Du 7 au 9 octobre prochain, c’est au Cap-Vert que les 54 associations membres de la CAF vont se retrouver pour une conférence stratégique. Et le président de la FIFA, Gianni Infantino, y est invité. Pour une fois, l’Afrique devrait profiter de sa présence pour lui parler franchement de l’avenir du football africain. Il ne faudra pas attendre le 15 octobre et la réunion du Conseil de la FIFA dont la majorité des membres de la CAF sont à sa dévotion. (notre photo : Motsepe au centre encadré par Infantino et Veron).
L’occasion est donc rêvée. Non pas pour écouter une nouvelle fois le président de la FIFA expliquer à l’Afrique ce que Zurich pense être bon pour elle, mais pour lui demander ce que Zurich compte faire avec l’Afrique. Une question mérite d’être posée sans détour : pourquoi ne pas recruter davantage d’Africains à la FIFA ? Des Africains compétents, expérimentés, connaissant les réalités du football du continent et capables de travailler à Zurich autrement qu’en visiteurs occasionnels.
L’Afrique ne manque ni de compétences ni de cadres. Elle ne demande pas un traitement de faveur. Elle peut donc réclamer que ses propres compétences soient considérées lorsqu’il s’agit de pourvoir des postes importants au siège de la FIFA. Car le football africain ne peut pas éternellement être gouverné à distance, avec des décisions conçues ailleurs. Et lorsque des responsabilités africaines sont confiées à des personnalités venues d’ailleurs, la question de la connaissance réelle du terrain mérite au minimum d’être posée.
Mais ce n’est qu’une proposition parmi d’autres. La CAF pourrait également demander davantage de transparence dans les recrutements, une présence africaine renforcée dans les secteurs stratégiques de la FIFA, une meilleure formation des cadres africains et une véritable filière permettant aux compétences du continent d’accéder aux responsabilités internationales. Ce serait d’autant plus logique que la FIFA elle-même présente le développement des capacités administratives et professionnelles des associations africaines comme un objectif important.
Voilà pourquoi, la conférence du Cap-Vert ne doit pas être seulement un grand rendez-vous consacré aux performances des dix sélections africaines au Mondial 2026 et à la préparation de 2030. La CAF qui indique vouloir rendre le football africain «mondialement compétitif» et plus autonome, devrait présenter à Infantino une véritable feuille de route : plus de cadres africains à Zurich, plus de transparence dans les nominations, davantage de responsabilités pour
les compétences du continent, et une représentation qui ne soit pas seulement arithmétique au moment des élections.
L’Afrique ne demande pas la charité, elle demande sa place.
Ahmed Bessol


























