Il n’est pas arrivé dans le football par les chemins habituels. De l’université à l’entreprise publique, de la boxe aux plateaux de télévision, Djamel Messaoudène (66 ans) a emprunté un itinéraire peu ordinaire. À 66 ans, cet homme de culture a fait de la parole libre et de la connaissance du football les marques de son identité. En 2009, il a rejoint la grande famille du ballon rond pour présider le CA du CA Bordj Bou Arreridj (CABB) puis en 2018, il est à la vice-présidence de la Ligue professionnelle de Football où il dénonce avec fracas son dysfonctionnement.
La boxe lui a sans doute transmis le goût de l’effort, de la discipline et de l’engagement. L’université lui a apporté la rigueur intellectuelle. Quant à ses longues années dans le monde de l’entreprise (26 ans), elles lui ont donné une expérience du management et des hommes. Grand amateur de lecture, Messaoudène a cultivé au fil des années une aisance dans l’expression et une capacité à développer ses idées. Sur les plateaux de télévision, son éloquence ne passe pas inaperçue. Il argumente, explique, développe et assume ses positions, ce qui lui vaut le respect des télespectateurs.
Cette manière de s’exprimer lui a progressivement permis de s’imposer parmi les meilleurs consultants ( les aigles) qui comptent dans le paysage audiovisuel sportif. Pour lui, le football ne se résume pas à un résultat, à un classement, une performance individuelle ou un fonds de commerce. C’est aussi une culture, une école de valeurs et un espace où le respect doit rester une règle fondamentale. Sa conception du football ne laisse donc aucune place aux comportements de certains voyous ou de pigeons devenus milliardaires. Il défend une vision où la compétence, l’éthique et la responsabilité doivent accompagner le jeu.
Aujourd’hui à 66 ans, Djamel Messaoudène continue de faire entendre sa voix. Son parcours, sa culture générale et son parler vrai constituent les principaux traits de son identité médiatique. Sa disponibilité également. Dans notre distinction entre les aigles et les pigeons du journalisme sportif, il appartient à la première catégorie. Et cela non pas pour le plaisir d’une étiquette, mais parce qu’un consultant doit avant tout éclairer le débat, transmettre des connaissances et aider le public à comprendre le football. Un aigle ne se définit pas seulement par son regard. Il se reconnaît aussi à sa manière de prendre de la hauteur. Il vole haut Messaoudène !
AHMED BESSOL LAHOUARI





























