Le MC Alger vient de tirer la sonnette d’alarme contre les maillots et produits contrefaits portant son nom, son logo ou sa marque. Une affaire commerciale, certes. Mais le problème est peut-être beaucoup plus grave. Car le MCA n’est manifestement pas le seul club à devoir défendre son identité. D’autres suivent la même «flèche», avec parfois des banderoles, des fresques murales et des récits qui vont jusqu’à réécrire l’histoire. Là, on ne contrefait plus seulement un maillot : on contrefait la mémoire.
Le cas du MC Oran fondé en 1946 est particulièrement sidérant. Alors que l’existence d’un soi-disant ancêtre du club avant sa création officiellement établie n’est à ce jour, étayée par aucune preuve historique incontestable, le CSA conserve un mutisme complet et penche pour un Mouloudia de 1917. Et des fresques et des affirmations continuent de présenter certaines versions comme des vérités acquises. Pourquoi ce silence ? Lorsqu’il s’agit de l’histoire d’un club, le devoir du CSA n’est-il pas précisément de protéger cette histoire, archives et documents à l’appui, plutôt que de laisser prospérer les approximations ? A moins d’être complice !
Le football algérien mérite mieux que cette récréation. Chaque club possède une histoire, des archives, des dirigeants, des joueurs, des dates et des générations de supporters. On ne peut pas les modifier au gré des slogans, des fresques ou des réseaux sociaux. Le CSA des clubs concernés a donc un rôle essentiel à jouer. Il lui appartient de défendre le patrimoine et l’identité de son association, documents à l’appui, et de réagir lorsque des contre- vérités sont transformées en vérités populaires.
Et pendant ce temps, que fait la Fédération ? Elle semble regarder le spectacle depuis
les tribunes. Pourtant, lorsque l’histoire des clubs algériens est déformée, c’est aussi l’image du football national qui est atteinte. À l’heure où notre football cherche à renforcer sa crédibilité à l’international, il serait peut-être temps de ranger les pinceaux, les slogans et les fausses certitudes. Un maillot contrefait se remplace. Une histoire falsifiée peut, elle, s’installer dans les mémoires. Il est temps de mettre fin à la récréation.
YANIS. B





























