Infantino aurait-il trouvé le moyen de reprendre la main sur le football africain tout en accentuant
les divisions avec l’UEFA ? Il y a des revirements qui méritent des explications. En décembre 2025, la CAF annonce que la Coupe d’Afrique des nations passera à quatre ans, après l’édition 2028. Dix mois plus tard, retour à la case départ. Au Cap-Vert, Patrice Motsepe rouvre le dossier. La CAN pourrait retrouver son rythme biennal. Les fédérations sont désormais consultées.
À l’époque du grand baobab, Issa Hayatou, la question ne se posait pas de la même manière. L’ancien président de la CAF avait défendu le principe d’une CAN tous les deux ans, malgré les pressions liées au calendrier européen et aux intérêts des clubs employant les internationaux africains. Avec la réforme annoncée en décembre 2025, le football africain semblait avoir accepté de revoir ses ambitions à la baisse pour faciliter la synchronisation du calendrier mondial. La Ligue des nations africaine devait compenser la disparition d’une CAN biennale.
Au Cap-Vert, le président de la FIFA a retrouvé les dirigeants africains au moment où se prépare la bataille pour la présidence de la FIFA. Infantino sait qu’une CAN tous les deux ans serait populaire auprès de nombreuses fédérations. Elle préserverait une compétition majeure pour les diffuseurs, les sponsors et les finances de la CAF et raviverait le conflit avec les clubs européens, soucieux de conserver leurs internationaux. Au final, elle diviserait l’Afrique et l’UEFA et, du coup, Infantino se présenterait comme le défenseur des intérêts africains. Le tour est joué.
Hayatou avait choisi de résister. La CAF d’aujourd’hui semble chercher un compromis, puis revenir sur ce compromis. Entre les deux, une question demeure : qui fixe réellement les priorités du football africain ?
– AB. LAHOUARI





























