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FIFA : Infantino accusé de manquement à la neutralité politique

FIFA : Infantino accusé de manquement à la neutralité politique

  • L'ONG FairSquare accuse Infantino de manquement grave aux devoirs de loyauté et de neutralité politique.
  • Le dossier est désormais entre les mains de la commission d’éthique de la FIFA.
  • Le nom de Donald Trump revient dans les huit incidents recensés par l'organisation.
  • La Belgique ne soutiendra pas Infantino lors des prochaines échéances électorales de la FIFA.
  • L'article souligne la nécessité de préserver l'indépendance et l'éthique du football mondial.

À force de brouiller les frontières entre football, pouvoir et politique, Gianni Infantino finit par se retrouver rattrapé par ses fréquentations. Le reproche n’est pas nouveau, mais il prend aujourd’hui une dimension qui dépasse les querelles de personnes : il touche à la morale sportive et aux devoirs qui devraient s’imposer à tout dirigeant du mouvement sportif international.

L’ONG britannique FairSquare, qui avait déjà saisi le CIO en juillet dernier en dénonçant ce qu’elle considère comme des atteintes répétées à la neutralité politique du président de la FIFA, revient à la charge. Elle accuse désormais Infantino de «manquement grave aux devoirs de loyauté et de neutralité politique» liés à sa fonction. En août, l’organisation avait même demandé son inéligibilité. Le dossier est désormais entre les mains de la commission d’éthique de la FIFA.

Au-delà du bien-fondé de ces accusations, une question se pose : quelle image le football mondial renvoie-t-il lorsque son premier dirigeant apparaît aussi régulièrement aux côtés des puissants ? Le nom de Donald Trump revient dans les huit incidents recensés. Que tous ces épisodes aient ou non la même portée, leur accumulation nourrit le malaise. Car le football ne peut pas proclamer sa neutralité tout en donnant le sentiment que ses dirigeants évoluent au cœur des jeux de pouvoir.

L’épisode du carton rouge retiré à Folarin Balogun avant le huitième de finale contre la Belgique a notamment alimenté les interrogations. La Belgique a depuis annoncé qu’elle ne soutiendrait pas Infantino lors des prochaines échéances électorales de la FIFA, en réclamant davantage de transparence sur cette affaire. Il ne s’agit donc plus seulement de savoir qui fréquente qui. Il s’agit de savoir quelle conception de la gouvernance sportive nous voulons défendre.

La FIFA a besoin de dirigeants capables de protéger son indépendance, de prévenir les conflits d’intérêts et de placer l’éthique au-dessus des intérêts particuliers. Le football a grandi parce qu’il repose aussi sur des valeurs : l’équité, le respect des règles, la loyauté et l’égalité entre les acteurs. La puissance d’un président ne se mesure pas au nombre de chefs d’État qu’il côtoie, mais à sa capacité à préserver l’indépendance de l’institution qu’il dirige. Le football n’est pas politique et ses dirigeants doivent avoir une morale sportive irréprochable.
– AB. LAHOUARI

Source : Foot Afrique