Il accorde également une place importante à la réalisation des projets structurants et à l’accélération de la transformation numérique. En effet, le gouvernement entend soutenir la croissance, préserver le pouvoir d’achat des citoyens et dynamiser davantage la diversification de l’économie nationale.
Cette orientation confirme à la fois la volonté des pouvoirs publics d’améliorer le pouvoir d’achat des ménages et de réduire la dépendance de l’économie nationale à la manne pétrolière, notamment durant cette conjoncture marquée par des incertitudes économiques et les fluctuations des marchés énergétiques.
«L’État poursuit la mise en œuvre d’une politique budgétaire visant à soutenir la croissance économique, à améliorer les conditions de vie des citoyens et à assurer la poursuite des grands programmes d’investissement public, tout en veillant à garantir la viabilité des finances publiques et à préserver les équilibres macroéconomiques à moyen terme», a souligné le ministre des Finances, dans son exposé consacré au cadrage macroéconomique et budgétaire.
Une croissance attendue de 4,2 % en 2027
Le PLF 2027 table sur une croissance économique de 4,2 % en 2027, après une progression estimée à 4,3 % en 2026. Les prévisions retiennent également une croissance de 4,1 % en 2028 et de 4,7 % en 2029, selon les projections présentées dans le cadre du projet.
« Cette évolution serait principalement soutenue par le dynamisme attendu des activités hors hydrocarbures, dont la croissance devrait atteindre 5 %, renforçant ainsi leur contribution à la croissance économique et à la création de richesses », a-t-il souligné.
L’agriculture, l’industrie, le bâtiment et les services constituent, à cet égard, des leviers importants pour réduire la dépendance des finances publiques aux recettes issues des hydrocarbures. Le ministre a précisé que l’élaboration du texte reposait sur « une approche prudente, fondée sur un ensemble de principes directeurs tenant compte des évolutions de la conjoncture nationale et internationale ».
Cette prudence s’explique par la persistance des incertitudes géopolitiques, les pressions inflationnistes et les fluctuations des marchés de l’énergie, susceptibles d’influer sur les recettes publiques et les perspectives de croissance.
Le cadrage budgétaire retient un prix de référence fiscal du baril de pétrole de 60 dollars, un prix de marché de 70 dollars et un taux de change de 131 dinars pour un dollar. Le taux d’inflation visé est de 4 %.
Plus de 17 880 milliards de dinars de dépenses
Sur le plan budgétaire, les recettes de l’État devraient atteindre 9 251,1 milliards de dinars en 2027, en hausse de 7,4 % par rapport aux prévisions de clôture de 2026, établies à 8 611,1 milliards de dinars. Les dépenses budgétaires sont, quant à elles, évaluées à 17 251,6 milliards de dinars en autorisations d’engagement et à 17 882,6 milliards en crédits de paiement.
En outre, les recettes hors fiscalité pétrolière sont estimées à 6 598,8 milliards de dinars. Elles seraient principalement « soutenues par la progression des recettes fiscales, dans un contexte marqué par l’amélioration attendue de l’activité économique, la modernisation continue de l’administration fiscale et le renforcement de l’efficacité du recouvrement ».
Quant à la fiscalité pétrolière budgétisée, elle a été évaluée sur la base d’un prix de référence de 60 dollars le baril, pour atteindre 2 652,3 milliards de dinars en 2027.
Le maintien des mécanismes de soutien au pouvoir d’achat
La préservation du pouvoir d’achat demeure l’un des axes majeurs du projet. Les dépenses de transfert devraient atteindre 4 356,64 milliards de dinars en autorisations d’engagement et 4 415,35 milliards de dinars en crédits de paiement. Ces montants représentent respectivement 25,3 % et 24,7 % du budget de l’État pour 2027.
« Ces crédits traduisent la poursuite de l’intervention de l’État en faveur des catégories sociales et économiques, notamment à travers le soutien aux produits de large consommation », a affirmé Lebbou.
Dans le détail, les dépenses de transferts sociaux se répartissent selon plusieurs catégories de bénéficiaires. Les transferts au profit des personnes représentent la part du lion, avec 2 414,15 milliards de dinars, soit 54,7 % du total, dont 717,7 milliards de DA sont destinés au soutien aux produits de large consommation.
Cette enveloppe est répartie entre le soutien aux céréales, à hauteur de 355,84 milliards de dinars, au lait (94,31 milliards), à l’eau dessalée (122,05 milliards) et à l’énergie (25,5 milliards), ainsi qu’à la stabilisation des prix du sucre, de l’huile et des légumes secs, pour un montant de 120 milliards de dinars.
Ils sont suivis des transferts destinés aux collectivités locales, qui s’élèvent à 650,04 milliards (14,7 %), et de ceux accordés aux établissements publics à caractère social, industriel et commercial et aux organismes assimilés, avec 533,27 milliards (12,1 %). Les transferts au profit des institutions atteignent 395,88 milliards, soit 9 %, tandis que les autres transferts totalisent 383,3 milliards (8,6 %).
