La régulation du marché en Algérie passe par la mise en place de mécanismes plus efficaces de contrôle des activités commerciales et d’organisation de l’approvisionnement. Dans ce contexte, les associations de protection des consommateurs préconisent le renforcement du contrôle numérique, l’implication des citoyens dans le signalement des infractions commerciales, ainsi que la réactivation du rôle des offices agricoles et le développement des capacités de stockage et de transformation.
Ces propositions s’inscrivent dans une approche globale qui ne se limite pas au renforcement des opérations d’inspection. Elles visent également à remédier aux dysfonctionnements des circuits de distribution des produits agricoles et à réduire les pertes liées au manque d’infrastructures de conservation, afin d’améliorer les conditions d’approvisionnement et de préserver le pouvoir d’achat des ménages.
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Contrôle numérique : le consommateur appelé à devenir un acteur de la régulation du marché
Le vice-président de l’Union nationale de protection des consommateurs, Kheddir Kribèche, estime que la préservation du pouvoir d’achat constitue une responsabilité collective nécessitant une coordination entre les pouvoirs publics, les services de contrôle, les commerçants et les producteurs. Il insiste également sur la nécessité de donner aux consommateurs des moyens plus efficaces pour signaler les pratiques commerciales illégales.
Dans cette perspective, la vigilance citoyenne apparaît comme un dispositif complémentaire au travail des services compétents. Elle permettrait aux consommateurs de faire remonter les préoccupations constatées sur le terrain et de signaler les infractions relevées dans les commerces, les marchés et les différents espaces de vente.
Cette participation ne concerne pas uniquement les irrégularités liées aux prix. Elle englobe également le défaut d’affichage des tarifs, le non-respect des conditions d’hygiène et de sécurité, ainsi que les pratiques susceptibles de porter atteinte aux droits des consommateurs et à la transparence des transactions commerciales.
Le responsable souligne toutefois l’importance de garantir la confidentialité des informations personnelles des personnes effectuant des signalements et d’assurer un traitement sérieux des réclamations. Ces garanties sont essentielles pour renforcer la confiance des citoyens dans les dispositifs de contrôle et encourager leur participation.
« Tawassol – Sawt El Moustahlik » : une plateforme pour faciliter les signalements
Parmi les outils numériques évoqués par le représentant de l’Union nationale de protection des consommateurs figure la plateforme « Tawassol – Sawt El Moustahlik » (Communication – La voix du consommateur). Celle-ci est appelée à faciliter les échanges entre les citoyens et les organismes chargés du contrôle commercial.
Son principe repose sur la possibilité de transmettre plus facilement les préoccupations constatées sur le terrain et de signaler les éventuels dépassements commerciaux. Les informations recueillies pourraient notamment aider les services concernés à identifier la nature des infractions et leur localisation, afin de mieux orienter leurs interventions.
Le recours à ce type de solution numérique pourrait ainsi réduire les délais de transmission des informations, simplifier le suivi des réclamations et améliorer la coordination entre les consommateurs et les organismes de contrôle.
Toutefois, l’efficacité de la plateforme dépendra de plusieurs conditions, notamment la simplicité de son utilisation, la clarté des procédures de signalement et la protection des données personnelles. Il sera également important de prévoir des mécanismes permettant de traiter effectivement les réclamations et d’informer les utilisateurs des suites qui leur sont réservées.
Les consommateurs sont par ailleurs invités à vérifier l’authenticité du lien officiel avant de communiquer leurs informations personnelles, et à s’assurer des fonctionnalités réellement disponibles, notamment la possibilité de joindre des photographies, de préciser une localisation géographique et de suivre l’évolution des signalements.
Offices agricoles : réduire les intermédiaires et mieux organiser l’approvisionnement
Parallèlement à la numérisation du contrôle commercial, l’Union nationale de protection des consommateurs met en avant la nécessité de renforcer le rôle des offices et des organismes publics spécialisés dans la régulation des produits agricoles.
Dans ce cadre, Kheddir Kribèche préconise le développement de mécanismes permettant l’acquisition directe des récoltes auprès des agriculteurs et des éleveurs, sur la base de cahiers des charges précis définissant les critères de qualité, les quantités et les prix.
Cette démarche pourrait contribuer à mieux organiser les circuits de commercialisation et à limiter la multiplication des intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs.
Les propositions portent également sur le renforcement des capacités de stockage et de distribution de ces organismes, ainsi que sur le développement de leurs moyens d’intervention en cas de déséquilibre entre l’offre et la demande.
Le responsable évoque aussi la possibilité de leur confier un rôle plus important dans la commercialisation des produits saisonniers et l’importation des produits connaissant des insuffisances d’approvisionnement en dehors des périodes de production locale, dans le respect des cadres légaux et réglementaires en vigueur.
Cette organisation devrait également permettre de préserver une marge bénéficiaire équitable pour les agriculteurs et les éleveurs, afin que ces derniers ne supportent pas seuls les conséquences des perturbations du marché.
Usines de transformation et chambres froides : limiter les pertes agricoles
Autre axe important des propositions avancées par les associations de protection des consommateurs : encourager les investissements publics et privés dans la création d’unités de transformation industrielle à proximité des grandes zones agricoles, tout en développant les infrastructures de stockage et de réfrigération.
Ces équipements revêtent une importance particulière pendant les périodes de forte production, lorsque certains produits agricoles connaissent une abondance sur les marchés. Il devient alors nécessaire de disposer de capacités suffisantes pour absorber les excédents et conserver les récoltes plus longtemps, plutôt que de les voir se détériorer faute de moyens de stockage adaptés.
La création d’usines de transformation, de chambres froides et d’entrepôts répondant aux normes pourrait ainsi contribuer à valoriser les surplus agricoles, à réduire les pertes et à fournir aux industries agroalimentaires les matières premières dont elles ont besoin.
Ces infrastructures permettraient également de mieux gérer les périodes de baisse de la production locale et de maintenir un approvisionnement plus régulier des marchés tout au long de l’année.
Le développement de cette chaîne logistique offrirait par ailleurs aux agriculteurs de meilleures conditions de commercialisation et contribuerait à préserver leurs revenus face aux fluctuations liées aux périodes de forte production.
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Protection du pouvoir d’achat : une responsabilité collective
À travers ces différentes propositions, les associations de protection des consommateurs défendent une approche globale de la régulation du marché, reposant sur la complémentarité entre le contrôle de terrain, les outils numériques, l’organisation des circuits de commercialisation et le développement des infrastructures agricoles.
La stabilité du marché ne dépend pas uniquement de la surveillance des prix et de la lutte contre les pratiques commerciales illégales. Elle nécessite également une amélioration des conditions de production, de stockage, de transport et de distribution, afin de garantir la disponibilité des produits à différentes périodes de l’année.
Dans l’attente de la concrétisation de ces propositions, la coordination entre les pouvoirs publics, les producteurs, les commerçants et les associations de protection des consommateurs, ainsi que la participation des citoyens au signalement des infractions, constituent des leviers importants pour soutenir les efforts de régulation du marché et de préservation du pouvoir d’achat en Algérie.





























