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Formation professionnelle : les conseils et actions de la GIZ Algeria

Formation professionnelle : les conseils et actions de la GIZ Algeria

  • La GIZ Algeria a pris part à un panel de haut niveau lors de la WorldSkills Conference à Shanghai pour discuter de la formation professionnelle.
  • Le projet AEDAII, mis en œuvre par la GIZ et financé par le BMZ, vise à améliorer l'employabilité des jeunes diplômés en Algérie.
  • L'initiative cible en priorité l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables et l'informatique pour répondre aux besoins du marché du travail.
  • Le développement et l'investissement dépendent directement de la qualité des compétences et d'une main-d'œuvre qualifiée et rapidement opérationnelle.
  • La GIZ Algeria insiste sur l'utilisation de données fiables, la participation du secteur privé et l'inclusion pour ajuster l'offre de formation.

À l’occasion de la WorldSkills Conference, organisée à Shanghai du 23 au 25 septembre, la GIZ Algeria a pris part à un panel de haut niveau consacré à la formation professionnelle et à la coordination des interventions des partenaires du développement.

La rencontre a rassemblé des acteurs venus d’horizons différents autour d’une question jugée centrale : «Comment mieux coordonner les interventions des partenaires au développement avec les priorités nationales, les besoins du secteur privé et des sociétés ?»

La question dépasse le cadre technique. Dans de nombreux pays, les programmes de formation soutenus par des bailleurs et des agences de coopération se multiplient, parfois sans cohérence d’ensemble. Le risque est de voir des projets se chevaucher, de disperser les ressources et de fournir aux entreprises des profils qui ne correspondent pas à leurs besoins réels.

La participation de la GIZ Algeria à cette conférence s’inscrit dans l’accompagnement de la première participation de l’Algérie aux compétitions internationales WorldSkills. Ce contexte donne à sa présence à Shanghai une portée particulière, au moment où le pays s’ouvre à un rendez-vous mondial qui met en avant les métiers et l’excellence technique.

AEDAII : le programme de la GIZ Algeria pour l’employabilité des diplômés

Le projet AEDAII est financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement BMZ et mis en œuvre par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit GIZ GmbH, en partenariat avec le ministère algérien de la Formation et de l’Enseignement professionnel.

Son point de départ est un constat. Selon la présentation du programme en mars 2025, «le taux de chômage des jeunes est élevé en Algérie», y compris parmi les diplômé·e·s de la formation professionnelle. La GIZ l’explique notamment par le fait que les compétences acquises en formation «ne cadrent souvent pas avec les exigences du marché du travail».

Les systèmes de formation doivent donc mieux répondre aux besoins du terrain, et la formation professionnelle doit être modernisée pour disposer d’un personnel qualifié, capable de contribuer au développement économique de demain.

L’objectif affiché est que l’employabilité des diplômé·e·s de la formation professionnelle s’améliore dans les secteurs sélectionnés. Pour y parvenir, le projet aide les partenaires algériens à mieux aligner l’offre de formation sur les besoins du marché du travail.

Il s’appuie sur des filières ciblées, liées à l’efficacité énergétique, aux énergies renouvelables et à l’informatique. L’ambition est de permettre aux jeunes diplômé·e·s de trouver rapidement un emploi à l’issue de leur cursus.

Les métiers, condition du développement et de l’investissement

Au-delà des recommandations techniques, le débat de Shanghai rappelle une évidence économique : le développement et l’investissement dépendent de la qualité des compétences disponibles. Sans main-d’œuvre qualifiée ni métiers actualisés, aucun territoire ne peut espérer attirer durablement des capitaux.

Les investisseurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers, ne se déterminent plus seulement en fonction des incitations fiscales, du foncier ou des infrastructures. Ils regardent aussi la disponibilité de profils formés, capables d’être opérationnels rapidement. Les futurs investissements iront vers les zones où existe un emploi qualifié, notamment dans les énergies renouvelables, la digitalisation et d’autres secteurs porteurs.

Ce constat éclaire le choix de la GIZ Algeria de concentrer AEDAII sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et l’informatique. Ces filières sont à la fois en forte demande et exigeantes en compétences techniques à jour.

Former des techniciens et des techniciennes dans ces domaines, c’est préparer le terrain aux projets industriels et énergétiques à venir. C’est aussi éviter que les entreprises ne trouvent pas les profils qu’elles cherchent, alors que des jeunes diplômés restent au chômage.

