Le renforcement de la coopération minière algéro-indienne a été au centre d’une audience tenue au siège du ministère des Mines et de l’Industrie minière. À cette occasion, l’ambassadrice a affirmé au ministre la disposition des entreprises indiennes à investir durablement dans le secteur.
Selon un communiqué du ministère, cette rencontre a permis aux deux parties de dresser le bilan de leur collaboration et d’identifier les leviers propres à la dynamiser.
Mme Kulkarni a salué la profondeur des relations bilatérales et qualifié l’Algérie de « partenaire clé et stratégique en Afrique », donnant un relief particulier aux ambitions de New Delhi. Elle a réaffirmé la volonté de son pays de donner une impulsion majeure à la coopération économique.
Un tel engagement, s’il se traduit par des projets concrets, marquerait une étape décisive dans une relation jusqu’ici concentrée sur d’autres domaines.
Cet intérêt s’inscrit dans un mouvement plus large : pour soutenir la croissance de son industrie manufacturière, l’Inde cherche depuis plusieurs années à sécuriser ses approvisionnements en matières premières minérales hors d’Asie.
L’Afrique, riche en gisements encore peu exploités, figure au cœur de cette stratégie. Le secteur minier vient ainsi s’ajouter aux domaines déjà couverts par les échanges bilatéraux, alors que les deux pays multiplient les rencontres officielles pour élargir leur partenariat.
Les opérateurs indiens trouvent en Algérie un cadre législatif attractif, conçu pour réglementer et encourager les investissements miniers. Ce dispositif vise à faciliter l’octroi des permis de recherche et d’exploitation, à sécuriser les capitaux engagés sur le long terme et à offrir de solides garanties aux investisseurs étrangers.
Les grands groupes indiens y voient des opportunités concrètes. Toutefois, un apport direct de capitaux — au-delà de simples échanges commerciaux — exigera un engagement financier et technique pérenne, à la hauteur des ambitions affichées.
Transfert technologique et coentreprises
L’Inde s’est dite prête à engager des actions concrètes en matière de transfert technologique pour concrétiser cet engagement. L’ambassadrice a mis en avant le savoir-faire des entreprises indiennes comme levier de modernisation de la chaîne de valeur locale.
Cette démarche accompagne la stratégie algérienne de transformation à forte valeur ajoutée des ressources minérales. Elle rejoint l’objectif prioritaire d’Alger : réduire la dépendance de l’économie nationale aux hydrocarbures en valorisant localement les ressources extraites plutôt qu’en les exportant à l’état brut.
Enfin, New Delhi a proposé la création de coentreprises mutuellement bénéfiques, axées sur la recherche, la cartographie et l’exploitation minière avancée.
Ces trois axes couvrent l’ensemble de la filière, de la prospection géologique en amont à l’extraction industrielle, en passant par l’établissement de cartes précises des gisements. Une alliance entre l’expertise indienne et les ressources algériennes sur l’intégralité de cette chaîne ouvrirait la voie à des partenariats industriels hautement intégrés.
Pour garantir une concrétisation rapide de cette dynamique, l’ambassadrice a insisté sur la mise en place d’un « agenda de travail partagé ».
T. A. L.




























