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FIFA : Infantino, vers une motion de défiance ? (Ahmed Bessol)

FIFA : Infantino, vers une motion de défiance ? (Ahmed Bessol)

Et si les retraits de confiance successifs finissaient par se transformer en motion de défiance ? La question, hier encore hypothétique, commence à prendre une certaine consistance à la FIFA. L’information révélée par Reuters est de taille : des responsables de l’UEFA, de l’AFC et de la Concacaf discuteraient de la possibilité d’un vote destiné à faire partir Gianni Infantino. Rien n’est encore décidé, et aucune procédure n’a été officiellement engagée. Mais le simple fait que cette hypothèse soit désormais étudiée dit beaucoup de l’état de la FIFA.

Car, pendant ce temps, les soutiens s’effritent. Après plusieurs prises de distance, c’est Sándor Csányi, président de la Fédération hongroise et l’un des huit vice-présidents du Conseil de la FIFA, qui vient de retirer officiellement son soutien à Infantino. Dans une lettre adressée au président de la FIFA, il affirme avoir « perdu la confiance » qu’il lui accordait et considère le licenciement de Kevin Lamour comme « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ». Le symbole est lourd. Ce n’est plus seulement l’opposition de fédérations ou de confédérations : le doute gagne désormais le cœur même de la gouvernance de la FIFA.

Et comme si cela ne suffisait pas, le mouvement gagne les tribunes. Une coalition internationale d’associations de supporters vient de lancer une pétition réclamant la démission d’Infantino et une profonde réforme de la FIFA. Football Supporters Europe, Football Supporters Africa et des organisations d’Amérique du Nord figurent parmi les soutiens à cette initiative. Alors, motion de défiance ? Pas encore. Mais le scénario n’est plus de la science-fiction. Il faudrait le soutien écrit d’au moins 43 des 211 fédérations membres pour provoquer la convocation d’un Congrès extraordinaire. C’est là que se situe désormais le véritable rapport de forces.

Infantino dispose encore de soutiens, notamment en Afrique et auprès de quelques fédérations arabes. Et si la bataille est engagée, on ne peut dire qu’elle est gagnée par ses adversaires. Mais une chose a changé : pour la première fois depuis le début de cette crise, la question n’est plus seulement de savoir comment Infantino va défendre son quatrième mandat en 2027. Elle est de savoir s’il pourra aller jusque-là. Le projet d’ouverture du capital de certaines activités commerciales de la FIFA a été abandonné. Les excuses ont été présentées. Mais la crise de confiance, elle, n’est manifestement pas enterrée.

Une motion de défiance ne se décrète pas. Elle se construit. Et les retraits de confiance qui se multiplient pourraient bien être les premières pierres de cette construction.

Avec Ahmed Bessol

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