Samuel Eto’o a décidé de parler. Et cette fois, il ne parle pas seulement au nom du Cameroun. Le président de la Fédération camerounaise de football appelle ouvertement les fédérations africaines à soutenir Gianni Infantino dans la course à la présidence de la FIFA. Une prise de position qui n’a rien d’anodin à quelques mois du Congrès électif prévu le 18 mars 2027 à Rabat.
Derrière son plaidoyer se cache une autre réalité. Eto’o ne défend pas seulement Infantino. Il va jusqu’à affirmer qu’avec des budgets annuels de 20 ou 40 millions de dollars, l’Afrique aurait pu retenir des joueurs comme Mbappé ou Tchouaméni. Or, le débat n’est pas là. Il est le produit d’un autre système où l’Etat est omniprésent, ce qui lui a permis de faire la carrière que l’on lui connaît sans aucun retour financier.
Cela dit, peut-on demander à 54 fédérations africaines de voter comme un seul homme ? C’est probablement là que se trouve la principale faiblesse de son appel. L’Afrique n’est pas un bloc. Les intérêts ne sont pas les mêmes, les relations avec Zurich diffèrent d’un pays à l’autre et les ambitions personnelles des dirigeants africains pèseront lourd dans le scrutin.
Il y a une autre question, beaucoup plus camerounaise celle-là. Eto’o parle-t-il au nom de l’Afrique ou au nom du Cameroun ? Depuis son arrivée à la tête de la FECAFOOT, l’ancien capitaine des Lions indomptables a souvent été au centre de débats, de conflits et de rapports de force. Son soutien à Infantino peut donc également être lu à travers le prisme de ses propres relations avec la FIFA et de la place qu’il entend occuper dans le football africain.
Ce qui est certain, c’est qu’Eto’o a choisi de monter au front. Infantino est contesté en Europe. Eto’o lui apporte l’Afrique. Mais l’Afrique lui répondra-t-elle d’une seule voix ? C’est toute la question. Car en mars 2027, il ne suffira pas de convaincre Eto’o. Il faudra convaincre l’Afrique. Et entre les deux, il y a une différence de taille.
AB. LAHOUARI





























