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39 résultats pour "interview-kamel-souig-nous-raconte-son-voyage-a-sefar-1496242fr"

Interview : Kamel Souig nous raconte son voyage à Séfar

Interview : Kamel Souig nous raconte son voyage à Séfar

Titulaire d’un Phd en droit des médias de l’École de journalisme et de communication d’Aix-Marseille, Kamel Souig est un journaliste, rédacteur en...

Interview : Kamel Souig nous raconte son voyage à Séfar

Interview : Kamel Souig nous raconte son voyage à Séfar

Titulaire d’un Phd en droit des médias de l’École de journalisme et de communication d’Aix-Marseille, Kamel Souig est un journaliste, rédacteur en...

Après 7 jours dans le Sahara algérien… un artiste français redécouvre le sens de la vie

Après 7 jours dans le Sahara algérien… un artiste français redécouvre le sens de la vie

En mars 2025, l’acteur et photographe français Loïc Bartolini s’est aventuré dans le Sahara algérien sans se douter que ce voyage marquerait un tournant dans sa vie. Ce qui devait être une simple expédition avec une journaliste de GEO s’est mué en une révélation artistique et humaine, au cœur des dunes et des silences du désert. D’un explorateur prudent à un passionné du désert Connu pour son humour décalé et sa sensibilité artistique , Bartolini se présente souvent comme un « aventurier en papier », préférant les escapades planifiées aux défis extrêmes. Pourtant, cette fois-ci, il a choisi de rompre avec ses habitudes et de plonger dans l’immensité du Sud algérien , là où le désert met à nu l’âme et les certitudes. Derrière son appareil, il ne cherche pas uniquement la composition parfaite, mais l’histoire silencieuse cachée derrière chaque image. Ses légendes, souvent ironiques ou poétiques, sont indissociables de son travail : elles traduisent sa vision du monde, celle d’un regard curieux et profondément humain. Une rencontre fortuite devenue un destin Tout a commencé à l’automne 2024 , lorsqu’il croise par hasard une journaliste de GEO réputée pour ses reportages dans les déserts. Quelques mois plus tard, elle lui propose de participer à une mission exploratoire en Algérie , destinée à documenter les transformations culturelles et environnementales du Sahara. D’abord hésitant, Bartolini confiera plus tard avoir eu des appréhensions : la chaleur, l’isolement, les contraintes logistiques. « J’avais peur de me perdre ou d’être kidnappé ! Mais après quelques heures dans le désert, j’ai compris que ma peur était le fruit de mon imagination. » Djanet, le choc de la beauté En mars 2025, il s’envole vers Djanet , aux portes du Tassili N’Ajjer , l’un des plus grands trésors naturels et archéologiques du monde. Dès son arrivée, il est subjugué par la grandeur du paysage : les montagnes sculptées par le vent, les dunes dorées à perte de vue, les grottes ornées de peintures préhistoriques. « Tous les deux kilomètres, je recevais une claque visuelle. Ici, la beauté te réduit au silence », raconte-t-il dans une vidéo partagée sur ses réseaux. Le désert, école du silence et de la sérénité Cette expédition s’est transformée en retraite introspective . Pendant sept jours de marche , sans réseau ni électricité, Bartolini s’est laissé porter par le rythme du désert : le souffle du vent, les pas sur le sable, la course du soleil. « Dans le Sahara, le temps disparaît. Le jour, j’observais la terre ; la nuit, j’écoutais le ciel. » Privé du bruit du monde, il retrouve la clarté intérieure qu’il croyait perdue. « Je n’aurais jamais cru ressentir autant de paix dans un lieu aussi rude », confie-t-il. Le Sahara, révélateur d’une nouvelle vision artistique De retour en France, il partage sur les réseaux une série de photos fascinantes , accompagnées de textes méditatifs sur la nature, le silence et la vie. Les publications font le tour d’internet et suscitent un immense engouement. « En Algérie, je n’ai pas photographié le désert, mais la vie — telle que je ne l’avais jamais vue auparavant. » Pour Bartolini, cette expérience a redéfini sa conception du beau et du lumineux : la beauté ne réside pas dans la mise en scène ou les effets visuels, mais dans l’authenticité du moment et la vérité du regard . L’Algérie, une source d’inspiration éternelle Dans une récente interview, il décrit ce voyage comme le tournant le plus marquant de sa carrière . « Ce séjour dans le Sud algérien m’a transformé. J’y ai retrouvé le lien entre la nature, l’humanité et moi-même. » Pour lui, le Sahara n’est plus un simple décor, mais un miroir de l’âme , un espace où l’homme se redécouvre, dépouillé du superflu. Ainsi, l’Algérie s’impose une nouvelle fois comme une terre de lumière et d’émotion , un pays où la beauté, la culture et l’humanité se rencontrent pour offrir aux artistes du monde entier une leçon silencieuse sur la vie et la liberté . Source Algérie360

Retour de la communauté installée à l’étranger : L’Algérie, un petit monde le temps d’un été

Retour de la communauté installée à l’étranger : L’Algérie, un petit monde le temps d’un été

Chaque été, l’Algérie change de visage. Les aéroports se remplissent, les ports voient revenir ceux qui vivent de l’autre côté de la Méditerranée et les villages retrouvent leurs enfants partis aux quatre coins du monde. Ils reviennent pour les vacances, les fêtes de mariage, les retrouvailles familiales, les longues soirées d’été… mais ils rapportent avec eux quelque chose de plus précieux encore : le monde. Par Hafit Zaouche Cet été, dans les cafés, les restaurants et les petits villages parfois éloignés des grandes villes, nous avons eu l’impression de voyager sans prendre l’avion. Il suffisait de s’asseoir à une table. L’été en Algérie n’est pas simplement une saison. C’est presque un état d’esprit. C’est la saison des retrouvailles, des mariages, des plages bondées, des longues veillées, des terrasses qui ne désemplissent pas et des familles qui se retrouvent après des mois, parfois des années de séparation. C’est la saison préférée de notre immense diaspora, celle où des millions d’Algériens établis à l’étranger choisissent de rentrer au pays pour retrouver les leurs. Cette forte demande explique aussi la cherté des billets d’avion durant cette période. Les places deviennent rares, les avions affichent complet et le retour au pays représente parfois un véritable effort financier. Mais malgré le coût du voyage, malgré les kilomètres et les contraintes, ils reviennent. Parce qu’il y a des voyages que l’on ne peut pas mesurer en kilomètres. Il y a le voyage vers la maison. Cet été encore, nos villages ont accueilli des Algériens venus de France, du Canada, de Belgique, d’Allemagne, de Suisse, d’Angleterre, mais aussi de destinations beaucoup plus lointaines et parfois inattendues. Et c’est là que commence une autre forme de voyage. Nous avons retrouvé des amis dispersés aux quatre coins de la planète. Certains vivent dans des pays dont nous connaissions à peine les noms. D’autres nous ont raconté des histoires de villes, de peuples et de cultures que nous n’aurions probablement jamais découvertes autrement. Autour d’un café, dans une petite cafétéria de village, une conversation pouvait soudain nous transporter à des milliers de kilomètres. On parlait d’un pays d’Europe centrale, puis d’un autre situé à l’autre bout du continent. On évoquait les habitudes des habitants, leur cuisine, leurs traditions, leur manière de vivre, leur rapport au travail, à la famille et au temps. Nos amis devenaient, le temps d’une discussion, nos guides touristiques. Ils nous racontaient leurs expériences avec passion. Ils nous parlaient aussi du regard que les populations locales portent sur l’Algérie. Que savent-ils de notre pays ? Que pensent-ils de nous ? Comment réagissent-ils lorsqu’ils découvrent que leur voisin, leur collègue ou leur ami est Algérien ? Toutes ces histoires constituaient pour nous un véritable voyage. Un voyage sans billet d’avion. Mais il y avait quelque chose de plus surprenant encore. Cet été, dans certains de nos petits villages, nous avons entendu des langues que nous n’avions presque jamais entendues auparavant. Du slovène. Du slovaque. Du hongrois. Du roumain. Et d’autres langues venues de cette Europe centrale et orientale que nous imaginions souvent si lointaine. Des familles algériennes sont arrivées avec leurs épouses et leurs enfants nés ailleurs. Certaines femmes sont étrangères. Elles découvrent l’Algérie de leur mari, ses villages, ses montagnes, ses plages, ses familles, ses traditions et cette extraordinaire hospitalité populaire. Et soudain, dans une petite cafétéria discrète, loin des grandes métropoles touristiques, plusieurs langues se mélangent. Nous avons alors ressenti quelque chose que nous connaissons habituellement dans les grandes capitales du monde. Cette sensation particulière de s’asseoir quelque part et d’entendre plusieurs langues autour de soi. Comme à Paris, Londres, Milan, Istanbul, Montréal ou dans ces grandes villes où l’on peut entendre, à quelques mètres de distance, plusieurs langues, plusieurs accents et plusieurs cultures se côtoyer naturellement. Mais cette fois, nous n’étions pas dans une grande capitale. Nous étions chez nous. Dans notre village. Il y a quelque chose de profondément beau dans le mélange des langues. Entendre quelqu’un parler sa langue maternelle avec ses amis, rire dans son accent, chercher ses mots dans une langue étrangère, passer naturellement d’une langue à une autre… Dans les grandes villes du monde, cette diversité linguistique est une évidence. Personne ne s’étonne vraiment d’entendre une langue étrangère dans le métro, dans un café ou dans un restaurant. Personne ne devrait rire de votre accent. Personne ne devrait vous regarder étrangement parce que vous parlez différemment. Chacun devrait pouvoir être lui-même. Et c’est peut-être l’une des grandes magies du voyage : apprendre à vivre avec la différence sans en avoir peur. Cet été, cette magie est arrivée jusque dans nos villages. Notre diaspora l’a ramenée avec elle. Elle a ramené des langues, des accents, des histoires, des habitudes, des souvenirs et des morceaux de pays étrangers. Elle a transformé, le temps d’un été, certaines petites cafétérias algériennes en véritables carrefours du monde. Pour ceux qui restent en Algérie, le retour de la diaspora est donc aussi une extraordinaire occasion de voyager.Il suffit parfois de rencontrer un ami revenu d’un pays lointain pour découvrir une société dont nous ignorions presque tout. Il nous raconte une rue, une ville, un marché, un restaurant, une fête traditionnelle. Il nous parle d’une rencontre, d’un paysage, d’une coutume, d’une façon différente de regarder la vie.Et nous voyageons avec lui. Nous découvrons le monde à travers ses yeux. C’est une forme de tourisme souvent oubliée : le tourisme par le récit. Celui qui ne nécessite ni passeport ni billet d’avion. Celui qui commence autour d’une table. Au fil de ces conversations, une phrase nous a particulièrement marqués. Un ami, installé depuis longtemps à l’étranger et habitué à voyager à travers plusieurs pays, nous a dit : «Finalement, on voyage beaucoup pour découvrir combien on est chanceux d’avoir un pays qui s’appelle l’Algérie». Cette phrase résume peut-être à elle seule tout le paradoxe du voyage. Nous partons pour découvrir les autres. Nous admirons leurs villes, leurs paysages, leur organisation, leurs infrastructures, leur diversité culturelle. Nous sommes parfois émerveillés par ce que nous découvrons ailleurs. Mais le voyage nous apprend aussi à regarder autrement ce que nous avons laissé derrière nous. C’est souvent en quittant son pays que l’on comprend réellement ce qu’il représente. C’est en découvrant les autres cultures que l’on mesure la richesse de la sienne. C’est en goûtant ailleurs que l’on redécouvre les saveurs de chez soi. C’est en vivant loin de sa famille que l’on comprend la valeur d’une simple soirée passée autour d’une table. Et c’est parfois en entendant parler une langue étrangère dans un petit village algérien que l’on réalise à quel point notre pays est devenu, lui aussi, une terre de rencontres. Notre diaspora ne revient pas seulement avec des valises. Elle revient avec des histoires. Avec des enfants qui découvrent pour la première fois le pays de leurs parents. Avec des conjoints étrangers qui découvrent une nouvelle culture. Avec des langues différentes. Avec des souvenirs construits ailleurs. Avec une autre vision du monde. Et tout cela se mélange à nos propres traditions. C’est peut-être là que se trouve l’une des grandes richesses touristiques de l’Algérie : sa capacité à accueillir le monde sans cesser d’être elle-même. Cet été, dans une petite cafétéria de village, nous avons entendu plusieurs langues étrangères se mélanger à l’arabe, au français et au kabyle. Nous avons vu des enfants courir dans les mêmes rues que leurs parents autrefois. Nous avons entendu parler de pays lointains. Nous avons voyagé sans bouger de notre chaise. Et nous avons compris une chose essentielle : parfois, pour découvrir le monde, il suffit de laisser le monde revenir chez nous. Car le plus beau souvenir de voyage n’est pas toujours celui que l’on rapporte d’un pays étranger. Parfois, c’est celui qui nous fait regarder notre propre pays avec des yeux neufs. Et peut-être que le véritable luxe de l’été algérien est justement celui-ci : pouvoir faire le tour du monde sans quitter son village… et redécouvrir, au bout du voyage, la beauté de l’Algérie. H. Z.

