Dans son communiqué publié lundi à l’issue de la consultation au titre de l’article IV, le FMI a estimé que le programme de réformes engagé par l’Algérie a contribué à soutenir la diversification et une croissance robuste.
En effet, les perspectives à court terme restent globalement positives, avec une progression du PIB réel attendue à 3,8 % en 2026, après 3,9 % en 2025 et 3,7 % en 2024. Selon la même source, la croissance resterait positive tout au long de la période, mais se stabiliserait autour de 3 % à partir de 2027 (3,1 %), à 3 % en 2028 et 2029 et à 2,9 % en 2030-2031.
Cette dynamique apparaît d’autant plus significative qu’elle repose de plus en plus sur les activités hors hydrocarbures. Selon les projections du FMI, le secteur hors hydrocarbures devrait enregistrer une croissance de 4% en 2026, après 4,3 % en 2025 et 4,3 % en 2024.
Il devrait continuer à progresser à un rythme supérieur à celui de l’ensemble de l’économie durant les prochaines années, avec une croissance projetée à 3,6 % en 2027, à 3,3 % en 2028 et à environ 3,1 % à partir de 2030.
Cette capacité à maintenir une croissance positive sur plusieurs années constitue l’un des éléments de la résilience relevée par le FMI. L’institution a souligné d’ailleurs que les efforts de diversification engagés par l’Algérie, notamment dans les secteurs minier et agricole, doivent contribuer à renforcer la croissance portée par le secteur privé.
À l’inverse, les hydrocarbures afficheraient une évolution beaucoup plus irrégulière : +2,7 % en 2026, puis -0,8 % en 2027, -0,1 % en 2028, avant un rebond à +3,4 % en 2029, puis une baisse à 1,2 % en 2030 et 2031.
L’investissement, principal moteur
Le rôle de l’investissement constitue l’un des principaux éléments mis en avant dans l’analyse du FMI. La croissance de 2025, estimée à 3,9 %, a notamment été soutenue par une forte dynamique de l’investissement, alors que le secteur des hydrocarbures est resté relativement modéré.
Les données du FMI ont ainsi montré que l’investissement total a représenté 48,9 % du PIB en 2025, contre 41,3 % en 2024. Même si ce ratio devrait se normaliser à 42,7 % en 2026, il resterait supérieur à 41 % sur l’ensemble de la période 2027-2031.
Plus révélateur encore de la transformation de la structure productive, l’investissement non public dans le secteur non-hydrocarbures a atteint 36,8 % du PIB en 2025, contre 30 % en 2024. Le FMI prévoit son maintien à des niveaux élevés, autour de 33,5 à 33,7 % du PIB à moyen terme.
Cette évolution constitue un indicateur important du processus de diversification de l’économie nationale. Elle traduit également le poids croissant de l’investissement non gouvernemental dans la dynamique économique.
Le contexte énergétique devrait également apporter un soutien à court terme. Le FMI table sur une amélioration des recettes d’exportation et des recettes budgétaires grâce à des prix des hydrocarbures plus élevés.
Pour 2026, l’institution retient une valeur unitaire des exportations de pétrole brut de 92,6 dollars le baril, contre 69,4 dollars en 2025. Pour la période 2027-2031, les prix du pétrole varieront entre 72 et 82 dollars le baril. Cette hypothèse contribue à améliorer les perspectives à court terme, notamment à travers une réduction attendue du déficit du compte courant.
Les exportations devraient ainsi représenter 19,3 % du PIB en 2026, contre 15,8 % en 2025, tandis que les importations devraient revenir de 21,9 % à 18,5 % du PIB. Le déficit courant, qui avait atteint 8,9 % du PIB en 2025, devrait ainsi être ramené à 1,9 % en 2026, avant de se situer entre 2 et 3,1 % du PIB durant la période 2027-2031.
Des marges de sécurité à reconstituer
Le FMI a souligné cependant que la résilience de l’économie ne doit pas masquer l’érosion de certaines marges de sécurité. Les importants déficits budgétaires ont réduit les réserves financières et extérieures et accru les besoins de financement. Le déficit budgétaire devrait ainsi passer de 14 % du PIB en 2024 à 9,6 % en 2026, mais rester élevé à moyen terme.
Parallèlement, la dette publique brute devrait progresser de 47,7 % du PIB en 2023 à 53,2 % en 2026, puis atteindre 79 % en 2031 selon les projections. L’évolution des réserves constitue également un point de vigilance.
