L’hydrogène vert s’impose progressivement comme un nouvel axe de coopération énergétique entre l’Algérie et l’Europe, dans un contexte marqué par la recherche de sources d’énergie à faibles émissions. Grâce à son potentiel solaire, sa position géographique et ses infrastructures énergétiques existantes, l’Algérie dispose de plusieurs atouts pour développer cette filière.
Dans ce contexte, le corridor de l’hydrogène du Sud, SoutH2 Corridor, occupe une place particulière. Ce projet vise à relier l’Afrique du Nord aux marchés européens et à acheminer de l’hydrogène renouvelable vers l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne.
Exportations algériennes hors hydrocarbures
Le terme hydrogène renouvelable désigne, de manière générale, l’hydrogène produit à partir de sources d’énergie renouvelables. Cette notion est particulièrement importante dans le cadre des projets destinés à approvisionner les marchés européens.
Pour l’Algérie, l’intérêt de l’hydrogène vert et renouvelable repose notamment sur l’exploitation de son important potentiel solaire. Cette production pourrait être destinée à la consommation locale ainsi qu’à l’exportation vers les marchés européens, notamment dans le cadre du SoutH2 Corridor.
Qu’est-ce que l’hydrogène vert ?
L’hydrogène vert est produit par électrolyse de l’eau à partir d’électricité issue de sources renouvelables, notamment l’énergie solaire et l’énergie éolienne. Ce procédé sépare les molécules d’eau en hydrogène et en oxygène. Ce vecteur énergétique est considéré comme une solution potentielle pour réduire les émissions dans plusieurs secteurs difficiles à décarboner, notamment certaines industries lourdes, les transports et la production de produits chimiques.
Quelle est la différence entre les principaux types d’hydrogène ?
Les différents types d’hydrogène se distinguent principalement par leur mode de production et par le niveau d’émissions de gaz à effet de serre associé.| Type | Mode de production | Émissions |
|---|---|---|
| Hydrogène vert | Électrolyse de l’eau avec de l’électricité provenant de sources renouvelables | Très faibles émissions lors de la production |
| Hydrogène gris | Produit principalement à partir de gaz naturel | Émissions importantes de CO₂ |
| Hydrogène bleu | Produit à partir de gaz naturel avec captage et stockage d’une partie du CO₂ | Émissions réduites par rapport à l’hydrogène gris |
Pourquoi l’Algérie mise-t-elle sur cette filière ?
L’Algérie dispose d’un important potentiel solaire, auquel s’ajoutent un vaste réseau d’infrastructures énergétiques et une proximité géographique avec le marché européen. Ces atouts pourraient favoriser le développement des énergies renouvelables et contribuer à diversifier les activités du secteur énergétique. L’objectif ne consiste toutefois pas uniquement à produire pour l’exportation, mais aussi à développer localement des industries et des services associés. Cela concerne notamment les installations renouvelables, les unités d’électrolyse, les infrastructures de stockage et de transport, ainsi que les applications de l’hydrogène et de ses dérivés dans différents secteurs industriels. Algérie 2030 — vision et défisComment l’Algérie produit-elle de l’hydrogène vert ?
L’Algérie mise sur l’exploitation de ses sources d’énergie renouvelable, notamment l’énergie solaire, pour produire l’électricité nécessaire à la fabrication d’hydrogène vert par électrolyse de l’eau. Ce procédé consiste à séparer les molécules d’eau en hydrogène et en oxygène grâce à l’électricité. Lorsque cette électricité provient de sources renouvelables, comme le solaire ou l’éolien, l’hydrogène produit est considéré comme de l’hydrogène vert. Les vastes ressources solaires du sud de l’Algérie offrent des conditions favorables au développement de projets dédiés à la production d’hydrogène renouvelable. L’hydrogène produit pourrait ensuite être acheminé vers les zones de consommation ou les infrastructures d’exportation à destination des marchés européens. Le développement de cette filière nécessite également des infrastructures adaptées à la production, au transport et au stockage, ainsi que des investissements et des équipements spécialisés.Qu’est-ce que le corridor SoutH2 ?
Le SoutH2 Corridor est un projet destiné à créer un corridor de transport d’hydrogène renouvelable reliant l’Afrique du Nord à l’Europe. Il connecte l’Afrique du Nord à l’Italie, à l’Autriche et à l’Allemagne à travers un réseau de pipelines dédié à l’hydrogène. Le projet repose notamment sur la réutilisation et l’adaptation d’une partie des infrastructures existantes, complétées par de nouvelles infrastructures lorsque cela est nécessaire. Son objectif est de relier les zones de production nord-africaines aux principaux pôles européens de demande.Informations clés sur le SoutH2 Corridor
| Information | Détails |
|---|---|
| Nom du projet | SoutH2 Corridor |
| Nature du projet | Corridor de transport d’hydrogène renouvelable |
| Pays concernés | Algérie, Tunisie, Italie, Autriche et Allemagne |
| Parcours | Afrique du Nord → Italie → Autriche → Allemagne |
| Longueur | Environ 3 300 kilomètres |
| Capacité d’importation potentielle | Plus de 4 millions de tonnes par an |
| Infrastructures | Réseaux existants réadaptés et nouvelles infrastructures si nécessaire |
| Objectif | Relier la production d’Afrique du Nord aux pôles de demande européens |
Comment le projet relie-t-il l’Algérie à l’Europe ?