Ya Rayah : l’histoire vraie derrière la chanson la plus célèbre d’Algérie

Ya Rayah : l’histoire vraie derrière la chanson la plus célèbre d’Algérie

Vous avez entendu Ya Rayah. Tout le monde a entendu Ya Rayah. La version de Rachid Taha en 1997, numéro 11 en France. La version à trois voix avec Khaled et Faudel devant 17 000 personnes à Bercy, en 1998. La reprise grecque de George Dalaras. La version bollywoodienne dans le film Mann en 1999. Les reprises en turc, en hébreu, en serbe, en hindi. Les remix qui tournent encore sur TikTok. Mais posez la question autour de vous : qui a écrit Ya Rayah ? Silence. L’homme s’appelle Dahmane El Harrachi. Il a écrit cette chanson en 1973. Il est mort sept ans plus tard sur une route d’Alger, à 54 ans, dans un accident de voiture. Et son histoire est aussi belle et triste que les paroles qu’il a laissées. Un fils de la Casbah devenu chauffeur de tramway Dahmane El Harrachi — de son vrai nom Abderrahmane Amrani — naît le 7 juillet 1926 à El Biar, sur les hauteurs d’Alger. Son père, Cheikh El-Amrani, est muezzin à la Grande Mosquée d’Alger (Djamaa el Kebir). L’enfant grandit entre l’école coranique et les rues d’El Harrach — l’ancien Maison Carrée de l’époque coloniale — qui lui donnera son nom de scène. Avant la musique, il y a la débrouille. Le jeune Dahmane est d’abord cordonnier, puis pendant sept ans receveur de tramway sur la ligne El Harrach – Bab el-Oued — celui qui collecte les tickets, debout à l’arrière du wagon, face aux passagers. Chaque jour, il traverse Alger d’est en ouest. En parallèle, il joue du banjo dans des troupes amateurs et donne ses premiers concerts. Il a un don. Tout le monde le sait. Mais l’Algérie coloniale n’offre pas de carrière musicale à un jeune Algérois. Alors en 1949, Dahmane fait ce que des milliers d’autres font : il part. Trente ans dans les cafés de Paris D’abord Lille. Puis Marseille. Puis Paris, où il restera. Pendant trente ans, Dahmane El Harrachi est l’homme des cafés algériens de Paris. Ces lieux enfumés où les travailleurs immigrés — ceux qui construisent les autoroutes et les immeubles qu’ils n’habiteront jamais — viennent écouter une voix qui leur rappelle la maison. Sa voix à lui : rocailleuse, usée par le tabac, portée par un banjo qu’il joue en virtuose. Dahmane ne fait pas de la musique pour les salles de concert. Il fait de la musique pour les gens assis devant un thé à la menthe qui pensent au pays. Ses textes parlent de l’exil, de la solitude, des femmes laissées là-bas, de la nostalgie d’Alger. Il utilise des proverbes, un langage populaire que tout le Maghreb comprend. Les milieux artistiques parisiens le surnomment “l’Aznavour” de la chanson algérienne. D’autres le comparent aux chanteurs de blues du Delta du Mississippi — même voix brisée, même mélancolie, même enracinement dans la douleur d’un peuple. L’Algérie 360 l’a baptisé “le Socrate du chaâbi”. Il composera plus de 500 chansons au cours de sa carrière. mélodie ancrée dans la tradition chaâbi — ce genre musical né dans la Casbah d’Alger dans les années 1930, fondé par El Hadj M’Hamed El Anka, le père du chaâbi, lui aussi enfant de la Casbah. Quand Dahmane l’enregistre en 1973, la chanson circule dans les cafés, dans les foyers de travailleurs, dans les fêtes de famille. Pas à la radio. Pas à la télévision. Pas dans les charts. C’est une chanson d’immigrés, pour des immigrés. Elle restera confidentielle pendant vingt-quatre ans. 31 août 1980 — La corniche d’Alger Dahmane El Harrachi meurt le 31 août 1980, dans un accident de voiture sur la corniche d’Alger. Il venait à peine de rentrer au pays. Il est enterré au cimetière d’El Kettar, à Alger — le même cimetière où repose El Hadj M’Hamed El Anka, mort deux ans avant lui. Deux légendes du chaâbi. Le même cimetière. La même ville. Avec lui s’éteint l’un des derniers grands maîtres du chaâbi classique — un homme qui a passé trente ans à chanter l’Algérie depuis la France, et qui est mort sur une route algérienne quelques jours après y être revenu. 1997 — Rachid Taha réveille Ya Rayah Dix-sept ans plus tard, un autre fils d’Algériens fait entendre Ya Rayah au monde entier. Rachid Taha — né à Oran, élevé à Lyon, rock star franco-algérienne — enregistre sa version de Ya Rayah en 1993 sur son album éponyme. Mais c’est la sortie en single le 26 août 1997, produite par Steve Hillage, qui fait exploser la chanson. Le morceau entre dans le Top 20 français et atteint la 11e place du classement des singles. La version de Taha n’est pas une copie. Il électrifie le chaâbi, y injecte du rock, du raï, des beats modernes. Il fait de Ya Rayah un hymne de dance-floor autant qu’un chant d’exil. Et puis arrive le 26 septembre 1998. Bercy — Le soir où trois Algériens ont rempli la plus grande salle de Paris Rachid Taha, Khaled et Faudel montent sur la scène du Palais Omnisports de Paris-Bercy. Le concert s’appelle 1, 2, 3 Soleils. Trois voix algériennes devant 17 000 personnes. Quand ils entonnent Ya Rayah ensemble — sept minutes vingt-huit secondes à trois voix — la salle entière chante. L’album live sort dans la foulée et sera certifié double disque d’or en France. Ce soir-là, une chanson écrite vingt-cinq ans plus tôt dans un café d’immigrés parisien est devenue un hymne mondial. De l’Algérie au monde entier Après 1998, Ya Rayah ne s’arrête plus. La chanson est reprise, adaptée, samplée sur tous les continents : En Grèce, George Dalaras en fait “Ki an se thelo.” En Serbie, Zdravko Čolić la chante. En Inde, Bollywood emprunte sa mélodie pour le film Mann (1999) — la chanson “Kali Nagin Ke Jaisi” est chantée par Udit Narayan et Kavita Krishnamurthy, vue par des centaines de millions de spectateurs. Des versions existent en turc, en serbe, en russe. En 2012, Amel Bouchoucha la reprend avec des sonorités africaines et berbères. En 2016, John Mamann l’interpole dans “J’suis comme toi” avec Lartiste et Rim’K. Quand Rachid Taha meurt en 2018, Ya Rayah re-entre dans les charts français et atteint la 14e place — vingt et un ans après sa première sortie. Un Algérois exilé à Paris a écrit une chanson sur ceux qui partent. Et cette chanson, elle, n’est jamais partie. Le chaâbi : le genre qu’on ne connaît pas assez Ya Rayah est la porte d’entrée. Mais derrière elle, il y a tout un genre. Le chaâbi — “populaire” en arabe — naît dans la Casbah d’Alger dans les années 1930. Son fondateur, El Hadj M’Hamed El Anka (1907-1978), est né au 4 rue Tombouctou dans la Casbah. Il puise dans la tradition andalouse — les muwashshah, ces poèmes chantés hérités de l’Espagne musulmane — et les transforme en musique urbaine, accessible, portée par le mandole (une mandoline agrandie qu’il a lui-même fait fabriquer vers 1932). À ses débuts, le chaâbi est jugé scandaleux. On le joue à huis clos, dans les “mahchachat” — des fumoirs. Puis il conquiert les mariages, les fêtes, la radio algérienne à partir de 1946. El Anka composera près de 360 chansons et formera toute une génération d’artistes à l’Académie municipale d’Alger. Dahmane El Harrachi était l’un de ses héritiers directs. Comme El Anka, il repose au cimetière d’El Kettar. Et comme lui, il a fait du chaâbi bien plus qu’un genre musical — une manière de raconter l’Algérie à ceux qui en sont loin. Le saviez-vous ? Le fils de Dahmane El Harrachi, Kamel El Harrachi, a sorti en 2009 un album hommage intitulé Ghana Fenou. Et en 2011, la réalisatrice Safinez Bousbia a tourné El Gusto, un documentaire sur les retrouvailles de musiciens juifs et musulmans d’un orchestre chaâbi d’Alger de l’époque coloniale — séparés par l’indépendance, réunis cinquante ans plus tard sur une scène parisienne. La preuve que le chaâbi n’a jamais été qu’une question de musique. Quelle chanson algérienne mériterait qu’on raconte son histoire ? Dites-le nous en commentaire.

Tinariwen nominé avec Amadjar aux 63eme GRAMMY Awards 2021

Tinariwen nominé avec Amadjar aux 63eme GRAMMY Awards 2021

Tinariwen ou le désert, Ténéré, source d’inspiration infinie, pour le groupe de musique Algero-malien qui a été nominé avec son disque Amadjar au 63eme GRAMMY Awards pour le meilleur album musique mondiale. La cérémonie aura lieu le 31 janvier 2021 sur CBS aux USA. Avec son 9eme album "Amadjar" qui signifie «l’étranger de passage» en langue tamasheq sorti en 2019, ce collectif musical Touareg revient enchanter nos oreilles. Trouvant son inspiration dans l’immensité et le silence du Sahara, Tinariwen sont, sans doute, les plus célèbres musiciens Touarègues contemporains. En voyage à longueur d’année pour des tournées à travers le monde, pour enregistrer en plein désert parfois, ou encore pour jouer pour le plaisir de soi et le plaisir du public, le son de Tinariwen est un mélange de notes produites par des instruments traditionnels et des guitares électriques. A chaque album, le son pur et unique de Tinariwen nous raconte le quotidien du peuple Touarègue et nous plonge dans le désert, le temps d’une chanson. Culture Musique

Ahmed Touba : « Représenter l’Algérie est une immense fierté»

Ahmed Touba : « Représenter l’Algérie est une immense fierté»

Le défenseur international algérien, Ahmed Touba, qui a récemment rejoint le club français du Havre AC sous forme de prêt en provenance du Panathinaïkos, s’est exprimé sur les détails de son transfert de dernière minute. Dans une longue interview accordée au site officiel de son nouveau club, il est également revenu sur son attachement profond à ses racines et sur l’honneur que représente pour lui le fait de porter le maillot des Verts. Le transfert d’Ahmed Touba vers Le Havre s’est concrétisé de manière extrêmement rapide lors du mercato estival, ne lui laissant pas le temps de prendre conseil auprès de ses compatriotes ayant déjà évolué au sein du club normand, à l’image de Himad Abdelli ou Victor Lekhal. Interrogé sur d’éventuels échanges avec ces derniers, le joueur a répondu de manière transparente : « Jamais, car les choses se sont vraiment faites en quelques heures seulement. Le Panathinaïkos avait trouvé un accord avec d’autres clubs, et j’allais partir. » La précipitation des événements a rendu la transaction particulièrement intense pour le défenseur. « Quand j’ai eu cette opportunité, les choses se sont vraiment faites en cinq ou six heures, je n’ai eu le temps que de dire bonjour et de m’assurer que l’entente était là. Ensuite, j’ai dû prendre l’avion le lendemain », raconte-t-il pour illustrer la soudaineté de son arrivée. « Naturellement, je n’ai pas eu le temps d’appeler qui que ce soit, et même moi je ne réalisais pas vraiment. Aujourd’hui, je commence à réaliser ce qui s’est passé. » En marge de son actualité en club, Ahmed Touba a évoqué son parcours international avec l’Algérie. Fort de ses 15 sélections, couronnées par un but marqué, le joueur exprime un amour indéfectible pour son équipe nationale. « Qu’est-ce que cela représente pour moi ? Beaucoup de fierté et de bonheur… Représenter son pays, que ce soit un match officiel, amical ou dans le cadre d’une compétition, c’est une grande fierté », a-t-il déclaré. Ce choix de représenter les Fennecs est avant tout le fruit de son histoire familiale et d’une identité viscérale qu’il porte en lui. Touba a ainsi conclu en se livrant sur ses liens étroits avec sa terre d’origine : « Mes parents sont originaires d’Algérie, je suis Algérien, nous y allions chaque année, et j’ai grandi là-bas, si on peut dire, nous y passions plusieurs mois. Naturellement, on apprend à vivre comme eux et avec eux… .. Cela fait partie de ton identité. »

Akfadou: Une randonnée au cœur  d’un patrimoine exceptionnel

Akfadou: Une randonnée au cœur d’un patrimoine exceptionnel

Vendredi 2 octobre 2026. Après une longue parenthèse imposée par les fortes chaleurs de la saison estivale, les randonneurs des Cimes des Babors ont retrouvé leurs sentiers, leurs sacs à dos et cette sensation incomparable que procure la marche lorsqu’elle devient une manière de vivre et de regarder autrement son pays. Par Hafit Zaouche Pour cette reprise, ils n’ont pas choisi n’importe quel itinéraire. Ils ont choisi l’Akfadou, cette immense forêt mythique qui semble avoir été posée entre ciel et montagne pour rappeler aux hommes que la nature possède encore des endroits où le temps accepte de ralentir. Ce matin-là, les marcheurs ont pris le départ depuis le site des antennes d’Akfadou, sur le territoire de la commune d’Akfadou, dans la daïra de Chemini, avec pour objectif de rejoindre Adekar. Une longue traversée qui allait s’étirer sur près de quatre décennies de kilomètres – environ 38 à 39 kilomètres selon le parcours –, mais surtout sur plusieurs siècles d’histoire, de mémoire et d’émotion. Car marcher dans l’Akfadou, ce n’est pas simplement parcourir une distance. C’est entrer dans un monde. L’Akfadou est de ces lieux qui ne se donnent jamais entièrement au premier regard. Il faut y marcher, y revenir, accepter la brume, la pluie, le silence, les longues montées et les sentiers qui semblent parfois disparaître sous les arbres. Ce vendredi, une pluie fine accompagnait les premiers pas. Le brouillard enveloppait la forêt d’un voile presque irréel. Les arbres apparaissaient puis disparaissaient dans cette atmosphère mystérieuse, comme des silhouettes venues d’un autre temps. Puis, peu à peu, la lumière s’est frayé un passage entre les nuages. La forêt s’est alors mise à respirer. Le vert est devenu plus profond, les feuillages plus lumineux, les oiseaux plus audibles. L’odeur de la terre humide, le bruissement des feuilles et le souffle du vent composaient une musique que seuls les grands espaces savent offrir. Dans un monde où l’on court sans cesse après le temps, les Cimes des Babors ont retrouvé ici quelque chose que nous avons parfois oublié : le droit de marcher sans autre urgence que celle de contempler. À Akfadou, chaque pas devient une respiration. Et chaque respiration, une manière de se retrouver. Mais l’Akfadou ne se contente pas d’être un joyau naturel. Cette forêt est aussi une terre de mémoire. Sur ces montagnes, l’histoire de l’Algérie s’est écrite dans la douleur, le courage et le sacrifice. Les randonneurs ont notamment fait halte au niveau du PC du colonel Amirouche, lieu profondément chargé de mémoire, où la beauté du paysage contraste avec le poids de l’histoire. Ici, la nature ne fait pas oublier le passé. Elle l’accompagne. Entre les arbres, dans le silence de la montagne, on imagine les hommes et les femmes qui ont vécu, combattu et espéré sur ces mêmes terres. L’Akfadou fut l’un des hauts lieux de la Révolution algérienne et un espace intimement lié à l’histoire de la Wilaya III historique. Alors, forcément, la marche change de sens. On ne regarde plus seulement les arbres. On pense à ceux qui sont passés avant nous. On mesure le prix de la liberté. Et l’on comprend que certains sentiers portent une mémoire que les générations futures doivent continuer à faire vivre. Puis viennent les lacs. Le chemin conduit les randonneurs vers Aguelmim Aberkan, le fameux Lac Noir, l’un des sites les plus fascinants de l’Akfadou. Dans son écrin forestier, le lac semblait ce jour-là plus généreux encore. Ses eaux, entourées d’arbres et de brume, offraient un spectacle presque irréel. Le groupe y a fait halte pour déjeuner. Et soudain, autour du lac, une autre image de l’Algérie est apparue. Des familles venues de différentes wilayas avaient installé leurs tentes. Des enfants jouaient. Les grillades parfumaient l’air. Les conversations se mêlaient aux rires. Il y avait là quelque chose de profondément simple et profondément beau. Des Algériens heureux. Des familles qui avaient choisi la nature comme destination. Des enfants qui découvraient que le bonheur n’a pas toujours besoin d’un hôtel luxueux, d’un voyage à l’étranger ou d’une destination lointaine. Parfois, il suffit d’un sac à dos, d’un peu de pain, d’une grillade, d’une famille réunie et d’un lac au milieu d’une forêt. Le vrai luxe est peut-être là. Dans cette capacité à s’émerveiller ensemble. La traversée permet également aux marcheurs d’approcher d’autres paysages emblématiques de l’Akfadou, parmi lesquels le secteur d’Azru n Taghat et ses hauteurs, ainsi que les différents lacs et clairières qui ponctuent cet immense espace forestier. Chaque détour dévoile un nouveau visage de la montagne. Chaque altitude change la lumière. Chaque silence raconte quelque chose. Lorsque les randonneurs reprennent leur chemin en direction d’Adekar, la fatigue commence naturellement à se faire sentir. Mais il existe une fatigue heureuse. Celle qui naît après avoir donné son corps à la montagne. Les jambes deviennent lourdes, les épaules réclament du repos, mais l’esprit, lui, semble plus léger. C’est peut-être cela, la magie de la randonnée. Elle fatigue le corps pour libérer l’esprit. Elle nous éloigne du bruit pour nous rapprocher de nous-mêmes. Elle nous fait découvrir des paysages, mais surtout elle nous permet de découvrir une partie de nous que le quotidien finit parfois par étouffer. Après près de 40 kilomètres, les premières maisons d’Adekar apparaissent enfin. La traversée touche à sa fin. Mais quelque chose reste. Une image. Une odeur. Un silence. Un rire d’enfant au bord du Lac Noir. Une silhouette dans la brume. Un arbre immense. Un souvenir du PC d’Amirouche. Une sensation de liberté. Et si nous apprenions à voyager autrement ? Cette journée vécue par les Cimes des Babors raconte finalement beaucoup plus qu’une randonnée. Elle raconte une autre manière de découvrir l’Algérie. Une Algérie que nous avons parfois sous les yeux sans prendre le temps de la regarder. Une Algérie des forêts, des montagnes, des lacs, des sentiers, des villages, des histoires et des rencontres. De l’Akfadou aux Babors, du Djurdjura aux Aurès, des Hauts-Plateaux au Sahara, notre pays possède une diversité extraordinaire. Encore faut-il apprendre à la parcourir. À la respecter. À la protéger. Et surtout à la faire aimer. Car le tourisme ne commence pas forcément par l’arrivée d’un visiteur étranger. Il commence par le regard que nous portons nous-mêmes sur notre territoire. Avant de convaincre le monde de venir découvrir l’Algérie, apprenons à la redécouvrir nous-mêmes. Les familles rencontrées au bord du Lac Noir sont peut-être les meilleurs ambassadeurs de cette idée. Elles étaient là, simplement. Elles profitaient. Elles partageaient. Elles vivaient. Et elles nous rappelaient que notre pays possède encore une multitude de lieux où l’on peut retrouver ce que la vie moderne nous vole peu à peu : le silence, le temps, la proximité et l’émerveillement. Au terme de cette traversée, une conviction demeure. Marcher, c’est aussi aimer son pays. Parce qu’en marchant, on apprend à connaître ses reliefs, ses villages, ses histoires et ses hommes. On découvre que derrière chaque montagne se cache un récit, derrière chaque sentier une mémoire, derrière chaque forêt une promesse. L’Akfadou, ce vendredi-là, n’a donc pas seulement accueilli des randonneurs. Il leur a offert une parenthèse. Une respiration. Une leçon de beauté. Et peut-être même une petite leçon d’Algérie. Alors, à celles et ceux qui pensent encore que le bonheur se trouve toujours ailleurs, il faudrait simplement dire : chaussez vos chaussures de randonnée. Prenez un sac. Partez. Marchez. Écoutez le vent dans les arbres. Asseyez-vous au bord d’un lac. Parlez avec les gens que vous croiserez. Et regardez votre pays avec des yeux neufs. Vous découvrirez peut-être, comme les Cimes des Babors l’ont encore vécu à Akfadou, que certaines destinations ne sont pas seulement faites pour être visitées. Elles sont faites pour être ressenties. Et qu’au fond, l’Algérie n’a pas seulement besoin de visiteurs. Elle a besoin de voyageurs capables de l’aimer. H. Z.

