concilier l’efficacité économique et la nécessaire cohésion sociale. Bon nombre de biens entre 2020/2026 ont connu une hausse entre 100% et 200% comme les pièces détachées et bien d’autres produits , le besoin étant historiquement daté. À titre d’exemple avoir un ordinateur et se brancher sur internet est un nouveau besoin indispensable qui doit être intégré dans le calcul de l’indice des prix à la consommations.
2.-Pour l’Algérie, on recense quatre facteurs fondamentaux du processus inflationniste
La première raison est la pression démographique et la faiblesse de la production et productivité interne et la non proportionnalité entre la dépense publique et les impacts économiques et sociaux. Cela accentue la couverture des besoins à tous les niveaux, consommation, logements, emplois ect… (voir étude pour la présidence de la république sous la direction du Pr Abderrahmane Mebtoul pour la révision salariale, Pression démographique, inflation et évolution salariale en 4 volumes 560 pages-2008). Cela implique d’avoir un taux de croissance supérieur au taux de croissance de la population pour atténuer le taux de chômage. Or, l’économie algérienne est caractérisée par une désindustrialsiaiton, alors que ce secteur est un des facteurs déterminant de la croissance de l’économie nationale. La part de l’industrie dans le PIB et le PIB hors hydrocarbures (source officielle APS) est sur une courbe décroissante entre 1965/2023, 1965/1977 près de 13% du PIB, 11% entre 1985/1999 et 6,6% en 2000/2005 et, selon le ministère de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, le secteur industriel national en Algérie contribue fin 2023 à 4,1% du PIB (source APS – 12 mai 2024). Selon le Premier ministère, l’assainissement des entreprises publiques ont coûté au Trésor public, environ 250 milliards de dollars, durant les trente dernières années à fin 2020, dont plus de 90% sont revenues à la case de départ et plus de 65 milliards de dollars de réévaluation, les dix dernières années à fin 2020, et ces assainissements ont continué entre 2021/2025, faute de maîtrise de la gestion des projets. Malgré des dépenses en devises importantes entre 2000/2025 plus de 1100 milliards de dollars d’importations en biens et services en devises (sans compter les dépenses en dinars), la croissance a été en moyenne annuelle 2000/2025 entre 2,5/3% alors qu’elle aurait dû dépasser 9/10% : devant déterminer les raisons. La deuxième raison est l’accroissement du déficit budgétaire qui , c’est une loi universelle appliquée à tous les pays, contribue à accélérer le processus inflationniste qui a fortement fluctué, oscillant selon les cycles des cours mondiaux des hydrocarbures et l’ampleur des dépenses publiques expansionnistes. En 2025, le déficit est estimé autour de 10,5 % à 11,5 % du PIB (soit près de 61,7 milliards de dollars), atténué par des versements exceptionnels de dividendes d’entreprises publiques avec en 2026, un écart budgétaire évalué à environ 70,6 milliards de dollars, soit près de 9 627 milliards de dinars. Pour 2027, l’Algérie prévoit des dépenses totales de 17.251.607.809.000 de dinars, soit près de 132 milliards de dollars au taux de change officiel actuel. Pour les recettes, le PLF 2027 table sur 9.251.140.000.000 DA, soit 70,5 milliards de dollars anticipant un déficit de 63,3 milliards de dollars (8 631,5 milliards de dinars), représentant environ 11,4% à 16 % du PIB selon les modes de calcul de consommation des crédits.. La troisième raison liée à la faiblesse de l’offre est l’inflation importée du fait de l’extériorisation de l’économie algérienne important près de 85% des biens d’équipement et des matières premières des entreprises et une grande fraction des biens de consommation des ménages et les surfacturations, les trafics aux frontières des marchandises subventionnées, qui se répercutent sur le prix final des biens et accroît le processus inflationniste. A cela s’ajoute la dépréciation du dinar officiel permet d’augmenter artificiellement la fiscalité des hydrocarbures (reconversion des exportations d’hydrocarbures en dinars) et la fiscalité ordinaire (via les importations tant en dollars qu’en euros convertis en dinar dévalué), accentuant l’inflation des produits importés (équipements), matières premières, biens, montant accentué par la taxe douanière s’appliquant à la valeur du dinar, supportée, en fin de parcours, par le consommateur comme un impôt indirect, l’entreprise ne pouvant supporter ces mesures que si elle améliore sa productivité. La quatrième raison, est l’importance de la sphère informelle produit de la faiblesse de l’offre avec des restrictions aux importations sans ciblage et la désorganisation des circuits de distribution, plus de 33% de la masse monétaire en circulation, reflétant un état de sous-bancarisation où des entrepreneurs, gros commerçants , ménages et autres intermédiaires préfèrent le cash pour moins de traçabilité et surtout pour mieux échapper au fisc alors que dans les pays développés les plus bancarisés, la part de la circulation fiduciaire ne dépasse guère les seuils de 4 à 5% de la masse monétaire globale . En n’oubliant jamais que tout agent économique, opérateur ou ménage guidé par la seule logique du profit, n’existant pas de nationalisme et de sentiments dans la pratique des affaires ( voir étude sous la direction du professeur Abderrahmane Mebtoul- Institut Français des Relations internationales (IFRI – Paris), « Les enjeux stratégiques de la sphère informelle » – 2013 (reproduite en synthèse réactualisée dans la revue Stratégie IMDEP du ministère de la Défense nationale, octobre 2019).
(A Suivre…)
























