Face aux transformations numériques rapides, le commerce en ligne ne se limite plus aux vêtements, aux produits électroniques ou aux services classiques. Il s’étend désormais à un domaine bien plus sensible et risqué : le marché du médicament. C’est ce constat qui a poussé le Conseil national de déontologie de la profession de pharmacien en Algérie à publier un avertissement ferme, révélateur des inquiétudes croissantes liées à la multiplication de pratiques illégales touchant directement la santé publique.
Selon le communiqué officiel, la vente de médicaments via Internet ou les réseaux sociaux, notamment Facebook, Instagram, TikTok ainsi que les applications de messagerie, est strictement interdite par la législation en vigueur. Il ne s’agit pas d’une simple infraction administrative, mais d’une menace directe pour la sécurité des citoyens, en raison de la prolifération de produits pharmaceutiques falsifiés, non déclarés ou totalement inconnus des circuits de contrôle.
Le Conseil met en garde contre ces médicaments issus de circuits parallèles, susceptibles de présenter de graves défaillances, que ce soit au niveau de leur composition, de leurs conditions de conservation ou de leur efficacité thérapeutique. Ces anomalies peuvent entraîner des conséquences sanitaires imprévisibles, parfois sévères pour les patients.
Mais l’avertissement ne concerne pas uniquement les consommateurs. Il vise également les professionnels du secteur. Le Conseil rappelle que la responsabilité juridique, éthique et disciplinaire du pharmacien ou du directeur technique reste pleinement engagée en cas de toute opération réalisée en dehors du cadre légal, qu’il s’agisse de détention, de promotion, de distribution ou de vente non autorisée.
Dans un rappel encore plus strict, le communiqué confirme l’interdiction totale de la livraison de médicaments à domicile, précisant que les pharmacies et établissements hospitaliers restent les seuls lieux légalement autorisés à délivrer des médicaments, afin de garantir la traçabilité et la sécurité du circuit pharmaceutique.
Le Conseil appelle également les pharmaciens à faire preuve de vigilance et à signaler toute activité suspecte liée au trafic illégal de médicaments, notamment les produits dits « inconnus » ou non enregistrés, en coordination avec les autorités compétentes et l’Agence nationale des produits pharmaceutiques.
Entre mise en garde et rappel à l’ordre, cette position officielle trace une ligne claire entre un espace numérique de plus en plus incontrôlé et un secteur de santé strictement encadré. Ici, la question n’est plus seulement de savoir s’il est possible d’acheter des médicaments en ligne, mais plutôt de comprendre une réalité plus profonde : sommes-nous conscients des risques liés à la transformation du médicament en simple produit de consommation numérique, sans contrôle ni garantie ?



