Remerciés pour leur accueil au Mondial : 38 habitants de Lawrence invités en Algérie

Remerciés pour leur accueil au Mondial : 38 habitants de Lawrence invités en Algérie

Ils avaient accueilli l’équipe d’Algérie pendant la Coupe du monde 2026. Près de quarante habitants de Lawrence, dans le Kansas, s’envolent lundi pour l’Algérie, à l’invitation de l’État algérien. Un voyage de remerciement qui prolonge l’une des plus belles histoires du Mondial. Lawrence en Algérie : une délégation de 38 habitants du 9 au 14 novembre Trente-huit habitants de Lawrence, ville universitaire du Kansas, séjourneront en Algérie du lundi 9 au vendredi 14 novembre. L’Algérie prend en charge l’intégralité du voyage : vols, hôtels et excursions. Les invitations ont été envoyées par l’ambassade d’Algérie aux États-Unis, selon des médias américains. La délégation compte le maire de Lawrence, Brad Finkeldei, et la conseillère municipale Amber Sellers. Elle comprend aussi des responsables du comté de Douglas et de l’université du Kansas, six étudiants, des commerçants et des habitants. La ville précise qu’elle ne finance pas ce déplacement. Pourquoi l’Algérie invite les habitants de Lawrence Lawrence a servi de camp de base à l’équipe d’Algérie pendant la Coupe du monde 2026. Pendant plusieurs semaines, ses habitants ont réservé un accueil chaleureux aux Verts et à leurs supporters, comme le racontait notre article sur l’ arrivée de l’équipe d’Algérie à Kansas City . Cette amitié inattendue est devenue l’une des histoires marquantes du tournoi. Le 27 juillet, le président Abdelmadjid Tebboune avait annoncé une invitation au maire de Lawrence, au gouverneur du Kansas et à des habitants de la ville, pour une visite amicale en Algérie. Le chef de l’État avait aussi lancé le jumelage entre Tipaza et Kansas City . L’invitation de novembre concrétise cet engagement. La fanfare de l’université du Kansas, symbole de l’accueil des Verts Parmi les invités figurent plusieurs membres de la fanfare de l’université du Kansas. Ces étudiants avaient appris l’hymne national algérien pour le jouer devant l’équipe, lors de son premier entraînement à Lawrence. Ce geste avait beaucoup ému les supporters algériens. Christopher Johnson, doyen par intérim de la faculté de musique de l’université, fait partie du voyage. « Je suis reconnaissant que l’équipe algérienne ait remarqué ce que les habitants de Lawrence ont fait », a-t-il déclaré à la chaîne locale KCTV5. Il salue en particulier le travail de la fanfare, qui n’a fait, selon lui, « que ce qu’elle fait d’habitude ». La délégation compte aussi deux policiers de Lawrence, ainsi que la représentante de l’office de tourisme qui avait annoncé l’installation des Verts dans la ville. Tous ont contribué, à leur manière, au séjour de l’équipe. « C’est le voyage d’une vie », résume le maire. Des invitations d’abord prises pour une arnaque Les lettres d’invitation sont arrivées dans les boîtes aux lettres il y a quelques semaines. Beaucoup de destinataires ont d’abord cru à une arnaque, raconte Christopher Johnson à KCTV5. Il compare même ces courriers aux célèbres faux messages de « prince nigérian » reçus par courriel. Les invités n’ont disposé que de deux semaines pour se préparer. L’un des étudiants n’avait même pas de passeport, mais « tout a été réglé », assure le doyen. Pour le maire, recevoir l’invitation « a vraiment beaucoup compté » : les Algériens avaient promis de remercier Lawrence, sans préciser quand ni comment. La matinale d'Algérie 360° L'essentiel de l'actualité algérienne chaque matin dans votre boîte mail. Ne pas remplir Je m'abonne Gratuit, désinscription en un clic. Sites historiques et projet de ville jumelle avec Biskra Le programme prévoit des activités culturelles, des visites de sites historiques et des rencontres pour renforcer les liens entre les deux communautés. Les détails du parcours n’ont pas été rendus publics. Le séjour doit permettre aux invités de découvrir l’Algérie, après avoir découvert les Algériens. Depuis l’été, l’association Sister Cities Lawrence étudie aussi la possibilité d’un jumelage avec la ville de Biskra. Ce projet n’a pas encore abouti, mais le voyage pourrait relancer les discussions. « Même si tous ceux qui ont contribué à cet accueil ne peuvent pas faire ce voyage, nous emportons avec nous la gratitude et l’amitié de Lawrence », a déclaré Brad Finkeldei. Pendant la Coupe du monde, l’ambassade d’Algérie avait même ouvert une annexe consulaire temporaire à Kansas City pour les supporters. Les liens tissés à cette occasion se prolongent désormais au-delà du football. La visite de novembre en marque une nouvelle étape.

Yesli dévoile la feuille de route

Yesli dévoile la feuille de route

À quelques jours du lancement de la préparation estivale, la JS Kabylie accélère la mise en œuvre de son projet de restructuration. Arrivée imminente du nouvel entraîneur, recrutement, assainissement financier, réorganisation interne et grands projets de développement : la nouvelle direction a levé le voile sur sa feuille de route à l’occasion d’une intervention du porte-parole du club, Kamel Yesli. Le responsable a confirmé, dans une interview publiée sur le site officiel du club, que le nouvel entraîneur de la JSK sera présenté dans les prochaines heures. « Le coach arrivera aussi dans quelques heures. Je pense que tout le monde attend ça, nous aussi. Mais voilà, la discrétion, ça fait bien les choses parfois », a-t-il déclaré. Son arrivée marquera le véritable coup d’envoi de l’intersaison, avec l’intégration progressive des nouvelles recrues et le lancement de la préparation de l’équipe. Dans la foulée, Kamel Yesli a annoncé que le stage de préparation estivale se déroulera en Europe. Validé depuis plusieurs semaines par le président du club et le directeur technique sportif Yazid Mansouri, ce regroupement permettra aux joueurs d’évoluer dans un environnement favorable afin d’aborder la nouvelle saison dans les meilleures conditions. « Toutes les conditions sont aujourd’hui réunies pour réaliser une grande saison », a-t-il assuré. Concernant le recrutement des joueurs, le porte-parole a expliqué que la direction suit une feuille de route précise, privilégiant la discrétion afin de préserver les intérêts du club durant les négociations. Selon lui, plusieurs dossiers ont déjà été finalisés et certains joueurs ont signé leur contrat. Toutefois, les officialisations n’interviendront qu’au moment opportun, notamment pour respecter les engagements contractuels des joueurs avec leurs anciens clubs. Kamel Yesli a invité les supporters à ne se fier qu’aux informations publiées sur les plateformes officielles de la JS Kabylie, estimant que de nombreuses rumeurs circulent quotidiennement sur les réseaux sociaux. « Beaucoup annoncent des noms de joueurs sans aucune confirmation. Si un transfert se réalise, certains prétendent ensuite l’avoir annoncé les premiers. Les seules informations officielles sont celles diffusées par les canaux du club », a-t-il souligné. Après la diffusion de l’interview sur les réseaux sociaux, nous avons pris attache avec Kamel Yesli pour obtenir plus de détails sur ce qui circule ces derniers temps à propos de la mise en demeure du buteur Aymen Mahious, qui aurait réclamé le paiement de ses créances avant de résilier unilatéralement ce contrat avec la JSK. Le même interlocuteur a tenu à apporter un démenti : « Il n’y a pas de cas Mahious, tout est réglé et il sera présent à la reprise la semaine prochaine. » Concernant l’interdiction de recrutement infligée par la FIFA, Yesli s’est voulu rassurant, affirmant que ce dossier était « très bien pris en charge » et qu’il serait réglé incessamment, toutes les démarches nécessaires ayant déjà été accomplies, a-t-il indiqué à Echorouk. Le porte-parole est également revenu sur le dossier de l’actionnariat. Il a indiqué que la JS Kabylie et son actionnaire majoritaire, Mobilis, avaient finalisé les procédures relatives au transfert des actions des actionnaires ayant accepté de les céder au club. Il ne reste désormais que la signature des actes devant notaire pour finaliser cette opération. « Toutes les dettes seront réglées, mais avec méthode. Chaque dossier sera étudié individuellement afin de préserver les intérêts financiers du club », a expliqué Kamel Yesli. À travers cette nouvelle gouvernance, la JS Kabylie entend bâtir un modèle plus professionnel, fondé sur une gestion rigoureuse, une organisation modernisée et un projet sportif cohérent. L’objectif affiché est de créer les conditions permettant au club de retrouver durablement les premiers rôles sur la scène nationale et continentale. شاهد المحتوى كاملا على الشروق أونلاين

Le porte parole du club fait le point — Yesli : « Voilà pourquoi la direction n’a pas communiqué sur le départ de Belaïd »

Le porte parole du club fait le point — Yesli : « Voilà pourquoi la direction n’a pas communiqué sur le départ de Belaïd »

Dans une interview accordée au site officiel du club, le porte-parole de la JSK, Kamel Yesli, a évoqué plusieurs points concernant la situation du club. D’emblée, il a expliqué pourquoi la direction n’a pas communiqué sur le départ de Belaïd, lequel a rejoint Al Taawoun, en Arabie saoudite. « Pour Belaïd, c’est très simple. La JSK a décidé de racheter son contrat la saison passée en Belgique, en y incluant une clause libératoire. Quand le club a investi sur lui, en se disant que c’était un joueur potentiellement mondialiste, la clause n’était pas assez élevée par rapport à son potentiel. Il a eu la chance de participer au Mondial et la JSK a été représentée au niveau mondial. C’est le côté positif. Le côté un peu frustrant, c’est que la clause libératoire n’était pas assez élevée. On sait qu’un joueur qui participe à une Coupe du monde est un joueur très sollicité. D’ailleurs, il a été convoité par un club saoudien et la clause libératoire a été levée. Le club n’a pas communiqué sur le cas Belaïd, car il y avait un cadre légal, un contrat et un paiement à régler. La direction a donc attendu que tout soit finalisé et que le club encaisse le chèque. Ces dernières semaines, tout a été réglé sur le plan administratif. Désormais, Belaïd n’est plus un joueur de la JSK », a déclaré Yesli. « La direction a tout fait pour le retenir » À propos de ceux qui accusent la direction de ne pas avoir fait le nécessaire pour conserver Belaïd dans l’effectif, le porte-parole de la JSK a répondu : « La réaction des supporters se comprend, puisqu’ils ne sont pas forcément présents lors des négociations. Tout ce que je peux dire, c’est que le club a tout fait pour retenir Belaïd. On lui a proposé quelque chose qui n’a jamais été proposé à un joueur durant les 80 ans d’existence du club, que ce soit au niveau du contrat ou du salaire. Mais le joueur, dans sa tête, a décidé de partir. On respecte sa décision, car on ne peut pas retenir un joueur contre son gré. On lui souhaite une grande réussite pour la suite de sa carrière ». « On s’est rabattu sur Aïn Draham à cause des contraintes de visas et les matchs amicaux » Concernant la préparation et l’annulation du stage en Slovénie, Yesli a expliqué : « Le travail a été entamé le 5 juillet, et je peux vous dire que les joueurs ont beaucoup travaillé. Cela se voit physiquement. Certains ont perdu trois ou quatre kilogrammes. Le mois de juillet a été consacré au volet physique, et les joueurs ont vraiment bossé. Ils sont à féliciter pour leur courage et leur détermination. La seconde phase, au mois d’août, concerne le départ en stage et les matchs amicaux. Il y a un certain nombre de matchs programmés pour arriver en pleine possession de nos moyens au début du championnat ». Il a ensuite précisé les raisons du changement de lieu du stage : « Comme je l’ai expliqué dans ma première vidéo, le club a décidé d’aller en Europe. Nous avons signé une convention avec une agence pour cela, avec trois critères : l’Europe comme destination, les visas et les matchs amicaux. Je suis allé en Slovénie, et deux matchs avaient été arrêtés. Cependant, à quelques jours du départ, il s’est avéré que ces matchs n’étaient plus maintenus. C’était un point frustrant. Pour les visas, un quota avait été obtenu, mais certains joueurs n’en ont pas eu. Il est hors de question d’aller en Europe sans l’effectif au complet. Nous avons donc opté pour la Tunisie, avec des matchs amicaux ». « Le mercato n’est pas terminé » Sur le recrutement, Kamel Yesli affirme que la JSK procédera encore à des renforts. Il précise que la direction prend son temps afin d’effectuer un recrutement judicieux et d’éviter les regrets par la suite. « Nous attendons des renforts de qualité. Il y a plusieurs critères à prendre en compte : le contexte, les besoins du coach et le marché. Aujourd’hui, nous avons recruté huit joueurs. Le mercato n’est pas terminé, et dans quelques jours, il y aura des arrivées et des départs. Nous ne voulons pas recruter juste pour recruter, mais pour apporter un plus. Nous ne voulons pas aller vite et avoir des regrets plus tard », a-t-il précisé. « Un joueur a renoncé à signer » Au sujet des informations qui circulent çà et là sur les signatures de joueurs à la JSK, Yesli estime qu’elles peuvent parfois avoir un effet négatif. Il a cité le cas d’un joueur qui a renoncé à signer après avoir lu certaines choses à son sujet. « Le fait d’annoncer des noms peut parfois jouer un rôle négatif. Un joueur, dont je ne citerai pas le nom, avait donné son accord pour signer avant de renoncer après avoir lu ce qui se disait sur sa venue », a-t-il précisé. M. L.

