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Le soutien de la CAF à Gianni Infantino et la question des voix en Afrique

Le soutien de la CAF à Gianni Infantino et la question des voix en Afrique

  • Le Comité exécutif de la Confédération africaine de football a pris position en faveur de Gianni Infantino.
  • Il existe une différence entre ce soutien institutionnel et les 54 bulletins des fédérations africaines.
  • L'histoire des élections de la FIFA montre qu'il n'existe pas de véritable unité de vote en Afrique.
  • Le cas de l'arbitre Omar Artan illustre les tensions et la complexité des relations entre instances.
  • Les rivalités régionales et les intérêts nationaux pèsent souvent plus lourd que les consignes officielles.

À Zurich, on aime compter les voix. À la CAF, on préfère parfois compter les soutiens. Le communiqué du Comité exécutif de la Confédération africaine de football en faveur de Gianni Infantino peut donner l’impression d’un front africain parfaitement soudé. Mais entre un soutien institutionnel et les 54 bulletins africains, il y a une différence que personne ne devrait oublier.

Le Comité exécutif de la CAF a pris position. C’est son droit. Mais il ne faut pas transformer cette décision en mandat donné par les 54 fédérations africaines. Chacune d’elle, dispose de son propre bulletin et, de ses propres intérêts. Depuis 1998, ceux qui suivent les élections de la FIFA savent qu’il n’existe pas de véritable unité de vote africaine. Les rivalités entre zones, les ambitions personnelles et les intérêts nationaux ont souvent pesé plus lourd que les consignes officielles.

La Somalie offre justement un exemple qui mérite attention. Le cas de l’arbitre international Omar Artan avait déjà montré combien les relations entre la maison impériale de Zurich, la CAF et les fédérations nationales pouvaient être complexes . Le comportement soumis de Gianni Infantino devant le refus américain de refuser l’entrée à l’arbitre durant le Mondial a été non seulement scandaleux et humiliant pour le continent africain mais il a également courroucé le Monde. Une première dans l’Histoire.

Plus tard quand Omar Artan a été désigné par un contre-pied de l’UEFA pour arbitrer
la Supercoupe d’Europe, avec l’accord de la CAF, ce choix a été applaudi par l’ensemble de la planète football. Et l’accueil officiel et populaire réservé à Omar Artan au pays dans un stade plein à craquer accompagné de slogans hostiles à Infantino risque de coûter, au final, si la CEFACA s’en mêle avec un effet d’enchaînement au niveau d’autres zones. Il existe des rivalités susceptibles de casser les votes bloquants.

C’est précisément là que le soutien du Comité exécutif de la CAF doit être regardé avec prudence. Certes, il constitue un signal politique important, mais il ne règle pas pour autant la question des 54 voix. L’Afrique n’est pas un bloc électoral automatique. Elle ne l’a jamais été. Les différentes zones ont leurs propres équilibres, leurs rivalités et parfois leurs propres candidats ou intérêts à défendre. Le rendez-vous, notamment au Cap-Vert, permettra d’en savoir un peu plus.

– AB. LAHOUARI

Source : Foot Afrique

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