Le projet vise à relier les zones de production d’Afrique du Nord aux marchés européens via l’Italie, puis l’Autriche et l’Allemagne. Outre la construction de nouvelles infrastructures, le corridor repose largement sur la possibilité de réutiliser et d’adapter une partie des réseaux gaziers existants pour le transport de l’hydrogène. Selon les données officielles du projet, le corridor s’étend sur environ 3 300 kilomètres et dispose d’un potentiel d’importation de plus de 4 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable par an depuis l’Afrique du Nord. Que se passe-t-il en Algérie ? De vastes projets éoliens transforment et redessinent l’avenir de l’énergie !
Quelle importance pour l’Algérie ?
Le projet pourrait ouvrir à l’Algérie une nouvelle voie sur le marché énergétique européen, en ajoutant l’hydrogène renouvelable aux échanges énergétiques existants. La croissance de cette filière pourrait également favoriser de nouveaux investissements, renforcer les compétences locales et développer des activités liées à la production d’énergie renouvelable, aux équipements, au transport et au stockage. Son intérêt dépasse par ailleurs la seule exportation. Le développement d’une chaîne de valeur locale pourrait soutenir des industries utilisant l’hydrogène ou ses dérivés comme matière première ou comme source d’énergie.Pourquoi l’Europe s’intéresse-t-elle à l’hydrogène algérien ?
Les pays européens cherchent à développer de nouvelles sources d’hydrogène renouvelable afin de réduire les émissions dans l’industrie, l’énergie et les transports, notamment dans les secteurs difficiles à électrifier directement. La stratégie européenne prévoit à la fois le développement de capacités de production sur le continent et l’augmentation des importations depuis les régions disposant d’un potentiel important en énergies renouvelables. La proximité géographique de l’Algérie constitue ainsi un atout pour développer de nouvelles liaisons énergétiques entre l’Afrique du Nord et l’Europe à travers la Méditerranée.
Quels sont les pays concernés par le SoutH2 Corridor ?
- Algérie : pays d’Afrique du Nord au cœur des perspectives de production d’hydrogène renouvelable.
- Tunisie : partie du dispositif reliant l’Afrique du Nord au réseau européen.
- Italie : point de connexion entre l’Afrique du Nord et le réseau européen de l’hydrogène.
- Autriche : pays traversé par le corridor vers l’Europe centrale.
- Allemagne : l’un des principaux marchés de demande situés à l’extrémité européenne du corridor.
Quels bénéfices économiques pour l’Algérie ?
Le développement de cette filière pourrait soutenir plusieurs activités économiques, notamment les investissements dans les projets solaires, la fabrication ou l’installation d’équipements ainsi que le développement des réseaux de transport et de stockage. L’expansion de la filière pourrait également créer de nouvelles opportunités pour les entreprises et les investisseurs dans l’ingénierie, les services, la maintenance, les technologies et les énergies renouvelables. Si les projets industriels associés se développent sur le territoire national, les retombées pourraient s’étendre aux secteurs qui utilisent l’hydrogène et ses dérivés, plutôt que de limiter la filière à leur exportation sous leur forme initiale.Quels sont les principaux défis ?
Malgré les potentialités disponibles, le développement de cette filière nécessite des investissements importants dans les installations renouvelables, les unités d’électrolyse ainsi que les infrastructures de transport et de stockage. Le coût de production, la disponibilité des équipements, la mise en place de normes adaptées et la garantie de débouchés sur les marchés européens constituent également des facteurs déterminants pour son développement. La réussite du corridor dépendra en outre d’une coordination technique et réglementaire entre les pays participants, notamment concernant les spécifications de l’hydrogène, son transport, sa certification et les échanges transfrontaliers.Dernières actualités sur le corridor SoutH2
Le 1er octobre 2026, l’Algérie a accueilli la deuxième réunion ministérielle consacrée au corridor SoutH2, avec la participation de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Italie, de l’Autriche et de l’Allemagne. Cette rencontre vise à faire progresser le projet au-delà des engagements politiques, notamment sur les infrastructures, les investissements et la demande industrielle nécessaires au transport de l’hydrogène renouvelable d’Afrique du Nord vers l’Europe. Le projet doit ainsi poursuivre ses travaux sur les aspects techniques, financiers et réglementaires, afin de créer les conditions nécessaires à son développement et à son exploitation. Une attention particulière est également portée à la coopération entre les pays participants et aux mécanismes permettant d’accompagner la mise en œuvre du corridor.



