El Tarf : Cheffia, là où la forêt garde  la mémoire des hommes

El Tarf : Cheffia, là où la forêt garde la mémoire des hommes

Au cœur des montagnes, entre les eaux généreuses de l’oued El-Kébir, les forêts profondes et les pierres gravées par les civilisations anciennes, Cheffia est une destination où la nature et l’histoire marchent côte à côte. Ici, chaque paysage raconte une histoire, chaque sentier mène vers une émotion. Par Hafit Zaouche Au centre de la wilaya d’El Tarf, dans la daïra de Bouteldja, Cheffia déploie ses quelque 193 kilomètres carrés comme un immense écrin de verdure. Entourée de montagnes, de vallées et d’une forêt qui se prolonge jusqu’à la frontière tunisienne, cette commune offre un spectacle où la nature règne encore en souveraine. Le voyageur qui emprunte les routes sinueuses de Cheffia découvre un territoire préservé, où les parfums des arbres se mêlent à la fraîcheur des cours d’eau. L’oued El-Kébir, qui devient plus loin l’oued Bounamoussa, accompagne silencieusement cette terre depuis des siècles avant de nourrir le majestueux barrage de Cheffia, l’un des plus importants ouvrages hydrauliques du nord-est algérien. Ce barrage n’est pas seulement un chef-d’œuvre d’ingénierie ; il est devenu une source de vie pour les wilayas d’El Tarf et de Annaba, alimentant populations, terres agricoles et industries. Mais Cheffia ne se résume pas à ses paysages. Sous ses collines reposent les traces d’une histoire vieille de plusieurs millénaires. Les nécropoles libyques découvertes dans la vallée, les stèles gravées d’inscriptions berbères anciennes et bilingues, les vestiges de l’antique Thullium témoignent d’une présence humaine qui remonte à l’Antiquité. Ces pierres silencieuses racontent les premiers habitants de cette région, leurs croyances, leurs rites funéraires et leur identité, faisant de Cheffia un véritable musée à ciel ouvert pour les passionnés d’histoire et d’archéologie. Les chercheurs du XIXe siècle furent fascinés par cette vallée exceptionnelle où plus d’une centaine d’inscriptions anciennes furent relevées. Aujourd’hui encore, ces témoignages rappellent que Cheffia fut l’un des grands carrefours de la civilisation berbère antique, avant d’intégrer le monde romain tout en conservant son identité profonde. L’histoire récente a également laissé son empreinte dans cette terre courageuse. Durant la guerre de Libération nationale, les montagnes et les forêts de Cheffia devinrent un refuge pour les combattants de l’Armée de libération nationale. Grâce à sa position stratégique à proximité de la frontière tunisienne, la commune servit de base logistique essentielle, permettant le passage des hommes, des armes et de l’espoir. Les maquis résonnaient alors du courage des moudjahidine qui affrontaient l’occupation au prix d’immenses sacrifices. Des figures héroïques comme Amara Bouglez, Amar Benzaouda, Koraïchi Saddek, El Hadi Ben Hadj Messaoud ou encore Si Ahcène, ont marqué l’histoire de cette région. Les premières opérations militaires majeures de la Base de l’Est furent préparées dans ces montagnes, notamment autour de Kef Lehmar. En retour, la population de Cheffia subit une répression d’une extrême violence sans jamais renoncer à son soutien aux combattants de la liberté. Aujourd’hui, le visiteur découvre une commune paisible où les chants des oiseaux ont remplacé les échos des combats. Les forêts invitent à la randonnée, les vallées offrent des panoramas d’une rare beauté, tandis que les habitants accueillent les voyageurs avec cette hospitalité sincère propre aux terres d’Algérie. Cheffia n’est pas une destination que l’on traverse. C’est un lieu que l’on ressent. Ici, la nature soigne les regards, l’histoire nourrit la mémoire et les montagnes enseignent l’humilité. Chaque pierre, chaque arbre, chaque goutte d’eau semble rappeler que les plus beaux paysages sont souvent ceux qui ont su préserver leur âme. Visiter Cheffia, c’est parcourir l’une des pages les plus émouvantes de l’Algérie. C’est écouter la forêt raconter les civilisations disparues, entendre les montagnes murmurer les noms des héros de la liberté et contempler un barrage qui, aujourd’hui encore, transforme cette terre généreuse en source de vie. Car à Cheffia, la beauté des paysages n’efface jamais la mémoire ; elle la protège, la sublime et la transmet aux générations futures. El Tarf, là où la nature raconte l’histoire de l’Algérie, Carnet de route au cœur des terres de mémoire et des eaux généreuses : Il existe des voyages qui émerveillent par leurs paysages. D’autres bouleversent par leur histoire. Puis il y a ceux, plus rares encore, qui réussissent à faire battre le cœur au rythme d’une terre où la nature et la mémoire avancent main dans la main. Notre périple à travers les communes de Bouhadjar, Cheffia et Bougous, au cœur de la wilaya d’El Tarf, appartient à cette dernière catégorie. Au fil des routes sinueuses, des montagnes couvertes de forêts, des vallées verdoyantes et des villages frontaliers, nous avons découvert une région d’une beauté saisissante. Ici, les paysages ne sont pas seulement admirables : ils sont les gardiens silencieux d’une des plus grandes pages de l’histoire de l’Algérie. Dans les montagnes de Bouhadjar, sur les pistes de Bougous ou dans les paysages paisibles de Cheffia, chaque sentier semble porter les pas des moudjahidine. Chaque forêt paraît avoir protégé un combattant de la liberté. Chaque vallée semble encore murmurer le sacrifice des chouhada qui ont offert leur vie pour que l’Algérie retrouve sa dignité. Le moment le plus émouvant de ce voyage restera sans doute notre recueillement sur la tombe de Frantz Fanon, à Aïn Kerma. Devant cette sépulture discrète, le silence prend une autre dimension. Fanon n’était pas seulement un intellectuel de renommée mondiale ; il fut aussi un homme qui choisit l’Algérie jusqu’à son dernier souffle. Son repos éternel, dans cette terre qu’il avait adoptée, rappelle que certaines convictions sont plus fortes que les frontières. Mais El Tarf n’est pas seulement une terre de mémoire. C’est également une terre d’eau. Les nombreux barrages qui jalonnent la région témoignent de son immense richesse hydraulique et de son rôle stratégique dans l’alimentation en eau et le développement agricole. Au milieu de cette nature généreuse, les retenues d’eau offrent des panoramas spectaculaires où le ciel, les montagnes et les forêts se reflètent avec une harmonie presque parfaite. Tout au long de notre voyage, nous avons également rencontré des habitants profondément attachés à leur territoire. Leur accueil chaleureux, leur simplicité et leur fierté de raconter leur région donnent une dimension profondément humaine à cette destination encore méconnue du grand public. À l’heure où l’Algérie ambitionne de devenir une grande destination touristique, ces communes d’El Tarf possèdent tous les atouts pour séduire les voyageurs en quête d’authenticité : une nature préservée, un patrimoine historique exceptionnel, une mémoire révolutionnaire vivante et des paysages qui invitent à la contemplation. Quitter cette région, c’est emporter avec soi bien plus que des photographies. C’est repartir avec le sentiment d’avoir marché sur une terre où chaque pierre, chaque arbre et chaque rivière racontent une histoire. Une terre qui nous rappelle que la liberté a un prix, que la mémoire est un patrimoine précieux et que les plus beaux voyages sont souvent ceux qui nous rendent plus humbles. El Tarf ne se visite pas seulement. Elle se ressent. Elle se respecte. Et surtout, elle ne s’oublie jamais. Hafit Z.

Au large de Béjaïa : Les mini-croisières révèlent les plus beaux secrets de la Méditerranée algérienne

Au large de Béjaïa : Les mini-croisières révèlent les plus beaux secrets de la Méditerranée algérienne

À Béjaïa, la mer ne se contemple pas uniquement depuis la plage. Elle se vit, se découvre et se ressent au rythme des vagues. Depuis quelques années, les mini-croisières au départ de Boulimat connaissent un succès grandissant auprès des vacanciers venus des quatre coins de l’Algérie et de nombreux visiteurs de la diaspora. Par Hafit Zaouche En une heure et demie de navigation, elles offrent une immersion spectaculaire dans l’un des plus beaux paysages du littoral algérien. Dès l’embarquement, l’aventure commence. Équipés de gilets de sauvetage et accueillis par des équipages expérimentés, les passagers prennent le large pour admirer une côte où la montagne semble se jeter dans les eaux cristallines de la Méditerranée. Au fil de la traversée, chaque virage dévoile un nouveau décor : des falaises abruptes, des criques sauvages, des grottes marines sculptées par les vagues et une mer dont les nuances oscillent entre le bleu profond et le turquoise. L’un des temps forts de cette balade est le passage à proximité de l’île de Nizla, véritable sentinelle rocheuse au large de Boulimat. Les embarcations poursuivent ensuite leur route vers les majestueuses falaises du Parc national de Gouraya, offrant aux visiteurs un point de vue exceptionnel sur ce site naturel d’une richesse écologique remarquable. Plus loin apparaît le célèbre Cap Carbon, dont les falaises figurent parmi les plus impressionnantes du bassin méditerranéen. La croisière réserve également une halte très attendue dans les eaux limpides de Tamelahat. Cette crique sauvage, accessible principalement par la mer, séduit par la transparence de son eau et son environnement préservé. Les passagers peuvent s’y baigner, nager ou simplement profiter du calme d’un lieu où la nature semble avoir conservé tous ses droits. Pour beaucoup, cette escale constitue le moment le plus marquant de l’excursion. Au-delà de la beauté des paysages, ces mini-croisières participent à la valorisation du patrimoine naturel de Béjaïa. Elles permettent de découvrir des sites difficilement accessibles par voie terrestre et offrent une autre lecture de la côte béjaouie, révélant toute la diversité de ses reliefs, de ses grottes et de ses plages secrètes. Elles constituent également une activité familiale par excellence, réunissant petits et grands autour d’une expérience mêlant découverte, détente et aventure. Le développement de ces excursions illustre le formidable potentiel du tourisme maritime en Algérie. Avec un littoral de plus de 1 200 kilomètres, le pays possède des paysages côtiers parmi les plus remarquables de la Méditerranée. Béjaïa en est l’une des vitrines les plus séduisantes, où la rencontre entre la montagne, la forêt et la mer compose des panoramas d’une rare beauté. Les mini-croisières de Boulimat sont aujourd’hui bien plus qu’une simple activité estivale. Elles sont devenues une véritable invitation au voyage, une façon originale de découvrir le Parc national de Gouraya et les trésors cachés du littoral béjaoui. Pour les amoureux de la mer, les familles en quête d’évasion ou les visiteurs désireux de porter un autre regard sur la Méditerranée algérienne, elles offrent une expérience inoubliable, où chaque vague raconte un peu de l’histoire et de la beauté de Béjaïa. Boulimat ou le bonheur de voir la jeunesse algérienne prendre le large : Il arrive que les plus beaux souvenirs d’un voyage ne soient pas uniquement liés aux paysages. Parfois, ce sont les visages, les sourires et les instants de vie qui donnent toute sa valeur à une destination. Au large de Boulimat, sur la côte ouest de Béjaïa, ce ne sont pas seulement les eaux turquoise, les falaises du Parc national de Gouraya ou les grottes marines qui nous ont émerveillés. Ce sont aussi les centaines de jeunes qui faisaient de cette baie un véritable théâtre de joie et de liberté. Tout au long de notre balade en mer, le spectacle était partout. De jeunes femmes et de jeunes hommes glissaient silencieusement sur les eaux calmes à bord de kayaks, profitant d’une mer généreuse et d’un soleil éclatant. Plus Loin, des amateurs de sensations fortes filaient sur leurs jet-skis, dessinant de longues arabesques d’écume sur une Méditerranée d’un bleu éclatant. Des embarcations transportaient des familles entières venues admirer les trésors de la côte, tandis que d’autres visiteurs prenaient simplement le temps de contempler ce paysage où la montagne rencontre la mer dans une harmonie parfaite. Cette animation permanente avait quelque chose de profondément réconfortant. Elle traduisait une jeunesse qui s’approprie son patrimoine naturel, qui découvre son pays autrement et qui fait de la mer un espace de détente, de sport et de partage. Loin des clichés, Boulimat offrait l’image d’une Algérie vivante, sereine et résolument tournée vers le plaisir de vivre ensemble. Le développement des activités nautiques constitue aujourd’hui une véritable richesse pour le tourisme algérien. Les locations de kayaks, de jet-skis, de bateaux de plaisance ou les mini-croisières permettent à des milliers de visiteurs de vivre des expériences accessibles, conviviales et inoubliables. Elles participent également à l’essor d’une économie locale portée par de jeunes entrepreneurs qui ont compris que la mer est bien plus qu’un paysage : elle est une formidable source d’opportunités. Ce qui nous a le plus marqués, ce sont les éclats de rire qui accompagnaient chaque départ, les encouragements échangés entre amis, les familles réunies autour d’une même aventure et les regards émerveillés de celles et ceux qui découvraient ces paysages pour la première fois. Il y avait dans cette atmosphère une énergie communicative, celle d’une jeunesse qui profite pleinement de l’été, dans le respect des autres et de la nature. Ces scènes nous rappellent que le tourisme ne se construit pas uniquement avec des infrastructures. Il se nourrit aussi de moments de vie, d’émotions partagées et d’expériences qui donnent envie de revenir. Une plage animée par des jeunes heureux vaut parfois le plus beau des discours pour promouvoir une destination. En quittant Boulimat, nous avons emporté bien plus que des photographies. Nous avons gardé en mémoire l’image d’une jeunesse confiante, dynamique et épanouie, profitant pleinement des richesses que lui offre son pays. Cette Algérie qui rit, qui navigue, qui pagaie, qui ose découvrir ses propres trésors est sans doute l’une des plus belles vitrines de notre potentiel touristique. Oui, nous aimons cette Algérie-là. Une Algérie où la mer rassemble, où la nature inspire et où les sourires des jeunes deviennent, à eux seuls, la plus belle invitation à voyager. Hafit Z.

