Tous les Algériens le savent aujourd’hui : le mois d’octobre de chaque année est le mois du dépistage du cancer du sein. Son symbole international est le ruban rose. Tout a commencé aux États-Unis en 1985. L’évènement a traversé l’Atlantique pour atterrir en Europe en 1994. Selon l’OMS, en « 2024, on estimait, dans le monde, à 2,4 millions le nombre de femmes chez qui un cancer du sein (qui est présent dans tous les pays du monde) a été diagnostiqué ». L’organisation onusienne rapporte également que « le sexe féminin est le facteur de risque de cancer du sein le plus important. Environ 99 % des cancers du sein surviennent chez les femmes, contre 0,5 % à 1 % chez les hommes ». Une autre remarque, pour le moins curieuse est relevée : plus l’indice de développement humain (IDH) est élevé, plus le risque de cancer du sein augmente. L’IDH est calculé selon 3 critères. La santé et l’espérance de vie, l’éducation et le niveau de vie. En clair c’est dans les pays développés que le cancer du sein sévit le plus. Toujours selon l’OMS « Environ 80 % des cancers du sein touchent des femmes qui ne présentent aucun facteur de risque modifiable autre que le sexe (féminin) et l’âge (plus de 40 ans). Le risque est accru en cas d’antécédents familiaux de cancer du sein, mais la plupart des femmes diagnostiquées n’ont pas d’antécédents familiaux connus. Toutefois, leur absence ne signifie pas nécessairement que le risque soit faible ».
Ce qui revient à dire qu’à part l’IDH, aucune autre cause n’est, à ce stade, formellement découverte par la science. Par contre, les symptômes de la maladie sont répertoriés par l’OMS : « Une masse ou un épaississement dans le sein, souvent indolore ; un changement de la taille, de la forme ou de l’apparence du sein ; des fossettes, des rougeurs, une peau d’orange ou d’autres changements cutanés ; une modification de l’apparence du mamelon ou de la peau qui l’entoure (aréole) ; un écoulement mamelonnaire anormal ou sanglant ». Dans ces cas-là, il faut impérativement consulter un médecin pour un diagnostic précoce et qui vous orientera à faire une mammographie. Le corps médical est unanime pour dire que le dépistage précoce rend les traitements mieux tolérés et plus efficaces. D’autre part, il est déconseillé d’interrompre et ne pas mener le cycle thérapeutique complet. Il est tout aussi important que le traitement soit suivi par « une équipe pluridisciplinaire comprenant des oncologues, des radiologues, des pathologistes, des diététiciens/nutritionnistes, des kinésithérapeutes, des travailleurs sociaux, des équipes de santé mentale, de soins palliatifs et de réadaptation, pendant et après le traitement. Ce qui contribue à améliorer les résultats ». Qu’en est-il de cette maladie dans notre pays ?
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) estime l’indice de développement humain IDH (que nous avons cité plus haut) de l’Algérie à 0,763, ce qui classe, notre pays, dans la catégorie des pays à développement humain élevé. Ce qui nous positionne à la première place en Afrique du Nord. Le revers de la médaille, si l’on ose dire, cela nous donne entre 13 000 et 15 000 nouveaux cas de cancer du sein chaque année sur un total des différents cancers d’environ 65 000 à 72 000 nouveaux cas de cancer et près de 35 000 décès chaque année. Ce qui explique l’ordre donné au gouvernement par le président de la république, Abdelmadjid Tebboune, lors du Conseil des ministres du 3 mai dernier, d’entreprendre « l’élaboration d’une étude pour la réalisation d’un hôpital d’oncologie dans chaque wilaya ».
Malheureusement et selon l’INSP (institut national de santé public) « dans environ deux tiers des cas, la maladie est découverte à un stade avancé ». Un effort considérable est fourni par l’État qui en plus du projet des hôpitaux cité plus haut, a réalisé 21 centres de lutte contre le cancer (CAC) opérationnels, complétés par 24 centres de radiothérapie et 132 unités de chimiothérapie répartis à travers le territoire national. L’aspect le plus positif dans notre pays est que le taux de guérison du cancer du sein atteint actuellement 77%. Surtout lorsque la maladie est prise en charge de manière précoce. D’où l’intérêt de la sensibilisation au dépistage durant tout un mois!
Zouhir Mebarki
[email protected]
- Octobre est le mois du dépistage du cancer du sein, symbolisé par le ruban rose, né aux États‑Unis en 1985, Europe 1994.
- Selon l’OMS, en 2024 environ 2,4 millions de femmes ont reçu un diagnostic de cancer du sein, 99 % des cas chez les femmes.
- L’OMS indique qu’un IDH plus élevé augmente le risque de cancer du sein ; l’Algérie a un IDH de 0,763, classée élevé.
- En Algérie, on estime 13 000 à 15 000 nouveaux cas de cancer du sein chaque année, parmi 65 000 à 72 000 cancers totaux.
- Le gouvernement prévoit un hôpital d’oncologie par wilaya ; le pays compte 21 CAC, 24 centres de radiothérapie, 132 chimios, taux de guérison 77 %.

















