Le tronçon nigérien du gazoduc transsaharien doit entrer dans une nouvelle phase, début octobre prochain, avec le lancement des relevés topographiques de son tracé.
L’annonce a été faite par le ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tini. «Nous avons accompli de grands progrès dans le projet et nous travaillons à harmoniser le calendrier avec la partie algérienne», a-t-il déclaré. Cette campagne de terrain doit fournir les données nécessaires à l’implantation de l’ouvrage sur le territoire du Niger.
Cette échéance prolonge les travaux techniques menés depuis mars dernier. Une délégation réunissant Sonatrach et le ministère algérien des Hydrocarbures s’était alors rendue à Niamey pour recueillir les informations relatives au tracé, examiner le cadre juridique applicable à la pose de canalisations et identifier les études réglementaires, permis et autorisations nécessaires.
Le 22 septembre, les deux pays ont de nouveau placé le lancement des levés topographiques au centre des échanges entre le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine.
La progression du segment nigérien doit être coordonnée avec un chantier déjà ouvert du côté algérien. Les travaux de la section nationale ont été officiellement lancés le 4 juin à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar, en présence des ministres chargés des hydrocarbures des trois pays partenaires.
Le tracé doit suivre le corridor de la route transsaharienne, depuis la frontière algéro-nigérienne jusqu’au Centre national de dispatching du gaz de Hassi R’Mel. Il longera des routes et des canalisations existantes avant d’être raccordé au réseau national de transport et aux infrastructures algériennes d’exportation.
Porté par Sonatrach, la Nigerian National Petroleum Company et la Société nigérienne de pétrole, le projet doit relier les ressources gazières du Nigeria aux débouchés internationaux via le Niger et l’Algérie. Long de 4 128 km, l’ouvrage est conçu pour transporter 30 milliards de mètres cubes de gaz par an. Sa mise en œuvre repose toutefois sur l’enchaînement de sections nationales dont les niveaux d’avancement diffèrent.
La fixation d’un calendrier commun, évoquée par Hamadou Tini, devient ainsi déterminante pour faire coïncider les études nigériennes, les travaux algériens et les opérations conduites au Nigeria.
Niamey rattache également le gazoduc à une stratégie de développement le long de son parcours, et non à la seule fonction de transit. Le ministre nigérien a présenté le transfert de compétences et la formation d’ingénieurs capables d’assumer les responsabilités techniques comme des axes de la coopération avec l’Algérie.
Il a aussi exprimé le souhait de construire avec Sonatrach «un partenariat à long terme couvrant toute la chaîne de valeur pétrolière, de l’exploration à la commercialisation».
Cette ambition dispose déjà de plusieurs points d’appui. Présente depuis 2005 sur le permis de Kafra, Sonatrach y a acquis environ 2 200 kilomètres de données sismiques 2D et 760 kilomètres carrés en 3D, puis foré deux puits en 2018 et 2019. La découverte de Kafra-1 a confirmé le potentiel du périmètre.
Après la prolongation de deux ans de la période d’évaluation accordée en avril, un programme de forage de quatre nouveaux puits d’exploration a été lancé en août afin de mieux caractériser les réservoirs, vérifier leur productivité et déterminer les conditions de viabilité économique d’un développement.
Le démarrage annoncé des relevés topographiques inscrit ainsi le gazoduc dans une coopération énergétique désormais étendue de l’amont pétrolier jusqu’à la commercialisation.
T. A. L.





























