Sur le plan comptable, le début de l’ère Brahim Hemdani est plutôt satisfaisant. Deux matches, quatre points récoltés, une victoire à domicile contre la Zambie (3-1) et un nul arraché à Bujumbura face au Burundi (2-2) : difficile, à première vue, de faire la fine bouche.
Par Mahfoud M.
Pourtant, derrière ce bilan qui permet à l’équipe nationale de rester dans une position favorable dans ces éliminatoires de la CAN-2027, la production des Verts soulève de nombreuses interrogations. Plus inquiétant encore, certaines erreurs commises au cours de ces deux rencontres auraient pu coûter beaucoup plus cher.
Face à la Zambie, l’Algérie avait déjà montré des signes de fébrilité, notamment après avoir laissé les Chipolopolo revenir au score. Le but encaissé est venu sanctionner une erreur de Mastil, qui n’a pas affiché toute la sérénité attendue à ce niveau. Heureusement pour les Verts, la réaction offensive a permis de remettre rapidement l’équipe sur les rails. Le réveil de Maza et l’entrée en force de Hadj Moussa ont notamment apporté davantage de percussion et permis à l’Algérie de reprendre le contrôle du match pour finalement s’imposer 3-1.
Mais cette capacité à se reprendre ne peut pas constituer, à elle seule, une garantie pour la suite. Car à Bujumbura, les mêmes insuffisances sont réapparues, avec des conséquences beaucoup plus lourdes. En moins de douze minutes, les Hirondelles ont réussi à inscrire deux buts et prendre les commandes d’une rencontre que les Algériens avaient pourtant abordée avec l’ambition de confirmer leur victoire inaugurale. Mastil s’est encore retrouvé impliqué dans une erreur, alors que Bensebaïni, pourtant l’un des joueurs les plus expérimentés de cette équipe, a lui aussi commis une faute inhabituelle qui a facilité la tâche des Burundais.
L’Algérie s’est ainsi retrouvée dans l’obligation de courir derrière le résultat. Une situation qui a mis en évidence un manque de maîtrise et de concentration particulièrement préoccupant dans les premières minutes. Les Verts ont néanmoins trouvé les ressources nécessaires pour revenir grâce à Belloumi et Boulbina et repartir avec un point précieux. Mais, là encore, le contenu n’a pas été à la hauteur des attentes.
Hemdani a expliqué que les conditions entourant la rencontre et l’entame difficile de ses joueurs pouvaient expliquer certaines difficultés.
Des erreurs de débutants en défense
Cet argument peut être entendu, mais il ne suffit pas à masquer les responsabilités qui reviennent également au sélectionneur. Ses choix, son organisation et surtout sa capacité à corriger rapidement les lacunes observées seront désormais scrutés avec davantage d’attention. Car si une équipe peut ponctuellement s’en sortir grâce à son caractère et à ses individualités, elle ne peut espérer aller loin en répétant les mêmes erreurs.
Le principal chantier concerne clairement le secteur défensif. La défense manque encore de coordination et de concentration, tandis que le poste de gardien constitue une véritable source d’interrogation après les deux prestations de Mastil. À ce niveau, l’Algérie a besoin d’un portier capable de rassurer ses défenseurs et de transmettre de la sérénité à toute l’équipe. Le retour de Lucas Zidane, après avoir purgé ses deux matches de suspension, pourrait offrir une nouvelle solution à Hemdani.
Le sélectionneur dispose donc de quelques jours pour tirer les enseignements de ces deux premières sorties et remettre de l’ordre dans son groupe. Le prochain rendez-vous, le 6 octobre à Tizi-Ouzou face au Niger, arrive à point nommé. Ce match amical devra permettre à Hemdani de poursuivre sa revue d’effectif, de tester d’autres associations et surtout de trouver des réponses aux problèmes qui commencent déjà à apparaître. Car les points sont là, mais les certitudes, elles, se font encore attendre.
M. M.
























