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Reflexions sur le journalisme sportif la deontologie et la confiance du public

Reflexions sur le journalisme sportif la deontologie et la confiance du public

  • La corporation des journalistes est souvent discutee dans les cafes du commerce sans distinction claire.
  • Le monde du journalisme sportif oppose les professionnels independants aux acteurs pris dans les influences.
  • La deontologie impose de verifier les informations sans devenir le porte-voix des dirigeants.
  • Le public a tendance a accepter rapidement les rumeurs sans verifier les preuves avancees.
  • Le lecteur doit conserver son esprit critique pour eviter d etre manipule par l information.

Dans les cafés du commerce, la corporation n’a pas toujours bonne presse. et, malheureusement, l’on ne distingue pas comme il se doit les deux catégories de journalistes : les aigles et les pigeons. Derrière cette image familière se cache une question autrement plus sérieuse : à qui peut-on faire confiance et comment reconnaître une information fiable, sans s’intéresser aux techniques rédactionnelles qui demandent des études sérieuses et la maîtrise de la langue véhiculaire ?

Dans le petit monde du journalisme sportif, les réputations se font et se défont au gré des publications et des soutiens. Les uns prennent de la hauteur, vérifient leurs informations et revendiquent leur indépendance. Les autres se laissent souvent entraîner dans les jeux d’influence, les querelles de clans et les intérêts particuliers. C’est ainsi que les cafés du commerce débattent au quotidien de ce sujet sans distinguer les aigles et les pigeons.

L’image est amusante, mais le sujet ne l’est pas. Car derrière cette classification populaire se pose la question de la déontologie. Un journaliste n’est pas un simple relais de déclarations, encore moins le porte-voix d’un dirigeant, d’un club ou d’une fédération. Sa première responsabilité est envers le lecteur. Vérifier, recouper, distinguer les faits des commentaires et ne pas transformer une rumeur en information constituent les règles élémentaires du métier.

Mais le problème ne concerne pas uniquement ceux qui tiennent la plume ou le micro, quand bien même «tout le monde saurait parler, mais tout le monde ne saurait pas écrire». Il concerne aussi ceux qui les lisent et les écoutent. Trop souvent, une information publiée est accueillie comme une vérité établie. Un titre accrocheur suffit parfois à emporter l’adhésion. Une révélation annoncée sans preuve devient une certitude, une accusation se transforme en verdict et une rumeur finit par faire office d’information.

Le lecteur doit pourtant se poser quelques questions : qui avance cette affirmation ? Sur quelles preuves repose-t-elle ? À qui profite-t-elle ? Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, proximité et indépendance, exclusivité et vérité. Le journaliste peut se tromper, mais il doit pouvoir justifier son travail, reconnaître ses erreurs et rectifier ses publications. Quant au lecteur, il ne doit pas abandonner son esprit critique.

Au fond, les aigles et les pigeons ne sont pas seulement une affaire de réputation parfois illusoire dans les cafés. C’est une manière de rappeler que le journalisme sportif a des responsabilités et que le public a des droits. Le danger ne vient pas uniquement de ceux qui diffusent des informations douteuses, mais aussi de ceux qui les accueillent sans discernement. La confiance est précieuse, mais elle ne doit jamais remplacer le jugement. Le lecteur a le droit d’être informé, pas d’être manipulé.Et ne jamais oublier que l’aigle vole très faut et que le pigeon vole très bas.

– AHMED BESSOL

Source : Foot Afrique

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