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Hydrogène vert : l'intérêt allemand ouvre un marché en Algérie

Hydrogène vert : l'intérêt allemand ouvre un marché en Algérie

  • Une dizaine d'entreprises allemandes de l'énergie se sont retrouvées lundi à Alger, à l'invitation de l'AHK Algérie.
  • Le projet SoutH2 Corridor acheminerait un hydrogène renouvelable d'Algérie vers l'Europe via la Tunisie, l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne.
  • Ce corridor s'étend sur près de "3 300 km" et vise plus de "4 millions de tonnes" d'hydrogène par an.
  • Plus de "65%" de ces volumes s'appuieront sur des gazoducs existants, selon le projet.
  • Allemands et Algériens misent sur transfert de technologie, sous-traitance et fabrication locale de composants industriels.

Une dizaine d’entreprises allemandes du secteur de l’énergie se sont retrouvées, lundi à Alger, à l’invitation de la Chambre algéro-allemande de commerce et d’industrie (AHK Algérie), pour explorer les opportunités qu’offre le projet SoutH2 Corridor, rapporte l’aps.

Ce corridor, destiné à acheminer de l’hydrogène renouvelable produit en Algérie vers l’Europe en passant par la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne, s’étend sur près de «3 300 km» et vise une capacité d’importation de plus de «4 millions de tonnes» d’hydrogène par an, dont plus de «65%» s’appuieront sur des gazoducs existants.

Au-delà de ces chiffres impressionnants, c’est la nature de l’engagement allemand qui mérite l’attention : il ne s’agit pas d’une déclaration d’intention isolée, mais du premier maillon visible d’une chaîne de valeur industrielle appelée à se construire sur le sol algérien.

Au-delà des électrolyseurs : un bouquet de solutions industrielles

La lecture la plus commune de ce type de rencontre B2B consiste à n’y voir qu’un rendez-vous protocolaire de plus entre deux pays partenaires de longue date dans le domaine de l’énergie. C’est pourtant passer à côté de l’essentiel.

Les entreprises présentes ne sont pas venues vendre uniquement des électrolyseurs, la brique la plus visible de la filière hydrogène. Elles ont exposé un éventail de savoir-faire qui couvre l’ensemble de la chaîne : dessalement d’eau, stockage d’énergie, compression, ingénierie de projet, infrastructures et certification.

C’est précisément cette diversité qui transforme une rencontre commerciale en signal industriel.

Selon l’aps, l’exemple de Duchting Pumpen, fabricant de pompes de dessalement, illustre ce basculement. Sa représentante, Drifa Merabet, n’a pas seulement affirmé l’intérêt de son entreprise pour le projet : elle a présenté un nouveau matériau permettant de produire localement les pièces de rechange liées au dessalement.

Ce détail, en apparence technique, porte en réalité une portée stratégique considérable. Il ouvre la voie à une fabrication locale de composants aujourd’hui importés, réduisant la dépendance aux chaînes d’approvisionnement étrangères et posant une première pierre vers une sous-traitance industrielle algérienne.

De son côté, Fichtner GmbH & Co. KG, actif sur plusieurs sous-secteurs liés à l’hydrogène vert dont le dessalement et l’environnement, a confirmé, par la voix de son directeur Francisco Retamar Terrero, sa disponibilité à collaborer sur ce projet d’avenir, souligne la même source. Deux entreprises, deux métiers différents, mais une même logique : s’implanter dans la durée plutôt que vendre un équipement clé en main.

Selon l’aps, le directeur général de l’AHK Algérie, Oliver Blank, a d’ailleurs situé cette dynamique dans une perspective plus large, rappelant que l’Algérie dispose d’un potentiel important en énergies renouvelables, et que la coopération avec l’Allemagne pouvait jouer un rôle majeur dans le développement d’une filière hydrogène forte.

Une lecture partagée côté diplomatique : la représentante du service économique de l’ambassade d’Allemagne, Anne-Sophie Legge, a insisté sur la volonté de renforcer les liens économiques entre les deux pays, plaçant l’énergie au rang d’axe clé de cette coopération, et soulignant que les PME allemandes disposent d’une expertise significative à partager avec l’Algérie, souligne l’aps.

Transfert de compétences et sous-traitance : la vraie promesse pour les PME algériennes

C’est là que réside le second enjeu, souvent sous-estimé, de ce type de rapprochement : le transfert technologique et la formation des compétences locales. Le représentant du ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Nabil Selami, l’a formulé sans détour en affirmant que le développement de la filière hydrogène suppose aussi celui du capital humain, le transfert de technologie et une législation adaptée.

Autrement dit, l’ambition affichée par Alger ne se limite pas à attirer des investisseurs étrangers : elle vise à faire émerger, autour d’eux, un tissu de compétences et de sous-traitants algériens capables, à terme, de fabriquer, d’installer et de maintenir les équipements de la filière.

Pour les PME et sous-traitants algériens, notamment dans les métiers de la mécanique, de la chaudronnerie, de l’ingénierie et de la maintenance industrielle, cette dynamique ouvre un marché encore largement vierge.

Les rencontres B2B organisées lundi à Alger entre opérateurs allemands et homologues algériens constituent, à ce titre, une première étape logique : c’est à ce niveau, loin des discours institutionnels, que se négocient les futurs contrats de sous-traitance, les coentreprises et les transferts de savoir-faire concrets.

M. Selami a résumé l’ambition nationale en un objectif clair : faire de l’Algérie « un acteur régional majeur, grâce à son vaste réseau de transport », rapporte l’aps.

Le projet SoutH2 Corridor, dont la mise en service complète est prévue au début des années 2030, offre donc à l’Algérie une fenêtre de plusieurs années pour construire, autour de partenaires allemands déjà mobilisés, une véritable industrie nationale de l’hydrogène vert.

Entre volonté politique affichée, potentiel en énergies renouvelables et intérêt confirmé d’un tissu industriel allemand diversifié, tous les ingrédients semblent réunis pour que cette rencontre du 21 septembre ne reste pas un simple épisode diplomatique, mais le point de départ d’une filière industrielle à part entière.

S. I.

Source : Ecotimes

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