Dans le paysage gouvernemental algérien, le parcours de Noureddine Ouadah illustre le passage de la recherche scientifique à l’action publique. Docteur en robotique, il a d’abord travaillé dans un centre de recherche avant de rejoindre l’écosystème des start-up. Il dirige aujourd’hui le ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises. Son itinéraire témoigne de l’importance accordée à la recherche, à l’innovation et à l’accompagnement des jeunes entreprises dans la stratégie de diversification économique du pays.
Gouvernement Algérien 2026 liste officielle des membres du Gouvernement
Précision : les sources disponibles ne permettent pas de déterminer les dates exactes auxquelles il a exercé les fonctions de chercheur senior et de chef de département au CDTA. La chronologie regroupe donc ces responsabilités sur la période précédant sa nomination comme directeur adjoint.
Ces indicateurs correspondent à des catégories et à des périodes différentes. Le nombre de start-up labellisées concerne les entreprises reconnues dans le cadre national prévu à cet effet, tandis que le chiffre de plus de 10 000 entreprises créées a été avancé dans un autre contexte institutionnel. Ils ne peuvent donc pas être directement comparés.
Ensemble, ces données illustrent l’ampleur des initiatives engagées et l'intérêt porté au développement de l'entrepreneuriat. Leur portée économique dépend également de la capacité des entreprises à poursuivre leur activité, à créer des emplois et à développer leurs marchés.
Malika Bendouda biographie et parcours professionnel
Une formation scientifique de haut niveau
Noureddine Ouadah est un scientifique de formation. Il est titulaire d’un doctorat en robotique, préparé à l’École nationale polytechnique d’Alger et au laboratoire LAAS-CNRS de Toulouse. Ce double ancrage, entre une grande école algérienne et un laboratoire français de référence, a contribué à structurer son parcours. Il éclaire également l’importance qu’il accorde à la recherche, au transfert de technologie et à l’innovation, des thèmes régulièrement mis en avant dans ses interventions publiques.Quinze ans au cœur de la recherche technologique (2003-2019)
Avant d’occuper des responsabilités dans l’administration, Noureddine Ouadah a effectué l’essentiel de sa carrière au Centre de développement des technologies avancées (CDTA), où il a travaillé de 2003 à 2019. Il y a exercé comme chercheur senior, puis comme chef du département Technologie et gestion de projets, avant d’occuper le poste de directeur adjoint entre 2014 et 2019. Ces fonctions l’ont placé au croisement de la recherche scientifique, de la gestion de projets et de la valorisation des résultats.Deux expériences marquantes
Fikra-Tech : rapprocher la recherche de l’entreprise Noureddine Ouadah a contribué au projet Fikra-Tech, présenté comme le premier incubateur créé au sein d’un grand centre de recherche en Algérie. L’initiative visait à favoriser les échanges entre les laboratoires scientifiques et le monde de l’entreprise, tout en encourageant la transformation des idées innovantes en projets économiques. MIT REAP (2017-2019) : une expérience internationale Il a également participé au Regional Entrepreneurship Acceleration Program du Massachusetts Institute of Technology (MIT), en qualité de responsable du programme pour l’équipe Algérie. Cette initiative accompagne les régions dans le développement de leurs écosystèmes d’innovation et d’entrepreneuriat. Ces expériences lui ont permis de développer une connaissance complémentaire des milieux scientifique et entrepreneurial, qu’il mettra ensuite à profit dans ses fonctions au sein du ministère.2020-2024 : au cœur du développement des start-up
Une nouvelle étape commence en 2020, avec la mise en place d’un département ministériel consacré à l’économie de la connaissance et aux start-up. Noureddine Ouadah y devient directeur des start-up et des incubateurs, tout en présidant le Comité national des start-up. Ce comité joue un rôle important dans l’attribution du label « start-up » en Algérie, lequel permet aux entreprises reconnues d’accéder à différents dispositifs d’accompagnement. Durant cette période, les autorités mettent progressivement en place des mécanismes destinés à soutenir les porteurs de projets innovants. Selon des chiffres relayés par la presse, le ministère avait notamment reçu plus d’un millier de dossiers, financé 150 start-up et 100 projets innovants, et accompagné 30 incubateurs. Noureddine Ouadah exerce alors ses fonctions sous l’autorité de Yacine El-Mahdi Oualid, ministre délégué à l’époque, qui défend une orientation économique davantage fondée sur la connaissance, l’innovation et le numérique. Il participe ainsi à la mise en œuvre des dispositifs destinés à structurer cet écosystème.Novembre 2024 : sa nomination au gouvernement
Le 18 novembre 2024, à la faveur d’un remaniement ministériel, le président Abdelmadjid Tebboune nomme Noureddine Ouadah ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises. Il succède à Yacine El-Mahdi Oualid, appelé à prendre la tête du ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels. Cette nomination s’inscrit dans une logique de continuité institutionnelle. Sa connaissance du secteur, acquise au cours des années précédentes, constitue un atout pour poursuivre les initiatives engagées en faveur de l’entrepreneuriat et de l’innovation.Chronologie de son parcours
| Période | Fonction | Institution |
| 2003-2014 | Chercheur senior, puis chef du département Technologie et gestion de projets | CDTA |
