Selon elle, ce portail « n’est pas une simple plateforme électronique, mais l’aboutissement d’un écosystème numérique souverain et intégré. Il réunit l’identité numérique, l’interopérabilité, la gouvernance des données, le cloud souverain ainsi que les centres de données nationaux. Cela en fait l’un des principaux piliers de l’édification de l’administration et de la gouvernance numérique en Algérie, ouvrant la voie à une nouvelle ère de services publics plus intégrés, plus sécurisés et plus performants ».
L’ensemble des services proposés par les différents secteurs gouvernementaux ont été regroupés au sein de ce portail national. Cet espace s’appuie, pour la première fois, sur l’identité numérique, instaurée en coordination avec le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire. Cette identité numérique permet de lier les données personnelles de l’utilisateur à ses données biométriques.
Pour en bénéficier, le citoyen ou l’institution doit d’abord s’inscrire sur le portail, puis prendre rendez‑vous pour son activation afin d’accéder à une offre élargie de services en ligne. Elle permet également à son titulaire d’accéder de manière sécurisée au portail et à l’espace numérique en général, tout en profitant des différentes prestations sans avoir à se réauthentifier à chaque utilisation.
De son côté, l’administration peut identifier avec précision l’auteur de chaque demande, ce qui renforce la fiabilité des services.
Mme Benmouloud a précisé que le portail propose actuellement 21 services numériques. Ce nombre devrait atteindre 62 services d’ici la fin de l’année 2027, avant de s’élever à 350 services numériques l’année suivante, en 2028. Cette démarche progressive s’inscrit dans le cadre de la généralisation de la numérisation complète des procédures administratives et de l’objectif « zéro papier ».
Cela est rendu possible grâce à l’interopérabilité entre les administrations, qui permet l’échange automatisé des données. Le projet prévoit également la mise à disposition d’un portefeuille électronique destiné à conserver les documents signés numériquement dans le compte de l’utilisateur, afin qu’il puisse les récupérer en cas de besoin.
Sécurité et haute disponibilité
Afin de sécuriser le Portail national des services numériques, un environnement technologique fiable et protégé a été mis en place sous la supervision du Centre national algérien des services numériques. Ce dernier fonctionne selon une architecture de type « actif‑actif », garantissant la continuité du service en toutes circonstances. Le centre bénéficie de la certification internationale « Tier III », l’un des plus hauts niveaux de classification à l’échelle mondiale pour les centres de données.
Mme Benmouloud a ajouté que cette certification « garantit un taux de disponibilité de 99,98 %, avec un fonctionnement continu 24h/24 et 7j/7, dans un espace technique offrant une protection à plusieurs niveaux ainsi qu’un échange instantané et sécurisé des données, véritable moteur de l’ensemble des solutions numériques ».
Évoquant les perspectives de développement, la ministre a souligné que « le prochain défi consiste à intégrer le portail dans la vie quotidienne des citoyens, à travers le renforcement de la culture numérique et l’élargissement de l’usage des services électroniques, afin de faciliter la gestion des démarches administratives ».
Pour atteindre cet objectif, a‑t‑elle poursuivi, « les efforts seront orientés à l’avenir vers une réduction encore plus importante du nombre de documents requis dans la constitution des dossiers. Cela se fera grâce à la mise à disposition automatique des données par les administrations concernées, ce qui permettra d’alléger les charges administratives et d’assurer un service plus rapide et plus efficace ».
Mme Benmouloud est également revenue sur les différentes étapes de la transformation numérique en Algérie, précisant qu’elle s’est appuyée sur « un processus organisationnel et technologique mûrement réfléchi, amorcé par la mise en place de data centers, du réseau souverain et de la gouvernance des données, avant de se concrétiser à travers le Portail national des services numériques ».
La responsable a conclu en rappelant que le Haut‑Commissariat à la Numérisation, chargé par le président de la République de conduire la transformation numérique du pays, avait entamé ses travaux par un état des lieux et la définition des priorités, avant d’engager la mise en place des fondements stratégiques et technologiques du système numérique reposant sur la gouvernance des données.
T. A.




