Trois parcours, une même fierté : Quand les enfants d’Aokas font rayonner leur région à l’échelle nationale

Trois parcours, une même fierté : Quand les enfants d’Aokas font rayonner leur région à l’échelle nationale

Ces derniers jours, Aokas a vécu de ces instants qui réchauffent le cœur et rappellent combien une région peut être riche de ses talents, de ses passions et de ses femmes et de ses hommes qui avancent, souvent avec des moyens modestes, mais avec une détermination admirable. Par Hafit Zaouche Hamadi Rayane, Nabila Haddad et Adel Bedhouche. Trois Aokassiens, trois parcours différents, trois univers qui semblent n’avoir rien en commun. Le jeu d’échecs, la phytothérapie et l’artisanat, le bodybuilding. Pourtant, une même histoire les rassemble : celle d’une région qui voit ses enfants porter ses couleurs et faire connaître son nom à l’échelle nationale. Derrière leurs réussites, il y a du travail, de la passion, des sacrifices et cette fierté particulière de représenter les siens. Hamadi Rayane, la jeunesse d’Aokas avance ses pions Le samedi 10 octobre 2026, Hamadi Rayane, membre du club Les Rois des Échecs d’Aokas, a décroché la première place lors de la première édition du VMS National Chess Festival. Une performance qui honore son club et fait rayonner Aokas dans une discipline où la patience, la réflexion et la maîtrise de soi sont essentielles. Mais derrière cette première place, il y a aussi le travail de celles et ceux qui ont cru aux échecs, qui ont consacré du temps et de l’énergie à les développer et qui ont accompagné les jeunes dans leur apprentissage. Impossible, dans ce contexte, de ne pas évoquer Mustapha Achour, un homme qui a énormément sacrifié pour faire grandir cette discipline dans la région d’Aokas. Son engagement rappelle une vérité trop souvent oubliée : les réussites d’aujourd’hui prennent parfois racine dans les efforts silencieux d’hier. Un jeune talent qui monte sur la première marche du podium, c’est une immense satisfaction. Mais c’est aussi une invitation à poursuivre le travail, à encourager les clubs et à offrir à notre jeunesse les moyens de découvrir, de pratiquer et de faire grandir ses passions. Rayane a remporté une belle victoire. Son club peut être fier de lui. Et ceux qui ont contribué à faire vivre les échecs à Aokas peuvent également mesurer le chemin parcouru. Car lorsqu’un jeune d’une région s’illustre au niveau national, ce n’est pas seulement un résultat sportif que l’on célèbre. C’est aussi une porte qui s’ouvre pour d’autres jeunes qui, demain, oseront croire en leurs capacités. Nabila Haddad, le savoir-faire d’Aokas au service du rayonnement de Béjaïa Quelques jours auparavant, du 4 au 8 octobre 2026, une autre Aokassienne portait haut les couleurs de notre région à Blida. Nabila Haddad, fondatrice de Green Body Cosmetics, a été sélectionnée pour représenter la wilaya de Béjaïa lors d’une formation nationale consacrée à la phytothérapie, organisée par le ministère du Tourisme et de l’Artisanat en collaboration avec la Chambre de l’artisanat et des métiers de Blida. Cette rencontre, présentée comme une première initiative nationale de formation et de qualification dans ce domaine, constitue une étape importante pour la valorisation des savoir-faire liés aux plantes et à leurs usages. Le parcours de Nabila mérite que l’on s’y arrête. À Aokas, elle a choisi de construire son projet autour de la phytothérapie, des huiles essentielles et végétales, des savons artisanaux et des tisanes. Un travail qui associe passion, connaissance des ressources naturelles et volonté de donner une véritable identité à son activité. Sa sélection pour représenter Béjaïa à Blida est une reconnaissance de son engagement et une occasion de faire connaître ce qui se construit dans notre région. À travers elle, c’est aussi une autre image d’Aokas qui voyage : celle d’une localité où des femmes entreprennent, créent, expérimentent et tentent de transformer leur savoir-faire en une activité porteuse de sens. Nous parlons souvent de tourisme, de patrimoine et de développement local. Pourtant, le rayonnement d’une région ne repose pas uniquement sur ses paysages, ses plages ou ses montagnes. Il repose aussi sur les personnes qui donnent vie à ses traditions, valorisent ses ressources et inventent de nouvelles façons de les transmettre. Nabila nous rappelle que l’artisanat peut être bien davantage qu’une activité économique. Il peut devenir un élément de l’identité touristique d’un territoire, un moyen de préserver des connaissances et une invitation à découvrir autrement une région. D’Aokas à Blida, elle a emporté son savoir-faire et une part de cette richesse locale que nous devons apprendre à mieux faire connaître. Adel Bedhouche, l’or au bout du sacrifice Avec Adel Bedhouche, nous entrons dans un autre univers, celui du bodybuilding, où le résultat visible sur scène dissimule souvent des mois de privations, de discipline et d’efforts. À Aïn M’lila, dans la wilaya d’Oum El Bouaghi, Adel a décroché la médaille d’or dans la catégorie des moins de 75 kg lors du Championnat national de bodybuilding. Une consécration qui a fait vibrer Aokas et suscité une immense fierté parmi les siens. Derrière cette médaille, il y a une histoire humaine particulièrement touchante. Il y a d’abord Nasro Touati, qui a joué un rôle déterminant dans son parcours. Les deux hommes se connaissent depuis 2007, lorsqu’ils s’entraînaient à la salle Allili- Yahia. À l’époque, ils étaient de jeunes passionnés, attirés par le développement musculaire, sans imaginer le chemin qui les attendait. Les années ont passé. Puis leurs routes se sont de nouveau croisées. Nasro a observé le physique d’Adel, a décelé son potentiel et lui a proposé de préparer le championnat national. Adel a hésité. Il a pris le temps de réfléchir. Quinze jours plus tard, il a accepté. Nasro lui a alors promis de l’accompagner jusqu’au bout. La préparation a commencé, avec ses entraînements rigoureux, ses objectifs précis et son régime alimentaire strict. Pendant plusieurs mois, Adel a dû apprendre à maîtriser non seulement son corps, mais aussi ses envies. L’une des images les plus marquantes de son récit reste celle de sa mère préparant à la maison Aghrum Iquren, accompagné de Lhmis. Des saveurs familières, des odeurs qui rappellent le foyer, la cuisine familiale et ces petits bonheurs qui font partie de notre quotidien. Mais, pour un athlète en pleine préparation, la tentation pouvait devenir un véritable combat. Adel raconte comment il a goûté un morceau de ce pain sans finalement l’avaler, tant il voulait respecter son régime. Une anecdote qui peut faire sourire, mais qui révèle surtout la difficulté de ces sacrifices. Il évoque aussi quelques cacahuètes salées qui lui ont valu les remarques de Nasro, particulièrement attentif au respect du programme alimentaire. Derrière ces souvenirs se dessine une réalité que le public ne voit pas toujours : la médaille ne récompense pas uniquement les muscles, mais aussi la rigueur, la patience et la capacité à poursuivre un objectif lorsque l’envie d’abandonner se fait sentir. Adel a également tenu à souligner l’importance du soutien populaire dont il a bénéficié. Les encouragements reçus lui ont donné la force d’aller jusqu’au bout. Son titre est donc celui d’un athlète, mais aussi celui d’une aventure humaine, faite de confiance, de transmission et de solidarité. Nasro a cru en son potentiel. Adel a accepté le défi. Ensemble, ils ont construit une préparation qui a conduit l’athlète d’Aokas jusqu’à la plus haute marche du podium national. Et cette médaille est venue rappeler que les talents de notre région méritent d’être accompagnés, reconnus et encouragés. Trois réussites, une responsabilité collective Que nous enseignent ces trois parcours ? Qu’Aokas ne manque ni de talents ni de personnes capables de porter son nom au-delà de ses frontières. Mais aussi que ces réussites ne doivent pas être considérées comme de simples parenthèses heureuses dans la vie d’une localité. Elles doivent nous inviter à réfléchir à la place que nous accordons à nos jeunes, à nos artisans, à nos sportifs, à nos clubs et à toutes ces personnes qui travaillent avec passion, parfois dans l’ombre, sans disposer de tous les moyens nécessaires pour aller plus loin. Rayane nous rappelle l’importance de soutenir les clubs et de transmettre le goût de la réflexion à notre jeunesse. Nabila nous montre que le savoir-faire local peut franchir les frontières de notre wilaya et contribuer à la valorisation de notre patrimoine. Adel nous enseigne que les grandes victoires se construisent dans la durée, grâce au travail, à la discipline et à la confiance de ceux qui nous accompagnent. Trois domaines différents, mais une même leçon : le développement d’une région passe aussi par la reconnaissance de celles et ceux qui font vivre ses talents. Nous avons parfois tendance à attendre qu’un enfant de notre région décroche un titre national, qu’une artisane soit sélectionnée pour un événement important ou qu’un jeune remporte une compétition pour commencer à parler de lui. Pourtant, le véritable accompagnement devrait commencer bien avant la consécration. Il commence lorsqu’on encourage un jeune à poursuivre sa passion, lorsqu’on aide un club à se développer, lorsqu’on s’intéresse au travail d’une artisane ou lorsqu’on donne à un sportif les moyens de préparer ses compétitions dans de bonnes conditions. Il commence aussi par un geste simple, mais essentiel : raconter leurs histoires. Car les réussites qui ne sont pas racontées risquent de tomber dans l’oubli. Et les générations futures ont besoin de connaître les femmes et les hommes qui ont contribué à écrire l’histoire de leur région. Rayane, Nabila et Adel méritent ainsi bien plus que des félicitations passagères. Leurs parcours méritent d’être conservés, transmis et intégrés à la mémoire collective d’Aokas. Faire rayonner Aokas, c’est aussi croire en ses enfants Au fond, ce qui rapproche ces trois Aokassiens, ce n’est ni leur discipline ni la nature de leur consécration. C’est cette capacité à transformer une passion personnelle en une fierté partagée. Un échiquier, des plantes, des huiles, des savons artisanaux, une salle de musculation, une médaille d’or… Autant d’univers qui racontent finalement une même histoire : celle d’une région qui avance grâce à ses enfants. Aujourd’hui, Hamadi Rayane, Nabila Haddad et Adel Bedhouche nous offrent trois belles raisons d’être fiers d’Aokas. Trois noms. Trois parcours. Trois façons de faire rayonner notre région. Et derrière eux, une pensée pour tous ceux qui travaillent dans l’ombre, pour les parents qui soutiennent leurs enfants, pour les entraîneurs qui transmettent leur savoir, pour les clubs qui persévèrent malgré les difficultés et pour les artisans qui font vivre nos traditions tout en préparant l’avenir. Car les plus belles victoires ne sont pas toujours celles que l’on inscrit au palmarès. Ce sont aussi celles qui donnent envie à d’autres de croire en leurs rêves. Aokas peut être fière de ses enfants. À nous, collectivement, de faire en sorte que cette fierté ne soit pas seulement une émotion passagère, mais le point de départ de nouvelles réussites. Parce qu’au-delà des médailles, des distinctions et des podiums, ce sont nos enfants qui écrivent l’histoire de notre région. Et cette histoire mérite d’être racontée. H. Z.