| 2014-2019 | Directeur adjoint | CDTA |
| 2017-2019 | Responsable du programme pour l’équipe Algérie | MIT REAP |
| 2020-2024 | Directeur des start-up et des incubateurs, président du Comité national des start-up | Ministère de l’Économie de la connaissance |
| Depuis novembre 2024 | Ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises | Gouvernement algérien |
Une stratégie en trois phases pour l’économie de la connaissance
Depuis sa nomination, Noureddine Ouadah défend une stratégie visant à renforcer la place de la connaissance, de la recherche et de l’innovation dans l’économie nationale. Devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée populaire nationale, il a présenté une feuille de route organisée en trois phases. Il a notamment souligné le rôle de la recherche et développement ainsi que de l’innovation dans l’évolution du modèle économique algérien.Un projet de loi-cadre pour structurer l’innovation
Parmi les principaux chantiers figure l’élaboration d’une loi-cadre consacrée à l’économie de la connaissance, accompagnée du projet de création d’une agence nationale de l’innovation. Le dispositif envisagé doit couvrir plusieurs domaines : la recherche et développement, la propriété intellectuelle, le transfert de technologie, la formation, le financement, la gouvernance et l’économie numérique. L’objectif est de renforcer la coordination entre les différents dispositifs existants et de mettre en place un cadre juridique cohérent, capable d’accompagner les acteurs de l’innovation sur le long terme. Ce chantier implique une coopération entre plusieurs ministères et institutions, afin d’assurer la complémentarité des politiques publiques concernées.Les grands axes de son action
Les déclarations publiques du ministre permettent de dégager plusieurs priorités pour le développement de l’écosystème entrepreneurial algérien.1. Accompagner les start-up dans leur développement
En février 2026, à Annaba, Noureddine Ouadah a mis en avant plusieurs mesures destinées à soutenir la croissance des jeunes entreprises, notamment le label « entreprise accélérée » (scale-up), le Prix du président de la République pour la meilleure start-up et les incitations fiscales prévues par la loi de finances. L’objectif est d’accompagner les entreprises au-delà de leur phase de lancement, en favorisant leur développement, leur capacité de production et leur accès aux marchés, y compris à l’international.2. Promouvoir les technologies de pointe
En juillet 2025, lors d’une visite auprès d’une start-up spécialisée dans la cybersécurité, le ministre a souligné l’importance des technologies modernes dans le développement des capacités nationales. La cybersécurité, comme d’autres domaines technologiques stratégiques, occupe une place croissante dans les politiques de développement économique et de renforcement des compétences locales. Cette orientation vise à encourager l’émergence d’entreprises capables de proposer des solutions innovantes adaptées aux besoins des institutions et des acteurs économiques.3. Soutenir les micro-entreprises et diversifier les activités
L’action du ministère concerne également les micro-entreprises et les activités productives traditionnelles. Lors de ses déplacements, Noureddine Ouadah a rencontré différents porteurs de projets, notamment dans la fabrication de chaussures, le chocolat artisanal et l’habillement, ainsi que dans les services de livraison et le commerce électronique, y compris des initiatives intégrant l’intelligence artificielle. Cette diversité reflète la vocation du département ministériel, qui associe le développement des entreprises technologiques à l’accompagnement des petites structures économiques.4. Encourager l’entrepreneuriat chez les jeunes
En collaboration avec le ministre de la Jeunesse, Mustapha Hidaoui, Noureddine Ouadah a participé à des portes ouvertes consacrées à l’entrepreneuriat à Alger. Une convention annoncée entre les deux secteurs prévoit la création de 1 000 clubs d’entrepreneuriat en dix-huit mois, avec un objectif de 2 000 clubs à l’horizon de trois ans. L’initiative vise à familiariser davantage de jeunes avec la création d’entreprise, notamment dans les universités, les centres de formation professionnelle et les maisons de jeunes.5. Renforcer la présence sur le terrain
Les déplacements du ministre dans différentes wilayas constituent un autre volet de son action. À Annaba, notamment à l’occasion de la clôture de la cinquième Foire algérienne de l’entrepreneuriat, de la formation et de l’économie de la connaissance, il a mis en avant le rôle des initiatives locales dans le développement de l’activité économique. Ces rencontres permettent de présenter les dispositifs de soutien aux entrepreneurs et de mettre en lumière des projets issus de différentes régions du pays.Les chiffres à connaître
Plusieurs indicateurs permettent de situer les efforts engagés en faveur de l’entrepreneuriat et de l’innovation en Algérie.| Indicateur | Donnée rapportée | Contexte |
| Start-up labellisées | Plus de 750 | Chiffre relayé par la presse spécialisée en novembre 2024 |
| Start-up créées | Plus de 10 000 | Chiffre avancé par le ministre de la Jeunesse lors de portes ouvertes à Alger |
| Clubs d’entrepreneuriat | 1 000 en dix-huit mois, puis 2 000 en trois ans | Objectifs annoncés dans le cadre d’une coopération interministérielle |
| Dispositifs d’accompagnement initiaux | 150 start-up, 100 projets innovants et 30 incubateurs | Chiffres relayés par la presse au sujet des premières actions du ministère |


























