Si Bruno Le Maire, ancien ministre d’Emmanuel Macron, continue à nier toute intention, concrète du moins, de se présenter à la prochaine course à l’Élysée, il présente cette semaine ce qui ressemble à s’y méprendre un plan de campagne électorale. En effet, à huit mois du premier tour de la prochaine course à l’Élysée, le Manifeste pour une autre France que publie Bruno Le Maire a pourtant tout du programme politique. Un terme que l’ancien locataire de Bercy refuse toutefois vis-à-vis de sa publication. «C’est un texte de conviction», assure-t-il dans un entretien dans la presse. «(…) Une vision nécessaire pour gagner collectivement en 2027. (…) Le meilleur est possible pour la France, à condition de tout repenser de A à Z. Ensuite viendra le temps du rassemblement autour du meilleur candidat. Ne nous enfermons pas, ouvrons le jeu. Tout commence». Une chose est sûre, Bruno Le Maire compte peser sur la présidentielle de 2027. Sinon comme candidat, du moins dans le débat, en proposant «une autre France, aux antipodes de la nouvelle France communautarisée de Jean-Luc Mélenchon ou de la petite France de Marine Le Pen», affirme-t-il. L’ancien responsable politique met l’accent sur «trois obsessions» : (…) rétablir l’autorité de l’État partout, tout le temps et pour tous, (…) garantir la prospérité par le travail et par la production (…), défendre notre indépendance européenne face à la Chine et aux États-Unis. Pour ce faire, Bruno Le Maire propose d’aller «vers une fédération d’États nations à six». Un programme possible à une condition : «Que nous nous écartions rapidement du spectre de la crise financière». Sans quoi la France pourrait, comme la Grèce à la fin des années 2000, tomber entre les mains de la Banque centrale européenne. «Les incertitudes politiques ont fait monter les taux à 4 %. La charge de la dette explose. À tout moment, les marchés peuvent réagir brutalement. Alors, la France ne sera plus libre». L’ancien ministre assure même avoir été écarté de Bercy par Emmanuel Macron après la dissolution de l’Assemblée Nationale en juin 2024 en raison de sa «détermination à rétablir les comptes et à mettre en œuvre [son] plan de redressement des comptes». Et d’ajouter : «Pour changer de modèle, il faut le connaître dans ses moindres rouages et dans toutes ses ruses». Au cours de l’entretien, Bruno Le Maire cite plusieurs mesures qu’il défend dans son manifeste. À commencer par «la désindexation des pensions de retraite, des aides sociales et du barème de l’impôt sur le revenu», la révision de «toutes les prestations pour les étrangers en situation irrégulière», «une réforme des retraites avec un âge légal de départ à la retraite à 65 ans et une part de capitalisation». Pour faire participer les plus aisés à l’effort de guerre, Bruno Le Maire propose aussi la mise en place d’un «dispositif similaire à ce qui a été fait pour Notre-Dame (…) afin que les grandes fortunes contribuent directement à la rénovation des hôpitaux publics ou des universités». Sont aussi évoqués une «augmentation immédiate du smic», «une organisation territoriale simplifiée, avec trois échelons seulement – État, régions et bloc communal», et un recours plus fréquent aux référendums «au niveau national comme au niveau local». Si la dette n’est pas une question de personnes, c’est le cas de la présidentielle. Et Bruno Le Maire dit ne pas croire en Édouard Philippe, Gabriel Attal, ou Bruno Retailleau. «Si un leader avec une vision claire s’était imposé, il n’y aurait pas autant de candidats», estime-t-il. Pourtant, malgré sa petite baisse de régime dans les sondages, Philippe a rallié Gérald Darmanin la semaine dernière, jusque-là candidat sous le pavillon Renaissance. Mais Marine Le Pen continue à dominer largement dans les intentions de vote et Jean-Luc Mélenchon commence même à gagner en Momentum. Toutefois, beaucoup d’observateurs attendent de voir si Emmanuel Macron, qui reste bien silencieux sur le sujet, finira par adouber un candidat pour 2027 et surtout qui ce sera. Son ancien proche partenaire Gabriel Attal, son ancien Premier ministre Édouard Philippe, ou bien encore un candidat inattendu à qui il remettra le manteau de nouveau chef de la macronie.




























