La condamnation sportive de Manchester City ouvre un nouveau front au Royaume-Uni. L’affaire prend une dimension politique. Après la décision d’une commission indépendante de reconnaître le club coupable de graves manquements aux règles financières de la Premier League entre 2009 et 2018. Et l’actuel Premier ministre britannique Andy Burnham, ancien maire de Manchester se retrouve sous le feu des critiques. Il n’est pas le seul.
Le propriétaire majoritaire émirati de Manchester City, Cheikh Mansour ben Zayed Al Nahyan qui est également vice- président des Émirats arabes unis, se retrouve lui aussi au centre de cette controverse qui dépasse le cadre sportif. Entre accusations d’infractions financières et interrogations sur son influence économique, le dossier soulève la question de la place des grands investisseurs du Golfe.
Le Premier ministre Andy Burnham est critiqué pour ses déclarations soulignant la contribution des propriétaires émiratis au développement de Manchester. Il avait exprimé son inquiétude de voir le cheikh d’Abou Dhabi céder le club. Des propos interprétés par l’opposition entre un mélange : intérêts économiques et procédure sportive alors que The Telegraph annonçait que les émiriens allaient retirer des milliards d’investissements au Royaume-Uni, en représailles.
Au-delà du cas de City, cette affaire remet en débat le poids des capitaux du Golfe dans le football européen. Les investissements peuvent transformer des clubs et des villes, mais ils ne sauraient placer leurs bénéficiaires à l’abri des règlements. La question est désormais celle de l’égalité devant les règles : les clubs soutenus par de puissants investisseurs sont-ils soumis aux mêmes exigences que les autres ?
C’est à la justice sportive et non aux rapports de force économiques ou politiques d’apporter la réponse. Ainsi, dans les stades comme à Liverpool où Erling Haaland et ses coéquipiers ont été conspués. Ils sont jugés responsables de la triche dont s’est rendu coupable Manchester City pendant près de 10 ans. Les nombreux chants des supporters de Liverpool : «Tricheurs, tricheurs, tricheurs» qui raisonnent en Angleterre sont un message clair. Et le dossier est loin d’être clos.
YANIS. B




