Le théâtre algérien, arme du combat anticolonialiste

Le théâtre algérien, arme du combat anticolonialiste

Sur les réseaux sociaux, les hommages rendus à Sid Ahmed Agoumi, décédé le dimanche 20 septembre 2026, en France, et enterré le mardi 22 septembre au cimetière d’El Kettar, à Alger, ont fait remonter dans la mémoire des Algériens des noms prestigieux liés au théâtre national. Parmi eux, il y a ceux qui accompagnèrent le 4ème art alors qu’il prenait son essor en Algérie, en 1947, sous le nom de théâtre d’expression arabe, en liaison étroite avec le mouvement national qui œuvrait à mobiliser les Algériens pour libérer le pays du colonialisme français. Dans la période qui précéda le déclenchement de la Guerre de libération nationale, le 1er novembre 1954, les partis politiques algériens et les organisations de jeunes mettaient à profit les activités culturelles et de loisirs pour diffuser leurs idées et élever le niveau de conscience de la population. Pour leur part, les artistes savaient, par de subtiles formules, contourner les interdits et la censure et faire passer les messages. Quant au pouvoir colonialiste, il ne sous- estimait pas la puissance du théâtre dans le domaine de l’éducation et de l’éveil des masses. La surveillance des spectacles par la police française ne se relâchait pas. Toute représentation jugée subversive pouvait être arrêtée. Un haut fonctionnaire dans l’administration coloniale, Pierre-René Gazagne, était particulièrement vigilant dans ce domaine. Il a été dénoncé par Mohamed Dib qui écrivait dans Alger républicain puis Liberté (organe central du Parti communiste algérien, PCA) des articles sur les pièces de théâtre. Pour Mohamed Dib, « le théâtre est par excellence l’art qui créé le plus de solidarité entre les hommes en se fondant sur leur besoin vital de participer à la vie de tous, de partager profondément leurs préoccupations communes. Mais il faudrait, pour en arriver là, que n’existent pas la censure de M. Gazagne et les sanctions à l’égard des artistes ». (Mahieddine Bachtarzi Mémoires T. 3, citant Alger républicain du 14 avril 1951). Au service de la cause nationale A la fin des années 1940 et au début des années 1950, la « cause nationale » était présente dans les activités culturelles, les représentations théâtrales mais aussi les concerts de musique, grâce aux artistes-militants dont beaucoup étaient membres du MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques). En 1951, raconte Mahieddine Bachtarzi dans ses Mémoires, à l’occasion des fêtes de l’Aid el Kebir, le comité MTLD du quartier de Belcourt organisa une soirée où « Hassan-el-Hassani et ses camarades triomphaient dans leurs sketches anti-colonialistes ». En février 1953, Mahieddine Bachtarzi, directeur du théâtre d’expression arabe à l’Opéra d’Alger, était membre du Comité de lutte contre la répression et pour la libération des détenus politiques, avec d’autres personnalités algéroises. L’été suivant, en août, grâce à Mustapha Kateb et Bachir Hadj Ali, se souvient-il, il était l’invité d’honneur du Festival mondial de la jeunesse qui s’est déroulé à Bucarest (Roumanie). C’était une grande manifestation anti-colonialiste organisée par la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique (FMJD) dont faisait partie l’Union de la jeunesse démocratique algérienne (UJDA), au cours de laquelle, raconte Mahieddine Bachtarzi, les spectacles de théâtre montés par Mesrah el Djazair ont mis à nu tous les méfaits du colonialisme français en Algérie (Mémoires T. 3). Mesrah El Djazairi était animé par Mustapha Kateb. Son local était une cave formant deux pièces contiguës, rue Marengo (rue Arbadji, aujourd’hui, dans La Casbah). En été, les répétitions se faisaient au Môle nord du port, en maillot de bain, utilisant la plate-forme du phare comme scène. Les séances étaient entrecoupées de baignades au large, avait raconté Mustapha Kateb dans une interview à Alger républicain (26 juillet 1950). C’était une troupe d’amateurs qui n’avait aucune subvention publique. Lui-même, disait-il, espérait être recruté comme acteur par l’Opéra d’Alger dirigé par Mahieddine Bachtarzi, depuis 1950. Sid-Ali Kouiret, Ahmed Debbah et Yahia Benmabrouk étaient dans cette troupe. En juin 1954, Mustapha Kateb fit une tournée dans le Constantinois avec sa troupe El Masrah El Djazairi. El Masrah El Djazairi se produisait souvent dans des soirées organisées par le PCA ou par l’UJDA, avec lesquels les acteurs de la troupe entretenaient de bons rapports. Sid Ali Kouiret fréquentait le cercle El Mokrani de l’UJDA, qui se trouvait au 44, rue Marengo. Mustapha Kateb allait fréquemment au siège de l’UJDA à la rue Bab Azzoun (Alger). Lors de sa 2ème Conférence nationale tenue en mai 1952, l’UJDA avait décidé d’allier harmonieusement les activités de loisirs, culture et sports à la lutte contre le régime colonial. Mustapha Kateb était de ce combat. Il faisait des déclarations publiques contre la répression qui frappait les militants du mouvement national et participait également aux campagnes pour la paix dans le monde. Est-ce un hasard ? Il fut parmi les trois premiers « amis algériens » que Henri Alleg connut en débarquant à Alger en octobre 1939. C’est par eux qu’il apprendra ce qu’est la situation de l’Algérie sous occupation coloniale. La naissance du théâtre algérien Les numéros de Liberté de janvier et février 1947 sont pleines d’informations sur « la naissance du théâtre algérien ». Un article signé Naceur Eddin nous apprend qu’à Alger, « la musique andalouse était la seule en vedette entre 1920 et 1930. Elle était prépondérante mais le public commençait à manifester de la lassitude. Les concerts n’étaient pas suivis aussi assidûment qu’à l’habitude ». Les organisateurs décidèrent d’ajouter à leur programme musical une partie théâtrale. « Le résultat était fort concluant ». Mais « ceux qui étaient appelés à se produire sur scène pour compléter la manifestation musicale étaient toujours sous la coupe des musiciens ; aussi, décidèrent-ils de créer une troupe dramatique évoluant dans un cadre spécifiquement théâtral ». C’est ainsi qu’est née la troupe dirigée par Allalou. Il raconte ce fait dans un article qu’il a publié dans Liberté (21 février 1947) : «En collaboration avec mon ami Dahmoune, qui était un esprit très cultivé et doué d’un talent merveilleux de comédien, nous formons une équipe bien homogène sous le nom de ‘’Zahia Troupe’’ », et ils présentent au Kursaal d’Alger (qui se trouvait à Bab El Oued, démoli à l’époque déjà) une grande comédie en trois actes, ‘’Djeha’’. Les principaux rôles étaient tenus par Rachid Ksentini et Mustapha Benchoubane (ce dernier est présenté comme un des pionniers du théâtre algérien, comédien de grande valeur). « L’accueil fut triomphal et, à la demande générale, cinq représentations consécutives furent données ; chaque fois, il y avait salle comble », écrit Allalou. C’était en 1926. Par la suite, les pièces de théâtre avaient une partie concert « sinon le public n’irait jamais au théâtre », avait expliqué un journaliste. Pour la pièce ‘’Djeha’’, la partie lyrique était assurée par « la fameuse cantatrice Cheikha Yemna ». D’après Naceur Eddin, « une foule dense avait assisté à ce spectacle. Le succès fut net. Cette soirée révéla au public le théâtre. La glace était rompue ». A propos de Rachid Ksentini, Allalou fait observer que « les véritables génies ne laissent pour fortune que leurs éloges posthumes : pour Rachid Ksentini, il en a été de même ». (Liberté 20 février 1947) Le premier « théâtre indigène » Dans la préface du livre de Chebbah Mekki ‘’Souvenirs d’un militant aurésien’’, Abdelhamid Benzine a mis en évidence la synthèse entre la lutte politique et l’activité culturelle réalisée par Chebbah Mekki, entre son appartenance au PCA et ses liens avec les Oulémas et avec le mouvement du Docteur Saâdane. En 1929, Chebbah Mekki ouvre un café maure à Sidi Okba et créé une association sportive, et surtout, une association culturelle, le premier « théâtre indigène », affirme-t-il dans son livre, dont le secrétaire général était l’écrivain Ahmed Reda Houhou. Chebbah Mekki raconte comment il a présenté à Biskra sa pièce de théâtre ‘’Le pharaon arabe chez les Turcs’’, malgré l’intervention de la police française et les menaces d’un féodal local. A Alger, il avait demandé à Roland Rhaïs, secrétaire de la Maison de la Culture, de faire imprimer un millier d’invitations pour les démocrates et les progressistes de Biskra ; il a loué un bus pour ramener les artistes d’Alger, sans les informer que la pièce était interdite. Il a eu l’aide du Nadi du Dr. Saâdane qui a envoyé un député algérien accompagné de Roland Rhaïs au commissariat de police de Biskra pour informer le commissaire que la pièce allait être présentée. Chebbah El Mekki a demandé à Roland Rhaïs de se poster devant la porte et de ne laisser entrer que les personnes qui ont l’invitation. Au lever du rideau, la salle était pleine. Le commissaire et des policiers sont venus mais n’ayant pas d’invitations, ils ont été empêchés d’entrer. La pièce a été jouée et le bus a ramené ensuite les artistes vers Alger sans qu’ils sachent que la pièce a été présentée alors qu’elle était interdite. Par la suite, les artistes ont reproché à Chebbah Mekki de ne pas leur avoir dit que la pièce était interdite. Il leur a expliqué que s’il les avait informés ils n’auraient pas accepté de jouer la pièce. Roland Rhaïs a avoué à Chebbah Mekki que lui aussi ne pensait pas que la pièce allait finalement être jouée malgré l’interdiction de la police. En janvier 1951, une pièce écrite et mise en scène par Chebbah Mekki, « Les héros du désert », est passé à l’Opéra d’Alger (actuel TNA, square Port Saïd) Encourager toutes les initiatives Alors qu’il était rédacteur en chef de Liberté, Bachir Hadj Ali réserva un grand espace en dernière page à la rubrique culturelle avec une bonne cohabitation entre le théâtre et l’art lyrique. Il avait, lui-même, défini la ‘’ligne’’ de la rubrique : « Nous nous fixons comme règle de faire des comptes-rendus de manifestations artistiques données en notre capitale ou ailleurs, avec le souci constant d’encourager toutes les initiatives qui tendent, dans un pays que 116 ans de colonialisme ont maintenu dans l’ignorance une partie de la population, à élever le niveau artistique et culturel des masses populaires ». Sur cette base, Bachir Hadj Ali avait été sévère dans sa critique d’une comédie en deux actes, ‘’La fille sauvage’’, de Mahieddine Bachtarzi et Hattab Mohamed, donnée par la troupe Keltoum, sur la scène du théâtre municipal d’Alger (deviendra après l’indépendance le Théâtre national algérien Mahieddine Bachtarzi), devant une salle comble, avait-il précisé. Le sujet de la pièce ne lui avait pas plu. « Comme si, expliqua-t-il, dans la vie quotidienne de notre pays, dans sa lutte pour la liberté, pour plus de bien-être, contre l’ignorance, la superstition, les fléaux sociaux et tous les maux dont nous souffrons, on ne pouvait pas trouver de qui écrire de solides pièces ». C’est cette ‘’ligne’’ que suivirent les journalistes de Liberté chargés de faire les comptes rendus des pièces théâtrales. D’abord Mohamed Dib, qui signait du pseudonyme Mohamed Tlemçani que lui avait inspiré le lieu où il écrivait ses articles, le café Tlemçani, à Alger. Ensuite, Aziz Belmiloud et Nour Eddine Rebah prirent le relais de Mohamed Dib, en conservant son pseudonyme, Mohamed Tlemçani, et en respectant la ligne définie par Bachir Hadj Ali, pour rendre compte pièces de théâtre jouées à Alger. La consultation des éditions d’Alger républicain et Liberté d’avant septembre 1955 (date de leur interdiction en même temps que le PCA, par les autorités coloniales) offre de précieuses informations sur la contribution du théâtre et de ses animateurs à la prise de conscience du peuple algérien et à sa mobilisation pour l’indépendance. M’hamed Rebah

Constantine : Le Sankouchi, la légende populaire  qui donne du goût aux pizzas carrées

Constantine : Le Sankouchi, la légende populaire qui donne du goût aux pizzas carrées

Il y a des adresses qui ne figurent pas forcément dans les guides touristiques, mais qui racontent mieux que de longs discours l’âme d’une ville. Des endroits où l’on vient autant pour savourer une spécialité que pour retrouver une ambiance, un sourire et un personnage devenu incontournable. À Constantine, dans le quartier populaire d’El Kantoli, le Sankouchi est de ceux-là. Par Hafit Zaouche Un vendeur de pizzas de rue qui a su transformer un geste quotidien en un véritable spectacle populaire. Nous nous y rendons régulièrement pour déguster quelques-unes de ses fameuses pizzas carrées. Et chaque visite a quelque chose de particulier. Il y a d’abord cette odeur de pâte chaude et de sauce tomate qui attire les passants, puis cette agitation familière, ces clients qui attendent leur tour et, au milieu de cette effervescence, le personnage que tout le monde connaît : le Sankouchi, avec son humour, ses répliques répétées et son rire communicatif. Chez lui, acheter une pizza ne se résume pas à une simple transaction commerciale. C’est une petite parenthèse de bonne humeur, un moment de vie qui nous rappelle que le bonheur se cache souvent dans les choses les plus simples. Une part de pizza, quelques plaisanteries, des éclats de rire et des échanges spontanés suffisent parfois à illuminer une journée. Mais derrière ce personnage haut en couleur se cache aussi une belle histoire de persévérance et de réussite populaire. Parti modestement, avec une simple table installée dans la rue, le Sankouchi a progressivement conquis le cœur des Constantinois avant de dépasser les frontières de sa ville. Son surnom, associé à l’époque où la part de pizza se vendait cinq mille centimes, est devenu une véritable marque de reconnaissance. Aujourd’hui, son nom circule sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, où ses vidéos attirent les curieux, amusent les internautes et donnent envie de découvrir cette figure singulière de la street-food algérienne. Sa recette, elle, reste fidèle à l’esprit de la pizza populaire : une pâte simple, une sauce tomate généreusement assaisonnée et une olive noire qui vient couronner le tout. Rien de prétentieux, rien de compliqué. Seulement une spécialité accessible, ancrée dans les habitudes alimentaires de nombreuses familles algériennes et chargée de souvenirs pour ceux qui ont grandi avec ces petites pizzas de quartier. Car la pizza carrée du Sankouchi ne nourrit pas uniquement les appétits. Elle réveille aussi une certaine nostalgie, celle d’une Algérie des petites rues commerçantes, des vendeurs familiers et des rendez-vous improvisés autour d’un repas à petit prix. Une Algérie où le commerce de proximité est aussi un lieu de rencontre, où l’on finit par connaître les visages, les habitudes et les plaisanteries de ceux qui font vivre le quartier. Son succès rappelle également que le tourisme ne se limite pas aux monuments historiques, aux palais anciens ou aux paysages spectaculaires. Il se découvre aussi dans les ruelles animées, les marchés populaires, les cafés de quartier et ces petites adresses qui font la réputation d’une ville. Pour le visiteur de passage à Constantine, une halte chez le Sankouchi peut ainsi devenir une expérience authentique, une occasion de découvrir une autre facette de la cité du Vieux Rocher, plus spontanée, plus populaire et profondément humaine. À l’heure où les réseaux sociaux fabriquent des célébrités éphémères, le Sankouchi a réussi à faire de son quotidien un rendez-vous attendu. Son succès ne repose pas sur le luxe ni sur une cuisine sophistiquée, mais sur une personnalité, un savoir-faire et cette capacité rare à faire sourire les gens. Et c’est peut-être là que réside sa véritable réussite : avoir compris, sans grands discours, qu’un commerce peut être bien plus qu’un lieu où l’on achète et où l’on vend. Il peut devenir un espace de partage, un souvenir que l’on emporte avec soi et une petite part de l’identité d’une ville. À Constantine, nous continuerons donc à pousser régulièrement le pas vers El Kantoli pour savourer quelques pizzas carrées chez le Sankouchi. Pour le goût, bien sûr, mais aussi pour l’ambiance, les rires et cette chaleur populaire qui donne à la ville une partie de son charme. Parce qu’au fond, certaines pizzas ont une saveur particulière : celle des souvenirs, de la convivialité et de ces petits bonheurs qui ne coûtent presque rien, mais qui valent beaucoup. Et chez le Sankouchi, une pizza carrée peut parfois raconter toute une histoire. La street-food algérienne : Quand les saveurs de la rue deviennent une destination touristique En Algérie, la street-food, ou cuisine de rue, fait partie de ces trésors du quotidien qui méritent une place plus importante dans notre stratégie de développement touristique. Bien plus qu’une simple manière de se restaurer, elle représente un patrimoine vivant, accessible et profondément enraciné dans les habitudes des Algériens. Elle raconte nos régions, nos traditions, notre hospitalité et cette générosité spontanée qui fait partie de notre identité. Car un pays ne se découvre pas uniquement avec les yeux. Il se découvre aussi avec le palais, le cœur et les émotions. Ces petites adresses qui racontent une grande Algérie De la garantita dégustée sur le pouce aux boureks croustillants, des mhadjeb préparés à la demande aux sandwichs traditionnels, des grillades populaires aux douceurs locales, chaque région possède ses spécialités, ses gestes et ses secrets. À Alger, Oran, Constantine, Béjaïa, Tlemcen, Ghardaïa ou dans les villes du Sud, la rue devient une table ouverte sur la diversité culinaire du pays. Derrière chaque préparation se cache souvent une histoire familiale, un savoir-faire transmis de génération en génération et une économie de proximité qui fait vivre de nombreuses familles. Ces vendeurs sont parfois les gardiens discrets de traditions que nous risquons de perdre si nous ne prenons pas le temps de les documenter, de les valoriser et de les transmettre. Le goût, une autre façon de voyager Aujourd’hui, le tourisme ne se résume plus à la visite de sites historiques ou à la contemplation de paysages. Les voyageurs veulent comprendre les lieux qu’ils découvrent, partager des moments avec leurs habitants et goûter à leur quotidien. La gastronomie occupe ainsi une place essentielle dans l’expérience touristique. L’Algérie dispose, dans ce domaine, d’un potentiel considérable. Sa diversité géographique et culturelle se reflète dans ses traditions culinaires. Les influences méditerranéennes, amazighes, arabes, sahariennes et ottomanes ont contribué à façonner une cuisine riche, généreuse et plurielle. La street-food permet d’accéder à cette richesse sans forcément disposer d’un budget important. Elle rend le voyage plus accessible, favorise les rencontres spontanées et donne aux visiteurs une occasion de découvrir les villes autrement. L’exemple du Sankouchi le montre : une personnalité locale peut attirer l’attention sur un quartier et donner envie de découvrir une ville. La cuisine devient alors un support de communication touristique, porté par des histoires authentiques plutôt que par des campagnes publicitaires coûteuses. Mais cette promotion doit s’accompagner d’un effort sur l’hygiène, la qualité des produits, la présentation des espaces de vente et l’accueil des visiteurs. Valoriser la cuisine de rue ne signifie pas effacer son caractère populaire. Il s’agit plutôt de préserver son authenticité tout en lui offrant les conditions nécessaires pour séduire durablement. Derrière un étal de rue se trouvent souvent un parcours, des sacrifices et l’espoir de construire un avenir meilleur. Pour de nombreux Algériens, cette activité constitue une source de revenus et parfois le point de départ d’une aventure entrepreneuriale. Faire de la street-food un levier touristique, c’est donc aussi soutenir les petits commerçants, encourager l’artisanat alimentaire, créer des emplois et répartir les retombées économiques au-delà des grands établissements hôteliers. Les collectivités locales, les associations, les offices de tourisme et les professionnels du secteur pourraient travailler ensemble pour identifier les spécialités emblématiques de chaque région, accompagner les vendeurs et créer des parcours culinaires adaptés aux visiteurs. Des festivals de cuisine de rue, des journées consacrées aux recettes traditionnelles, des cartes numériques des bonnes adresses et des circuits associant gastronomie, patrimoine et artisanat permettraient de transformer ces richesses dispersées en une véritable offre touristique. L’enjeu est également culturel. Il faut recueillir les témoignages des anciens, préserver les recettes menacées de disparition et donner aux jeunes l’envie de s’approprier ce patrimoine. Car ce qui ne se transmet pas finit souvent par s’effacer. Faire de la rue une ambassade de l’Algérie L’Algérie a besoin de raconter ses paysages, ses monuments et ses grandes pages d’histoire. Mais elle doit également apprendre à raconter ses gestes ordinaires, ses marchés animés, ses petites échoppes et ses personnages populaires. Le tourisme se construit aussi dans ces lieux où l’on se sent accueilli sans formalité, où le sourire remplace parfois les grands discours et où une simple dégustation devient une rencontre entre deux cultures. Nous devons comprendre que le patrimoine touristique d’un pays ne se limite pas à ce qui a été classé, restauré ou inscrit dans les guides. Il comprend également ce que les habitants font vivre chaque jour, parfois sans mesurer la valeur de ce qu’ils transmettent. La street-food algérienne mérite ainsi d’être considérée comme une composante à part entière de notre patrimoine culturel et comme un outil de rayonnement touristique. Elle est populaire, accessible, vivante et capable de créer ce lien précieux entre le visiteur et la population locale. L’Algérie n’a pas seulement besoin de visiteurs. Elle a besoin de voyageurs qui prennent le temps de goûter ses saveurs, de rencontrer ses habitants et de comprendre son histoire à travers les gestes du quotidien. Et si nous commencions par nos rues, nos marchés et ces petits commerces qui font battre le cœur de nos villes ? Car parfois, pour faire découvrir toute une nation, il suffit d’une spécialité, d’un vendeur passionné et d’un sourire sincère. Et peut-être qu’un jour, un voyageur venu de l’autre bout du monde racontera son séjour en Algérie en évoquant non seulement le Sahara, les ponts de Constantine ou les plages de Béjaïa, mais aussi cette pizza carrée dégustée chez le Sankouchi, cette garantita savourée à Oran ou ce mhadjeb partagé dans une petite rue de village. Ce jour-là, nous aurons compris une chose essentielle : la gastronomie de rue n’est pas seulement un plaisir du quotidien. Elle peut devenir l’une des plus belles portes d’entrée vers l’âme touristique de l’Algérie. Hafit Z.

