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Marché gazier italien : L’Algérie consolide sa position

Marché gazier italien : L’Algérie consolide sa position

L’Algérie consolide sa position sur le marché gazier italien. Au cours du premier semestre 2026, les exportations algériennes de gaz naturel vers l’Italie via gazoduc ont atteint 11,4 milliards de mètres cubes, en hausse de 4,3% sur un an. Une progression particulièrement significative dans un marché italien quasiment stable, où la demande n’a augmenté que de 0,2% sur la même période. C’est ce que révèle le média italien spécialisé « Qualenergia ».

Cette évolution permet à l’Algérie de couvrir désormais 34,7 % de la consommation italienne de gaz, confirmant son statut de premier fournisseur par gazoduc.

Le contraste avec l’évolution globale du marché est révélateur. Entre janvier et juin, l’Italie a consommé environ 32,9 milliards de m³ de gaz naturel, contre 32,83 milliards un an auparavant. La hausse ne représente donc qu’environ 70 millions de m³.

Dans le même temps, les volumes algériens ont progressé d’environ 470 millions de m³. Autrement dit, la performance de l’Algérie ne repose pas sur une expansion générale de la demande italienne. Elle traduit surtout un gain de parts de marché, dans un contexte marqué par le recul de plusieurs fournisseurs.

D’ailleurs, l’écart avec les autres fournisseurs acheminant leur gaz par pipeline s’est nettement accentué. L’Azerbaïdjan, deuxième fournisseur, a livré environ 4,9 milliards de m³ via le gazoduc TAP, soit moins de la moitié des volumes algériens.

Les approvisionnements en provenance du nord de l’Europe ont, pour leur part, reculé de 17,1 %, à environ 3,4 milliards de m³. Les flux libyens ont connu une contraction encore plus importante, tombant à seulement 188 millions de m³. Cette recomposition profite directement au gaz algérien, dont la compétitivité est renforcée par l’existence d’une infrastructure de transport directe entre les deux pays.

Le gazoduc TransMed, reliant l’Algérie à l’Italie via la Tunisie et la Méditerranée, constitue ainsi un atout stratégique. Il permet d’assurer des livraisons régulières sans dépendre des capacités de transport maritime, des terminaux méthaniers ou des fluctuations du marché du fret.

Une importance croissante pour l’équilibre énergétique italien

La progression des importations algériennes intervient également alors que la production gazière italienne poursuit son recul. Celle-ci est passée d’environ 1,8 milliard de m³ au premier semestre 2025 à 1,5 milliard sur la même période en 2026. La production nationale ne représente ainsi qu’une faible fraction de la consommation italienne, tandis que les volumes fournis par l’Algérie représentent à eux seuls plus du tiers de la demande.

Cette situation renforce mécaniquement le poids des fournisseurs extérieurs dans la sécurité énergétique italienne. Elle donne également à l’Algérie un avantage stratégique, alors que Rome cherche à diversifier ses approvisionnements tout en réduisant sa dépendance au gaz russe.

Les importations russes ne représentent désormais qu’une part marginale du marché italien, très loin des niveaux observés avant la guerre en Ukraine. Le centre de gravité des approvisionnements s’est donc progressivement déplacé vers le sud de la Méditerranée.

Un partenariat qui dépasse les seuls volumes exportés

Pour l’Algérie, l’enjeu dépasse toutefois la progression des volumes. Le marché italien constitue l’un des principaux débouchés de Sonatrach en Europe et s’inscrit dans une relation énergétique plus large avec le groupe italien Eni.

Cette coopération couvre notamment l’exploration et la production d’hydrocarbures en Algérie, avec l’objectif commun d’accélérer la mise en production de nouveaux gisements.

Pour Alger, le développement de ces projets peut contribuer à maintenir les capacités d’exportation sur le moyen terme. Pour Rome, il s’agit de sécuriser une source d’approvisionnement géographiquement proche.

La présence de Sonatrach en Italie ne se limite d’ailleurs pas au gaz. Le groupe algérien possède également la raffinerie d’Augusta, en Sicile, renforçant ainsi son intégration dans le marché énergétique méditerranéen.

La hausse de 470 millions de m³ enregistrée au premier semestre représente mécaniquement davantage de volumes commercialisés par Sonatrach. Le montant exact des recettes supplémentaires dépend toutefois des formules contractuelles et des prix appliqués, qui ne sont pas intégralement publics. Au-delà des revenus, la progression des parts de marché renforce surtout la position de négociation de l’Algérie.

Dans un marché européen confronté à la volatilité des prix et à la nécessité de sécuriser ses approvisionnements, disposer d’un fournisseur capable d’assurer des flux importants, réguliers et acheminés par pipeline constitue un avantage majeur. Si la tendance observée au premier semestre se maintient, les exportations algériennes pourraient ainsi atteindre un nouveau niveau annuel vers l’Italie.

Pour Sonatrach, le marché italien apparaît plus que jamais comme un actif commercial stratégique, à la fois source de recettes, débouché majeur pour le gaz algérien et levier d’influence énergétique en Europe.

K. B. 

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