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Six nouveaux outils déployés sur Dzaïr Digital Services : L’Energie se décloisonne

Six nouveaux outils déployés sur Dzaïr Digital Services : L’Energie se décloisonne

Jeudi dernier, le Haut-Commissariat à la Numérisation (HCN) a déployé six nouveaux services sur le portail national Dzaïr Digital Services, en coordination étroite avec le ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables.

Concrétisant les orientations directes édictées par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors du Conseil des ministres du 12 juillet écoulé, cette étape vise à étendre l’éventail des prestations dématérialisées tout en renforçant l’interopérabilité intersectorielle.

Ce nouveau lot de fonctionnalités numérise l’essentiel des démarches liant usagers, opérateurs économiques et structures publiques dans le domaine de l’électricité et du gaz.

La mise en ligne regroupe six applications aux finalités très ciblées. Du côté de la régulation, la plateforme E-SANED, développée par la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG), centralise la délivrance des autorisations d’exploitation et la gestion des déclarations relatives aux installations de production.

Toujours sous l’égide de la CREG, l’outil ILTIMESS permet aux citoyens de suivre en temps réel le traitement de leurs recours administratifs. Le volet efficacité énergétique s’appuie, quant à lui, sur la plateforme E-Tarcheed, chargée de la traçabilité et de l’exécution des programmes de rationalisation de la consommation.

Enfin, la relation commerciale de Sonelgaz avec ses abonnés se voit modernisée par le simulateur de facturation Fatourati, le paiement électronique à distance via les cartes bancaires et la carte Edahabia d’Algérie Poste, ainsi que l’espace client unifié e-Taqaty.

Réduction des délais de mise en service des infrastructures énergétiques

Au-delà de la mise à disposition de nouvelles interfaces, la portée stratégique de cette intégration réside dans son effet cumulatif sur la productivité nationale. En accélérant la délivrance d’une autorisation d’exploitation, l’administration réduit directement les délais de mise en service des infrastructures énergétiques industrielles.

De même, en permettant le règlement d’une facture depuis un terminal mobile, le système libère des heures de travail autrefois perdues dans les files d’attente des guichets. En regroupant des procédures historiquement morcelées au sein d’un point d’accès unique, l’État abandonne la simple numérisation de comptoir pour adopter une logique structurante d’agrégation de services.

Cette dynamique s’inscrit dans un calendrier opérationnel rigoureusement balisé. Officialisé le 5 juillet dernier, avec un noyau initial de 21 services confirmés par la tutelle, le portail national intègre une feuille de route progressive ciblant 62 prestations fin 2027, puis un catalogue global de 350 démarches à l’horizon 2028.

Cette méthode d’intégration par vagues sectorielles fait suite aux phases pilotes conduites au printemps de cette année auprès de plus de 1.700 usagers testeurs. Elle repose sur des protocoles de cybersécurité éprouvés en concertation avec l’Agence de sécurité des systèmes d’information (ASSI), garantissant la résilience des serveurs centraux avant toute hausse brutale de la fréquentation usager.

Suppression des ruptures de chaîne numérique

Néanmoins, l’allongement continu du catalogue d’applications en ligne ne constitue qu’un indicateur de moyens et ne garantit pas à lui seul la réussite du processus. La véritable valeur ajoutée de cette transition se mesurera à la transformation réelle des circuits décisionnels sous-jacents.

Le déploiement du volet énergétique met en lumière deux impératifs stratégiques majeurs : d’une part, le décloisonnement effectif des bases de données institutionnelles afin d’éviter la collecte redondante d’informations déjà détenues par d’autres ministères ; d’autre part, la suppression définitive des ruptures de chaîne numérique.

De plus, cette interconnexion exige un changement profond de culture managériale au sein même du corps administratif. La conduite du changement doit impérativement accompagner l’outil informatique : former les agents aux nouvelles compétences numériques, repenser la hiérarchie de validation des actes administratifs et valoriser la donnée publique comme un levier de pilotage quotidien.

Sans cette acculturation interne, le portail risque de n’être qu’une vitrine moderne recouvrant des habitudes managériales inchangées.

T. A. L.

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