Vidéo… Sansal choque tout le monde avec une révélation surprenante : reviendra-t-il bientôt en Algérie ?

Vidéo… Sansal choque tout le monde avec une révélation surprenante : reviendra-t-il bientôt en Algérie ?

L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a accordé sa première interview après sa libération, décidée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à la demande du président allemand. L’entretien a eu lieu sur la chaîne télévisée « France 2 » après son retour en France. À propos de sa période passée en prison, il a déclaré que ses journées derrière les barreaux n’étaient pas aussi dures que certains pourraient l’imaginer, car les détenus finissent par s’habituer à l’environnement, notamment après s’être fait des amis. Il a ajouté : « Nous avions une routine quotidienne entre discussions avec les amis, promenades dans la cour et même des jeux comme des enfants. » Il a également précisé que les prisonniers ne parlaient pas de ce genre de choses, ajoutant : « Nous pleurons chacun dans notre coin la nuit. » Une visite prochaine en Algérie Boualem Sansal a évoqué son projet de se rendre en Algérie, indiquant qu’il en avait informé le président français. Cependant, le président français l’a mis en garde, tandis que Sansal a confirmé son intention de se rendre en Algérie pour s’assurer de la vérité, affirmant son désir ferme de revenir dans son pays. Dans sa première déclaration après sa libération, Boualem Sansal a confié au journal Le Point la semaine dernière qu’il espérait dépasser la période de tension entre les deux parties, soulignant que l’Allemagne pourrait jouer un rôle dans l’apaisement des relations. Il a prononcé sa phrase marquante : « Bonjour la France, Boualem revient. Nous vaincrons. » Lors d’un entretien avec l’écrivain Kamel Daoud, Sansal a révélé certains aspects des conditions qu’il a traversées en prison, expliquant qu’il avait vécu une période d’isolement total, malgré sa connaissance partielle de ce qui se passait en coulisses lors des négociations. Il a précisé : « Ma situation était particulière, isolé du monde, à l’exception des visites de mon épouse, Nazihah. Je n’étais autorisé à communiquer avec les autres détenus que très rarement, et j’étais dans un quartier à haute surveillance. » Sansal a également indiqué qu’il était privé de lecture et d’écriture durant sa détention, les livres à sa disposition se limitant aux ouvrages religieux ou en arabe. Concernant les derniers jours avant sa libération, il a expliqué avoir d’abord été transféré d’un établissement pénitentiaire à un autre, avant d’être, le même jour, conduit à l’hôpital Mustafa Bacha, où son statut est passé de « prisonnier » à « patient sous surveillance ». Boualem Sansal, âgé de 81 ans, avait été arrêté en novembre 2024 à l’aéroport d’Alger, avant d’être condamné à cinq ans de prison pour « atteinte à l’unité nationale ». Il a purgé une année complète avant d’être récemment libéré.

Visiter Alger : le guide complet pour bien préparer votre séjour en 2026

Visiter Alger : le guide complet pour bien préparer votre séjour en 2026

🔄 Mis à jour le 28 mai 2026 par Khier SAIDANI – Alger est une ville qui se mérite. Construite en amphithéâtre face à la mer, étalée sur des collines blanches, traversée par une énergie que peu de capitales méditerranéennes peuvent égaler — la capitale algérienne est à la fois intimidante et irrésistible. Si vous envisagez de visiter Alger en 2026, ce guide pratique vous donne tout ce qu’il faut savoir pour ne rien rater et repartir avec des souvenirs pour la vie. Pourquoi visiter Alger en 2026 ? Alger est la plus grande ville d’Afrique du Nord et l’une des métropoles les plus fascinantes du monde méditerranéen. Pourtant, elle reste largement méconnue des voyageurs étrangers — ce qui en fait aujourd’hui une destination rare, authentique, non formatée par le tourisme de masse. En 2026, Alger s’ouvre progressivement. Les connexions aériennes se multiplient, le e-visa simplifie les démarches, et l’offre hôtelière s’est considérablement développée. C’est le bon moment pour découvrir la ville avant qu’elle ne change. Ce que vous trouverez à Alger que vous ne trouverez nulle part ailleurs : Une Casbah classée UNESCO encore habitée, labyrinthique, vivante — l’une des médinas les plus authentiques du monde arabe Une baie d’une beauté rare , comparable à Naples ou Rio, que peu de voyageurs ont eu la chance d’admirer Une scène culinaire généreuse et diverse , du street food populaire aux restaurants gastronomiques en pleine explosion Une hospitalité algéroise directe, chaleureuse, parfois envahissante — toujours sincère Une ville à plusieurs vitesses : coloniale, ottomane, moderne, populaire — chaque quartier raconte une époque Les incontournables d’Alger à ne pas manquer La Casbah — le cœur historique classé UNESCO La Casbah d’Alger est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1992. Ce n’est pas un musée à ciel ouvert — c’est un quartier vivant, avec ses ruelles pentues, ses maisons ottomanes aux patios intérieurs, ses enfants qui jouent dans les escaliers, ses odeurs de pain et d’épices. Construite sur les ruines d’une ancienne cité phénicienne, la Casbah compte encore plusieurs palais ottomans, mosquées du XVIe siècle et maisons traditionnelles à balcons en encorbellement. Le Palais des Rais (Bastion 23) est la visite la plus marquante : trois palais restaurés du XVIIe siècle, avec vue sur la mer. Conseils pratiques : Visitez le matin, entre 9h et 11h — la Casbah est plus calme et la lumière est magnifique Prenez un guide local agréé pour ne pas vous perdre et comprendre l’histoire des lieux (20-30€ la demi-journée) Évitez les ruelles isolées en fin de journée Durée recommandée : demi-journée minimum, journée entière pour les passionnés d’architecture Notre-Dame d’Afrique — la vue panoramique sur la baie Perchée sur les hauteurs de Bouzaréah, la basilique Notre-Dame d’Afrique offre l’une des vues les plus spectaculaires d’Alger. La baie s’étend à 360°, la ville blanche dévale vers la mer — c’est le point de vue incontournable pour comprendre la géographie d’Alger. Construite par les Français en 1872, cette basilique catholique est aujourd’hui un lieu de visite ouvert à tous, toutes confessions, toutes nationalités. L’inscription au-dessus de l’autel — Notre-Dame d’Afrique, priez pour nous et pour les musulmans — dit beaucoup de l’histoire complexe et apaisée de ce lieu. Accès : Téléphérique depuis la station Téléphérique Bologhine (quelques centaines de dinars) ou taxi depuis le centre. Durée de visite : 45 minutes. Le front de mer et la Grande Poste Le boulevard du Front de Mer, rebaptisé boulevard des Martyrs côté populaire, est le poumon de la ville moderne. La Grande Poste , chef-d’œuvre de l’architecture coloniale mauresque du début du XXe siècle, est le bâtiment le plus photographié d’Alger. La Place du 1er Mai et les arcades de la rue Didouche Mourad constituent le cœur commerçant et vivant de la ville européenne. Le soir, le front de mer devient un espace de promenade pour les Algérois — familles, couples, vendeurs ambulants, musiciens. Une immersion parfaite dans la vie quotidienne de la capitale. Le Jardin d’Essai du Hamma Fondé en 1832, le Jardin d’Essai est l’un des plus beaux parcs botaniques d’Afrique. Ses allées de palmiers centenaires, ses serres tropicales, son zoo et ses bassins en font un havre de verdure rare au cœur d’une métropole de 3 millions d’habitants. Classé monument national, il a été entièrement rénové dans les années 2000. Accès : Tramway ligne T1, arrêt Jardin d’Essai. Entrée symbolique. Idéal en famille ou pour une pause entre deux visites. La Grande Mosquée d’Alger Inaugurée en 2019, la Grande Mosquée d’Alger — officiellement Djamaa El Djazaïr — est la troisième plus grande mosquée du monde et le bâtiment le plus grand d’Afrique. Son minaret de 265 mètres est visible depuis presque partout dans la baie. L’architecture est monumentale, le site impressionnant même de l’extérieur. Les non-musulmans peuvent visiter certaines parties du complexe avec un guide agréé. Un symbole fort de l’Algérie contemporaine, à ne pas manquer, même pour ceux qui n’ont pas d’intérêt particulier pour les monuments religieux. Les quartiers d’Alger à explorer Alger n’est pas une ville à visiter monument par monument — c’est une ville à vivre quartier par quartier . Bab El Oued — le quartier populaire par excellence. Authentique, bruyant, dense, avec ses marchés de rue, ses cafés d’angle, son ambiance 100% locale. Idéal pour observer la vie algéroise sans filtre. À visiter le matin. Hydra et Ben Aknoun — les quartiers résidentiels huppés sur les hauteurs. Restaurants modernes, boutiques, consulats. Ambiance plus calme, bonne base pour les voyageurs qui veulent de la tranquillité. El Mouradia — quartier des institutions, des ambassades et des villas coloniales préservées. Belle architecture, verdure, moins fréquenté par les touristes. Didouche Mourad (rue) — l’artère principale de la ville française, avec ses arcades, ses librairies, ses cafés historiques et ses cinémas. Le meilleur endroit pour marcher et observer Alger moderne. Tipaza (excursion à 70 km) — les ruines romaines classées UNESCO, sur une côte sauvage à 1h de route d’Alger. Une demi-journée d’excursion incontournable si vous séjournez 3 jours ou plus. Que faire à Alger selon votre profil de voyageur Profil Activités recommandées Culture & histoire Casbah, Palais des Rais, musée du Bardo, Tipaza Architecture Grande Poste, Notre-Dame d’Afrique, Grande Mosquée, Riadh El Feth Nature & détente Jardin d’Essai, plages de la Corniche (été), parc de Ben Aknoun Gastronomie Marché de Bab El Oued, restaurants de Hydra, street food Didouche Mourad Diaspora & nostalgie Casbah, Bab El Oued, cimetières historiques, cœur de la ville européenne Famille Jardin d’Essai (zoo), plages de la Corniche, téléphérique Où manger à Alger : street food et bonnes adresses La cuisine algéroise est l’une des plus riches du Maghreb — et elle se découvre autant dans la rue que dans les restaurants. Street food à ne pas manquer : La karantita — tarte à la farine de pois chiche, cumin, œuf, vendue sur les trottoirs pour quelques dizaines de dinars. Le snack emblématique d’Alger. Le mtewem — sandwich agneau et ail, spécialité algéroise Les briks — feuilles de brick farcies, frits à la minute Les gâteaux orientaux — makroud, baklawa, zlabia — dans les pâtisseries de la rue Didouche Mourad Restaurants recommandés (catégories) : Budget (moins de 10€) : restaurants populaires de Bab El Oued et du centre, couscous et chorba du vendredi Milieu de gamme (10-25€) : quartier Hydra, cuisine algérienne revisitée, grillades sur charbon Gastronomique (25€+) : hôtels Sofitel et El Aurassi pour les voyageurs étrangers en quête de confort et de qualité constante Conseil : Évitez de chercher des restaurants sur les grandes plateformes internationales — peu de restaurants algérois sont bien référencés. Demandez à votre hôtel ou à un local. Comment se déplacer dans Alger ? Alger est une grande ville collinaire — les distances sont trompeuses et la circulation peut être dense. Voici les options : Métro : La ligne 1 traverse le centre-ville d’est en ouest. Propre, climatisé, ponctuel. Tarif : 50 dinars. Indispensable pour éviter les embouteillages. Tramway : Ligne T1 le long du front de mer, jusqu’au Jardin d’Essai et Bordj El Kiffan. Pratique pour les sites côtiers. Taxi : Abondant, négociez le prix avant de monter (pas de compteur en général). Comptez 200-500 dinars pour un trajet urbain. Application Yassir disponible pour les Algérois — parfois accessible aux touristes avec un numéro local. À pied : Le centre-ville européen (Grande Poste → Jardin d’Essai → front de mer) est agréable à pied le matin. La Casbah nécessite de marcher — et d’avoir de bonnes chaussures pour les ruelles en pente. Location de voiture : Déconseillée pour les visiteurs non habitués à la conduite algéroise. Réservez-la uniquement pour des excursions hors d’Alger (Tipaza, Blida, Chréa). Combien de jours prévoir pour visiter Alger ? 1 journée — minimum absolu pour voir la Casbah, le front de mer et la Grande Poste. Vous effleurerez la ville. 2 à 3 jours — idéal pour combiner les incontournables, explorer 2-3 quartiers, faire l’excursion à Tipaza et profiter de la gastronomie locale. 4 à 5 jours — pour ceux qui veulent vraiment comprendre la ville, visiter les musées (musée du Bardo, musée des Arts et Traditions populaires), faire des excursions (Blida, Chréa en hiver, côte à l’est). Notre recommandation : 3 nuits à Alger, combinées avec 4-5 jours dans une autre région (Béjaïa, Kabylie ou Oran) pour un séjour de 7-10 jours équilibré. Conseils pratiques avant de partir à Alger Monnaie : Emportez des euros en liquide. Changez à la banque ou dans les bureaux de change officiels. Évitez le marché parallèle. Hébergement : Les hôtels internationaux (Sofitel, Sheraton El Aurassi) sont fiables pour les voyageurs étrangers. Les auberges de jeunesse sont rares mais existent. Réservez en avance en été. Sécurité : Alger est une capitale sûre. Restez vigilant dans les zones très fréquentées (pickpockets), évitez d’afficher téléphone et appareil photo inutilement dans la Casbah. Tenue : Pas de code strict dans les quartiers modernes. Prévoir des vêtements couvrants pour visiter la Casbah et les mosquées. Langue : Le français fonctionne partout avec les commerçants, hôteliers et dans les restaurants. L’arabe dialectal algérien ( derdja ) sera très apprécié si vous tentez quelques mots. Meilleure période : Avril-mai et septembre-octobre. Juillet-août est chaud (35-40°C) et très fréquenté par la diaspora. Assurance voyage : Obligatoire — souscrivez une couverture incluant les frais médicaux et le rapatriement. → Tout savoir sur l’assurance voyage Algérie FAQ — Vos questions sur Alger Alger est-elle sûre pour les touristes étrangers ? Oui. Alger est une capitale méditerranéenne avec les risques classiques de toute grande ville (pickpockets en zones très fréquentées). Les agressions contre les touristes sont rares. Voyagez normalement, avec le même niveau de vigilance qu’à Marseille ou Madrid. Faut-il un guide pour visiter la Casbah ? Pas obligatoire, mais fortement recommandé. La Casbah est un labyrinthe et un guide local vous fera découvrir des recoins inaccessibles seul, tout en vous racontant l’histoire des lieux. Comptez 20-30€ pour une demi-journée. Quelle est la meilleure période pour visiter Alger ? Avril-mai et septembre-octobre sont idéaux — températures agréables (20-25°C), peu de foule. Évitez juillet-août si vous n’aimez pas la chaleur et l’affluence. Comment aller d’Alger à Tipaza ? En taxi (environ 1h, 1 500-2 000 dinars aller) ou en bus collectif depuis la gare routière de Bab Ezzouar. Prévoyez une demi-journée minimum sur le site des ruines. Y a-t-il des plages à Alger ? Oui. La Corniche algéroise, à l’est de la ville (Aïn Taya, Tamentfoust, Club des Pins), offre des plages accessibles en bus ou en taxi. En été, elles sont très fréquentées par les locaux. Peut-on visiter la Grande Mosquée d’Alger ? Certaines parties du complexe sont ouvertes aux non-musulmans accompagnés d’un guide agréé. Renseignez-vous directement à l’accueil du site à votre arrivée. Quel budget prévoir pour 3 jours à Alger ? Entre 150€ et 300€ tout compris (hors vol) selon votre niveau de confort : hébergement 3 étoiles, repas locaux, transports en commun, entrées des sites et excursion Tipaza. Pour aller plus loin Alger n’est qu’un point de départ. L’Algérie a encore bien plus à offrir : Guide complet voyage en Algérie 2026 — la vue d’ensemble avant de planifier Visiter Béjaïa : le guide complet — 2h de route à l’est, une autre Algérie Visiter Oran — la capitale de l’Ouest, ville du raï Budget voyage Algérie — combien prévoir pour votre séjour Visa Algérie 2026 — les démarches avant de partir

