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FIFA : Infantino : 43 pour le faire tomber ? (Ahmed Bessol)

FIFA : Infantino : 43 pour le faire tomber ? (Ahmed Bessol)

Panique à bord à la FIFA. Après la Suède, la Serbie et le pays de Galles, c’est désormais l’Écosse qui retire sa confiance à Gianni Infantino. Ian Maxwell, directeur général de la Fédération écossaise, a confirmé que son instance voterait contre le président de la FIFA lors de la prochaine élection. Une défection de plus pour un homme dont le quatrième mandat, prévu en mars 2027, semblait pourtant jusque-là promis à une tranquille formalité.

Comme si cela ne suffisait pas, le numéro 3 de la FIFA, le Français Kevin Lamour, vient d’être licencié. Directeur des opérations, l’ancien responsable de l’UEFA avait publiquement désavoué le projet d’Infantino d’ouvrir certaines activités de la FIFA à des investisseurs privés. «Il s’agit du projet d’une seule personne», avait-il lancé fin juillet, avant d’ajouter : «Et si cela signifie que je perds mon emploi, qu’il en soit ainsi». Il l’a perdu.

La FIFA confirme la fin de sa relation de travail au 17 août, sans donner davantage d’explications. Coïncidence ? Sanction ? L’instance n’a évidemment pas présenté son départ comme une punition. Mais le calendrier interpelle. Et l’affaire donne une curieuse image de la liberté de parole au sommet de la FIFA. Car Lamour n’est pas un cadre quelconque. Son départ intervient au moment précis où la contestation contre Infantino gagne du terrain. Et c’est ici qu’apparaît le chiffre 43.

La FIFA compte 211 associations membres. Ses statuts prévoient qu’un Congrès extraordinaire peut être convoqué à la demande écrite d’un cinquième des membres, soit 43 fédérations. Ces 43 ne suffiraient pas, à elles seules, à destituer Infantino. En revanche, elles pourraient imposer la tenue d’un Congrès extraordinaire, où son maintien pourrait être politiquement mis en jeu. Et sa destitution tout à fait envisageable.

La nuance est importante. Mais le simple fait que ce scénario puisse désormais être évoqué change la nature de la crise. Jusqu’ici, l’objectif des opposants était de battre Infantino lors de l’élection de mars 2027. Demain, pourquoi ne chercheraient-ils pas à provoquer son départ avant même cette échéance ? Et n’est-ce pas le but recherché ?

Tout dépendra évidemment de la capacité de l’opposition à dépasser les frontières européennes. L’UEFA semble avoir pris ses distances, tandis que d’autres confédérations et certaines fédérations commencent à afficher leurs réserves. En Afrique, Patrice Motsepe demeure pour l’heure un soutien important
d’Infantino, mais des signes de malaise apparaissent également.

Le président de la FIFA n’est donc pas encore en danger immédiat. Il conserve des soutiens et dispose d’une organisation puissante. Mais une élection se gagne avec des voix, et une crise de pouvoir commence souvent par des voix qui disparaissent. Infantino comptait hier ses soutiens. Ses adversaires comptent désormais les défections. Et entre les deux, un chiffre pourrait devenir le plus surveillé des prochains mois : 43.

Ahmed Bessol

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