Après la tempête provoquée par l’affaire FIFA Forward Enterprise, la CAF va réunir les présidents des 54 fédérations africaines au Cap-Vert. Une conférence stratégique officiellement consacrée à l’avenir du football africain. Mais le rendez-vous intervient à un moment où le soutien à Gianni Infantino est de plus en plus contesté ailleurs. Du 7 au 9 octobre, Santa Maria accueillera également le président de la FIFA Gianni Infantino.
Officiellement, il sera question de développement, de financement et de l’avenir du football africain après la Coupe du monde -2026. Mais le calendrier donne à cette rencontre une autre dimension. Depuis l’abandon du projet FIFA Forward Enterprise, la contestation contre Infantino s’est amplifiée. UEFA, AFC et CONCACAF ont exprimé leur opposition au projet et, en Europe, plusieurs fédérations ont pris leurs distances avec le président de la FIFA.
L’Afrique, elle, reste pour moitié dans le camp d’Infantino. Le Comité exécutif de la CAF a réaffirmé à l’unanimité son soutien au président de la FIFA. Mais entre une position du Comité exécutif et les 54 bulletins d’un Congrès, il existe une différence de taille. C’est là que se situe le véritable enjeu du Cap-Vert. Motsepe pourra-t-il réellement maintenir une position africaine commune jusqu’au Congrès de la FIFA de mars 2027 ? Rien ne permet encore de répondre à cette question.
Les observateurs soulignent d’ailleurs que les 54 voix africaines pourraient peser lourd dans l’élection. D’où les rapports de force au sein de la CAF méritent d’être observés. Fouzi Lekjaa et Hany Abo Rida siègent à la fois au Comité exécutif de la CAF et au Conseil de la FIFA. Leur influence dans les deux instances constitue un élément du paysage institutionnel africain. Mais ils n’ont de cesse d’imposer une ligne à Motsepe.
Une chose est certaine : Infantino aura besoin d’une Afrique soudée. Le Cap-Vert pourrait donc devenir beaucoup plus qu’une simple conférence stratégique. Il sera aussi un test pour mesurer la solidité du front africain. Car en matière d’élections, les déclarations d’aujourd’hui ne valent pas nécessairement les bulletins de demain.
– AHMED BESSOL




