8 mai 1945 à Sétif/"Kheïra Belkaid et les 45 orphelins": l’histoire d’une héroïne hors du commun

8 mai 1945 à Sétif/"Kheïra Belkaid et les 45 orphelins": l’histoire d’une héroïne hors du commun

SETIF - L’histoire de la défunte Moudjahida Kheïra Belkaid, qui avait sauvé, lors des Massacres du 8 mai 1945, quarante-cinq (45) orphelins, dont les parents avaient été tués ou déportés, dans la région de Sétif, reste à ce jour racontée aux jeunes générations, 79 ans après ces événements sanglants, pour préserver la mémoire autour d’un fait éminemment héroïque, mais pas suffisamment connu. Au cœur du chaos né de l’effroyable carnage perpétré par les forces coloniales appuyés par l’aviation, les blindés et l’artillerie lourde, qui n’épargnaient ni hommes, ni enfants, ni femmes, ni vieillards, pilonnant sauvagement douars, villages et hameaux, une femme, Kheïra Belkaid, connue sous le nom de "Bent Bendaoud", réussit l’incroyable prouesse d’arracher 45 petits orphelins de la confusion pour les convoyer, par train, jusqu’à Oran. Bravant la surveillance des policiers et des soldats français, placés sous les ordres du général Raymond Duval, qui avaient l’œil sur les moindres mouvements d’Algériens, et esquivant les dizaines de points de contrôle, cette dame-courage réussit à atteindre la gare de Sétif sans encombre et à embarquer les enfants. Arrivée à Oran en compagnie de ses petits protégés, Kheïra, (qui avait dû "préparer le terrain", dira le président de la Fondation du 8-Mai 1945), le Moudjahid Abdelhamid Slakdji, prend attache avec des notables de la ville d’Oran et ne tarde pas à trouver des familles d’accueil pour les orphelins, sauvés, grâce à elle, de la terrible répression de la soldatesque coloniale. Le président de la Fondation du 8-Mai 1945, relate à l’APS l’histoire peu commune de cette militante, connue également pour sa lutte au sein du mouvement nationaliste et pour son dévouement aux démunis, aux veuves et aux orphelins. "Cette femme a réussi, grâce à son intelligence et à son courage, à conduire 45 orphelins des environs de Sétif, d’Ain El Kebira, de Beni Aziz et d’autres localités, jusqu’à Oran, après un crochet par Constantine, sur une distance de plus de 1.000 km", témoigne M. Salakdji. Le Moudjahid Slakdji tient à rappeler, dans ce cadre, que les massacres perpétrés à Sétif, à Kherrata et à Guelma "se sont poursuivis, en réalité, jusqu’à septembre, de longs mois au cours desquels l’armée coloniale a donné libre cours à sa barbarie, pratiquant les formes les plus odieuses d’exactions contre des citoyens désarmés qui avaient +osé+ sortir dans les rues pour réclamer pacifiquement l’indépendance". Le même interlocuteur souligne que "des pères de familles ont été sauvagement tués, dans des dizaines de villes et villages, le plus souvent sous les yeux de leurs enfants et de leurs femmes". Revenant à Kheïra "Bent Bendaoud", M. Salakdji raconte que cette femme était arrivée dans la région de Sétif "après des contacts avec des militants de la région qui lui ont fourni des informations sur les endroits où se trouvaient des enfants dont les parents ont été tués ou déportés". Elle en rassembla 45, "dont le Moudjahid Amar Sbiaï, originaire de Beni-Aziz (au nord de Sétif), qu’elle parvint, grâce à une intelligence hors du commun qui lui permit de ne pas éveiller les soupçons, à accompagner jusqu’à la gare de chemins de Sétif, au centre-ville, et à embarquer en leur compagnie dans un train afin de se rendre à Oran, mais après avoir transité par Constantine, puis Alger", souligne-t-il. "Grâce à l’Union des Oulémas musulmans algériens, à des militants du mouvement nationaliste résidant à Oran, et grâce aussi à des notables de la grande ville de l’Ouest du pays, elle fit adopter, au nez et à la barbe de l’administration coloniale, tous ses protégés dans des familles oranaises", ajoute M. Salakdji. Il note que ces enfants ont été "bien élevés, n’ont manqué de rien et ont poursuivi leur scolarité". Certains parmi eux "ont même occupé des fonctions supérieures, d’autres, la plupart, ont rejoint les maquis de la Révolution", affirme-t-il. L’administration coloniale, ayant eu vent de ses activités militantes, finit par arrêter Kheïra Belkaid en 1957 pour la placer en résidence surveillée dans la Casbah d’Alger. Quelques temps plus tard, après avoir été autorisée à rentrer chez elle, à Oran, elle contracta une maladie qui finit par l’emporter, en 1961. Le Moudjahid Amar Sbiaï, l'un des orphelins sauvés par Kheïra Belkaïd Le Moudjahid Amar Sbiaï, originaire de la région de Beni-Aziz, au nord-est de Sétif, et qui vit actuellement dans la wilaya d’Oran, est l’un des orphelins sauvés par Kheïra Belkaïd. Même s’il n’avait que 4 ans lors du fameux voyage en train, M. Sbiaï, qui affirme "garder encore en mémoire des scènes très claires" de ces événements, raconte que "(son) père, Saâdi, avait été arrêté par les forces françaises sous (ses) yeux et ceux de (sa mère), accusés d’avoir participé à la marche du 8 mai 1945". Kheïra "Bent Bendaoud" était venue à Beni Aziz après l’arrestation de son père qui laissa sa femme seule et sans ressources. "Elle a proposé à ma mère de m’emmener pour prendre soin de moi, promettant de me ramener quand j’aurai grandi, ma mère a accepté et c’est comme ça que j’ai pris le train avec elle et d’autres enfants, dont les plus jeunes étaient des fillettes âgées de 12 à 14 ans d’une pauvreté extrême", se souvient Amar Sbiaï. "La première étape de notre périple en train fut d’abord Constantine où Kheïra devait prendre contact avec l’Association des Oulémas dont les membres avaient préalablement pris attache avec des familles d’Oran. Nous réembarquâmes ensuite dans un train en partance pour Alger d’où nous nous sommes élancés, après avoir encore changé de train, vers El Bahia où une famille me prit en charge et s’occupa de moi", relate cet acteur-témoin aujourd’hui âgé de 83 ans. Amar Sbiaï se rappelle également qu’étant le plus jeune des 45 enfants, Kheïra était un peu plus attentionnée à son égard. "Je me souviens très bien, dit-il, que Kheïra, qui s’était établie à Oran, demandait régulièrement de mes nouvelles et me recevait souvent chez elle, me mettait sur ces genoux et montrait beaucoup d’affection pour moi". En 1956, avant même l’âge de 16 ans, Amar Sbiaï rejoint les rangs de l’ALN où il servit dans sa région natale de Beni Aziz, puis dans l’ouest algérien, jusqu’à l’indépendance. Kheïra Belkaid, également surnommée "la rouge" en raison de sa face rubiconde, recevait régulièrement des révolutionnaires qui se réunissaient chez elle, avant d’être arrêtée en 1957 et assignée à résidence dans la Casbah d’Alger. En proie à une intense émotion, tentant vainement de dissimuler des larmes perlant dans les yeux, ce Moudjahid affirme que Kheïra Belkaid était "un symbole et un exemple de courage et d’héroïsme qui a su résister à toutes les pressions pour ne pas divulguer l’identité des enfants qu’elle avait emmenés juste après les Massacres du 8 mai 1945 et qui, grâce à elle, sont devenus des femmes et des hommes". Aujourd’hui encore, Amar Sbiaï pleure encore la mort de sa "mère Kheïra" et se rend régulièrement sur sa tombe, au cimetière d’Oran. Avant de prendre congé, il fait part de son "vif souhait" de voir les historiens se pencher davantage sur l’histoire de Kheïra "la rouge" dont la personnalité mérite, selon lui, d’être "mieux connue" pour la mémoire nationale, mais aussi pour les générations montantes en tant qu’exemple de générosité, d’altruisme et de bravoure.

Vidéo… Des révélations sur Riyad Mahrez et les coulisses du sélection nationale ! Ilyan Kébal raconte tout !

Vidéo… Des révélations sur Riyad Mahrez et les coulisses du sélection nationale ! Ilyan Kébal raconte tout !

Le meneur de jeu du Paris FC, Ilyan Kébal, a révélé les coulisses de son intégration dans l’équipe nationale algérienne à un jeune âge. Il a également évoqué les moments marquants de sa carrière professionnelle, avant de préciser les grands objectifs qu’il souhaite atteindre avec les "Verts" dans les mois à venir. Kébal réalise cette saison des performances remarquables en Ligue 2 française, avec 5 buts inscrits et 4 passes décisives en 13 matches, ce qui lui a permis de retrouver le radar de la sélection algérienne après une longue période d’absence. Bien qu’il n’ait pas encore pleinement sa chance avec le sélectionneur, le joueur de 27 ans ambitionne d’intégrer l’équipe dirigée par Vladimir Petković lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et de la Coupe du Monde 2026, après que ses participations se soient jusqu’à présent limitées à quelques minutes réparties sur trois matches. Ilyan Kébal : « Je n’ai jamais hésité à choisir l’Algérie » Dans une interview accordée à Colinterview, Kébal a dévoilé les détails de son choix de rejoindre la sélection algérienne dès ses années de jeune joueur, précisant qu’il avait déjà représenté les équipes nationales de jeunes avant de rejoindre l’équipe première sous l’ère de l’ancien entraîneur Djamel Belmadi en 2021. Il a déclaré : « Dès le départ, je n’ai eu aucun doute à ce sujet. J’ai reçu une convocation pour l’équipe des moins de 20 ans alors que j’étais à Bordeaux, puis pour les moins de 21 ans, et j’y suis allé immédiatement. Lorsque je suis devenu professionnel, Belmadi m’a appelé sans me demander : ‘As-tu choisi l’Algérie ?’ Il a simplement inscrit mon nom sur la liste. J’ai pris mon sac et je suis parti. » Kébal a ajouté : « Mes enfants et mes grands-parents sont nés en Algérie. Certes, je suis né et j’ai grandi en France, mais nous avons toujours été élevés entre les deux pays.. J’aime la France, mais j’aime aussi l’Algérie. Ce n’était donc pas un choix difficile. À 18 ans, j’ai pris ma décision sans réfléchir longtemps. » Le grand objectif Concernant ses objectifs avec la sélection, Kébal a déclaré : « La Coupe d’Afrique des Nations et la Coupe du Monde sont deux grands objectifs, et je souhaite ardemment en faire partie. Je ne me dis pas : je serai à la Coupe du Monde. Je fais tout ce que je peux pour y être », selon le site Winwin. Il a poursuivi : « Imaginez participer à ces compétitions que je regardais à la télévision ! Je suis passionné de football et je ferai tout pour atteindre le plus haut niveau possible. » Kébal a également affirmé qu’il se battra pour garantir sa place parmi les "Guerriers du Désert" : « Si je peux participer à toutes les compétitions, je me battrai pour cela. Cela ne veut pas dire que j’y parviendrai forcément, mais je donnerai tout ce que j’ai. » Mahrez, un modèle Il a souligné que Riyad Mahrez est son modèle dans le football, précisant : « Je l’ai vu à l’entraînement, parfois tu te dis : est-ce que je suis joueur et lui aussi ? Ce n’était pas le même niveau, il était exceptionnel. » Il est prévu que Kébal fasse partie de la liste de l’équipe nationale pour la CAN 2025 au Maroc, tandis que sa participation restera à la discrétion de l’entraîneur Petković, qui le considère comme troisième option au poste d’ailier droit derrière Mahrez et Anis Hajj Moussa, mais sa capacité à jouer en tant que meneur de jeu pourrait lui offrir des minutes importantes.