Une dynamique nationale qui encourage l’esprit d’entreprise

Ce chantier s’inscrit dans un mouvement plus large au sein du secteur algérien de la formation professionnelle. Sous la supervision de la ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nassima Arhab, s’est récemment achevé le programme conjoint entre le ministère et la fondation INJAZ Algeria. Il vise à ancrer la culture de l’entrepreneuriat et de l’innovation chez les jeunes stagiaires du secteur.

Organisée pour la première fois sous cette forme, l’initiative a mobilisé 358 stagiaires issus de 20 instituts et centres de formation, répartis dans plusieurs wilayas, sur plus de six mois d’encadrement, de formation et d’accompagnement.

Douze équipes et projets se sont qualifiés pour la phase finale. Ils ont concouru dans quatre catégories de prix : Best Company, Best Innovation, Best Product et Best Social Impact.

Selon le communiqué du ministère, dans son allocution, la ministre a salué l’engagement des stagiaires, des encadreurs, des formateurs, d’INJAZ Algeria et des partenaires économiques, en premier lieu Condor. Elle a insisté sur l’importance du partenariat entre la formation professionnelle et INJAZ Algeria, qui renforce l’ouverture des établissements de formation sur leur environnement économique.

Cette ouverture, a-t-elle souligné, contribue à ancrer la culture entrepreneuriale et permet aux jeunes d’acquérir des compétences complémentaires à leur formation technique, afin d’accéder plus largement au monde du travail et de créer leurs propres projets.

Vers une formation qui répond au terrain

Entre la conférence de Shanghai, le programme AEDAII et les initiatives portées au niveau national, un même message ressort : la formation professionnelle ne peut plus être pensée isolément. Elle doit dialoguer avec les entreprises, s’appuyer sur des données fiables, inclure toutes les catégories de la population et mieux coordonner l’action des partenaires.

Pour l’Algérie, dont la première participation aux compétitions internationales WorldSkills marque une étape symbolique, l’enjeu est double. Il s’agit de valoriser les métiers et de répondre aux besoins d’une économie en transformation.

Les investisseurs de demain iront là où ils trouveront des compétences, et c’est autour de cette exigence que se joue l’avenir de l’emploi des jeunes diplômés.

S. I.

Le projet intervient sur trois axes

Il soutient la collaboration entre les acteurs publics du système de formation professionnelle et le monde économique, au niveau intersectoriel entre les ministères compétents et le milieu économique, comme au niveau local entre les centres de formation et les entreprises.

Il promeut des formations axées sur les besoins du marché dans les secteurs verts et l’économie numérique, en intégrant des approches d’apprentissage numériques.

Il améliore la participation aux programmes de formation, surtout pour les femmes, grâce à la sensibilisation aux exigences professionnelles et à des offres de formation modernisées, numériques et adaptées.

S. I.

Quatre priorités défendues par la GIZ Algeria

Au nom de la GIZ Algeria, Odile Mornet-Cariou, manager du projet AEDAII Amélioration des diplômé·e·s de l’enseignement professionnel, a insisté sur la nécessité de combiner quatre éléments, souligne GIZ dans une publication sur LinkedIn.
Le premier est «la production et l’utilisation de données sur les besoins actuels et futurs des entreprises, ainsi que sur le devenir des diplômé·e·s de la formation professionnelle». Sans chiffres fiables, expliquent en substance les partenaires, il est impossible d’ajuster l’offre de formation à la réalité du marché du travail. Le deuxième est la participation des acteurs pertinents, en particulier le secteur privé et les diplômé·e·s eux-mêmes, aux plateformes sectorielles de coordination. Celles-ci sont chargées de la conception, de la mise en œuvre et du suivi de plans d’action concrets. Le troisième est l’inclusion, c’est-à-dire garantir l’accès de toute la population à la formation professionnelle, «y compris de toutes les générations».

Le quatrième est l’utilisation du mapping des projets des partenaires au développement, l’« African Skill Landscape » (ASL). Cet outil a été développé conjointement par la commission de l’Union africaine, l’UNIDO et WorldSkills International, avec l’appui de l’UNESCO et de l’Organisation internationale du travail. Il vise à mieux coordonner les interventions, à éviter les duplications et à accroître la transparence, explique la même source.

S. I.

Source : Ecotimes

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