Ouverture de 125 675 postes d’emploi
Le volet emploi bénéficie également d’une enveloppe importante de 368 milliards de dinars destinée aux dispositifs d’insertion. Cette somme comprend 210 milliards de dinars pour l’allocation chômage et 158 milliards de dinars pour l’intégration des employés des collectivités locales.
Le projet prévoit, par ailleurs, l’ouverture de 125 675 postes d’emploi, dont 82 948 nouveaux postes. Dans le secteur du logement, les crédits destinés au financement des programmes et aux aides à l’accès au logement sont estimés à 517,5 milliards de dinars.
Le texte prévoit également de reconduire jusqu’au 31 décembre 2029 l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) applicable aux opérations d’importation et de vente de légumineuses, ainsi qu’à la vente de fruits et légumes frais, d’œufs de consommation, de poulet de chair et de dinde produits localement.
Ces mesures visent à limiter les répercussions fiscales sur les prix de produits essentiels et à soutenir les ménages, tout en accompagnant la production nationale.
Le soutien aux entreprises et aux activités productives constitue un autre volet important du dispositif. Une enveloppe de 395,88 milliards de dinars est prévue au titre du soutien à l’activité économique, notamment pour l’appui aux taux d’intérêt, l’accompagnement des entreprises confrontées à des difficultés, le développement agricole et l’investissement dans les réseaux d’électricité et de distribution du gaz naturel.
Le gouvernement prévoit également de mobiliser des financements au profit des dispositifs de microcrédit et d’appui à l’entrepreneuriat, ainsi que de consacrer des ressources à l’apurement des dettes des exportateurs.
Parallèlement au soutien à l’activité économique, le gouvernement entend améliorer la mobilisation des ressources budgétaires à travers la modernisation de l’administration fiscale, la simplification des procédures et le renforcement de la conformité fiscale.
Les grands projets structurants au service de la diversification
La poursuite des investissements dans les infrastructures et les projets stratégiques représente un autre axe majeur du PLF 2027. Le coût global des projets structurants mentionnés dans la présentation du ministre est estimé à 3 689,93 milliards de dinars.
Parmi les opérations citées figurent le projet de minerai de fer de Gara Djebilet, le projet intégré de phosphate, la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset ainsi que le raccordement énergétique des grands projets et des périmètres agricoles du Sud.
Ces investissements doivent contribuer à améliorer les capacités logistiques du pays, à valoriser ses ressources naturelles et à renforcer les activités de transformation industrielle. Ils sont également appelés à favoriser l’émergence de nouveaux pôles économiques, notamment dans les régions du Sud, en facilitant l’accès aux infrastructures de transport et aux réseaux énergétiques.
Dans le chapitre de l’investissement, le PLF 2027 prévoit une réorganisation du cadre institutionnel régissant l’investissement autour de trois organismes : l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), le Conseil national de l’investissement (CNI) et le Guichet unique de l’investissement.
Le texte propose également d’exonérer de l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS), pendant une période de dix ans à compter du début de leur activité, les fonds d’investissement créés en vertu d’accords internationaux. Ces dispositions visent à renforcer l’attractivité du climat des affaires, à faciliter la concrétisation des projets et à encourager la mobilisation des financements au profit des activités productives.
H. O.
Croissance économique et finances publiques : Une croissance de 4,3 % attendue en 2026
L’économie nationale devrait enregistrer une croissance de 4,3 % en 2026, selon les prévisions de clôture de l’exercice présentées dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) 2027. Cette évolution serait soutenue principalement par la bonne performance des activités hors hydrocarbures, dont la croissance devrait atteindre 4,8 %, ainsi que par la reprise du secteur des hydrocarbures, attendue à 1 %. En valeur nominale, le produit intérieur brut (PIB) devrait s’établir à 48 723,2 milliards de dinars en 2026, dans un contexte marqué notamment par la hausse des prix des hydrocarbures. Ces prévisions traduisent la poursuite de la dynamique de l’économie nationale, avec une contribution importante des activités hors hydrocarbures à la croissance globale. Elles s’inscrivent également dans un contexte où l’évolution des marchés énergétiques continue d’influer sur les principaux indicateurs macroéconomiques du pays.
S’agissant des finances publiques, les prévisions de clôture pour 2026 font ressortir des recettes budgétaires de 8 611,1 milliards de dinars. Celles-ci comprennent notamment 2 697,9 milliards de dinars au titre de la fiscalité pétrolière budgétisée et 593,3 milliards de dinars provenant des autres recettes fiscales. Les dépenses budgétaires devraient, pour leur part, atteindre 17 636,7 milliards de dinars, dans la limite des crédits ouverts par la loi de finances 2026. La fiscalité pétrolière recouvrée devrait atteindre 4 157,2 milliards de dinars en 2026, sous l’effet de l’augmentation attendue des volumes d’hydrocarbures exportés et de l’évolution favorable de leurs prix à l’exportation au cours de l’année.
L’écart entre la fiscalité pétrolière recouvrée et celle initialement budgétisée devrait ainsi contribuer au renforcement des ressources du Fonds de régulation des recettes (FRR). L’excédent dégagé permettrait d’alimenter ce fonds à hauteur de 1 459,3 milliards de dinars.H. O.





