Elles sont estimées à 46,5 milliards de dollars en 2026, contre 51 milliards en 2025, après 68,9 milliards en 2024. Le FMI projette ensuite une baisse progressive à 19,8 milliards de dollars en 2031. La couverture des importations passerait ainsi de 8,1 mois en 2026 à 3,3 mois en 2031.
Par ailleurs, le FMI prévoit une accélération du crédit à l’économie, à 9,6 % en 2026 contre 7,8 % en 2025, avant de se stabiliser entre 6,6 et 6,3 % durant la période 2027-2031. Sur le plan extérieur, le déficit courant, après le choc de 2025 à 8,9 % du PIB, devrait être ramené à 1,9 % en 2026.
Les exportations devraient progresser à 19,3 % du PIB, contre 15,8 % en 2025, tandis que les importations reculeraient à 18,5 %.
S’agissant de l’inflation, le FMI a indiqué dans son rapport que l’évolution des prix montre une nette décélération, en passant de 9,3 % en 2023 à 4 % en 2024 et à 1,4 % en 2025. L’institution projette toutefois une remontée à 5,5 % en 2026, avant une stabilisation autour de 3,5 à 3,8 % entre 2027 et 2031.
Sur le plan budgétaire, le FMI préconise une consolidation progressive et crédible des finances publiques, à travers une meilleure mobilisation des recettes hors hydrocarbures, une plus grande efficacité de l’investissement public et une rationalisation des dépenses.
Les principales recommandations du FMI
Il recommande également une réforme progressive des subventions énergétiques, accompagnée de mesures ciblées en faveur des ménages vulnérables. En matière monétaire, le Fonds appelle à renforcer l’ancrage de la politique autour d’une inflation faible, à améliorer sa transmission et à préserver l’indépendance opérationnelle de la Banque d’Algérie. Il recommande également davantage de flexibilité du taux de change afin de mieux absorber les chocs extérieurs.
L’institution de Bretton Woods insiste par ailleurs sur la nécessité de consolider le secteur financier, notamment en renforçant la supervision bancaire, la gestion des risques et la gouvernance des banques publiques, tout en poursuivant les efforts de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Sur le volet économique, le Fonds encourage l’Algérie à accélérer les réformes structurelles et la diversification, en améliorant le climat des affaires, les conditions de concurrence entre entreprises publiques et privées, et en réduisant les obstacles réglementaires et l’informalité.
Enfin, le FMI recommande de renforcer la résilience climatique, d’approfondir les échanges commerciaux et énergétiques avec l’Europe et l’Afrique et d’améliorer la qualité, la couverture et la rapidité de diffusion des statistiques économiques.
H. O.
Dette extérieure : L’Algérie conserve un niveau très faible
L’Algérie continue d’afficher un niveau particulièrement faible de dette extérieure rapporté à la taille de son économie, selon les projections du Fonds monétaire international (FMI). La dette extérieure brute devrait ainsi représenter seulement 1,3 % du PIB, avant de poursuivre sa baisse progressive au cours des prochaines années.
Selon les données du Fonds, ce ratio passerait de 1,3 % à 1,1 %, puis à 1 %, avant de descendre progressivement à 0,8 %, 0,7 %, 0,6 % et 0,5 % du PIB sur la période considérée. Le niveau resterait ainsi inférieur à 1 % du PIB sur la majeure partie de la période de projection. Cette situation constitue un élément important de la position financière extérieure de l’Algérie. Elle contraste notamment avec la progression attendue de la dette publique intérieure et souligne le recours limité du pays à l’endettement extérieur.
En parallèle, le PIB nominal devrait continuer à progresser, passant de 33.679 milliards DA en 2023 à 56.830 milliards en 2031, correspondant à plus de 425 milliards de dollars. Cette évolution contribue mécaniquement à maintenir le poids de la dette extérieure à un niveau très faible rapporté à la richesse nationale.
Par ailleurs, le FMI a salué les efforts déployés par l’Algérie pour renforcer la stabilité et l’inclusion financières, en notant que les banques demeurent liquides, rentables et bien capitalisées. Il a aussi noté que les mesures visant à renforcer la supervision financière, les dispositifs de gestion des crises et de la liquidité et à améliorer la gouvernance des banques publiques sont importantes. Dans ce sillage, le FMI a félicité les autorités publiques pour le retrait rapide de l’Algérie de la liste du GAFI des juridictions faisant l’objet d’une surveillance renforcée.H. O.




























