Le transport public de voyageurs entre dans une nouvelle phase en Algérie. Les directions des transports à travers plusieurs wilayas ont commencé à engager le retrait des anciens bus dont l’âge atteint ou dépasse 30 ans, dans le cadre d’une opération destinée à moderniser progressivement le parc national de transport.
Cette mesure concerne, dans un premier temps, les propriétaires de véhicules mis en circulation jusqu’en 1996. Les transporteurs concernés sont invités à se rapprocher des services de leur Direction des transports afin de déposer leurs dossiers et d’engager les procédures nécessaires au remplacement de leurs anciens véhicules.
L’objectif affiché est clair, mettre progressivement fin à l’exploitation des bus les plus anciens et les remplacer par des véhicules neufs et plus modernes. Une opération qui touche directement un secteur essentiel pour des millions d’Algériens qui utilisent quotidiennement les transports collectifs pour leurs déplacements.
Une procédure désormais engagée dans les wilayas
Les propriétaires de bus concernés doivent déposer un dossier auprès des services compétents. Celui-ci comprend notamment la demande de remplacement du véhicule ancien par un nouveau bus, le titre d’exploitation original, la carte de temps ou la carte des itinéraires, ainsi que la carte grise originale du véhicule.
Après le dépôt du dossier, le transporteur reçoit une première attestation lui permettant de procéder au retrait de son ancien véhicule auprès de l’une des unités de la Société nationale de récupération, SNRV.
Le principe est donc de conditionner le renouvellement du véhicule à la sortie définitive de l’ancien bus du circuit d’exploitation. Autrement dit, les véhicules concernés ne sont pas simplement retirés temporairement de la circulation. Ils doivent être récupérés dans le cadre du dispositif prévu pour le renouvellement du parc.
Une fois cette opération effectuée, le transporteur obtient une seconde attestation confirmant le dépôt du véhicule auprès de la société de récupération. Ce document lui permet alors de poursuivre les démarches pour l’acquisition d’un nouveau bus.
Un financement facilité pour les transporteurs
L’un des principaux enjeux de cette opération reste évidemment le coût du renouvellement. Pour les transporteurs, remplacer un bus ancien par un véhicule neuf représente un investissement particulièrement important.
C’est justement sur ce volet que le dispositif prévoit plusieurs mécanismes d’accompagnement.
Selon les éléments communiqués par l’Organisation nationale des transporteurs algériens, les propriétaires de bus concernés qui souhaitent poursuivre leur activité pourraient bénéficier d’une aide publique correspondant à 20 % du prix d’acquisition d’un nouveau bus.
Le transporteur devra, de son côté, prendre en charge 10 % du prix du véhicule, tandis que le montant restant pourrait être financé selon les mécanismes prévus, notamment à travers le financement bancaire.
Le dispositif prévoit également des avantages fiscaux et douaniers, avec une exonération des droits de douane ainsi que de la TVA, selon les modalités annoncées.
Autre élément important pour les professionnels du secteur, le montant restant à payer pourrait être étalé sur une période pouvant atteindre 10 ans. Une durée qui vise à réduire la pression financière sur les transporteurs et à rendre le remplacement des anciens bus plus accessible.
Pourquoi retirer les bus les plus anciens ?
Derrière cette opération, il y a d’abord une question de sécurité. Avec l’âge, les véhicules nécessitent davantage d’entretien et peuvent présenter des risques supplémentaires lorsqu’ils sont maintenus en exploitation pendant plusieurs décennies.
Le renouvellement du parc doit également permettre d’améliorer le confort des passagers et la qualité générale du service. Dans de nombreuses villes et régions, les usagers sont confrontés à des véhicules vieillissants, parfois peu adaptés aux exigences actuelles du transport collectif.
La modernisation du parc constitue ainsi un enjeu à la fois économique, social et sécuritaire.
L’ambition des pouvoirs publics est de parvenir progressivement à un parc de transport plus récent, plus fiable et mieux adapté aux besoins des voyageurs.
Une première étape avant une opération plus large
Le dispositif actuellement engagé concerne en priorité les véhicules âgés de 30 ans et plus. Toutefois, les instructions évoquées dans le cadre de cette opération font également référence au retrait des véhicules dont l’âge atteint 25 ans et plus.
Cette distinction laisse comprendre que le retrait des véhicules les plus anciens constitue une première étape avant une opération plus large de renouvellement du parc.
Pour les transporteurs concernés, le message est donc particulièrement important. Les anciens bus arrivent progressivement au terme de leur exploitation et leur remplacement devient une condition essentielle pour poursuivre l’activité dans le cadre du nouveau dispositif.
Pour les usagers, l’enjeu est tout aussi concret. Si l'opération est menée à grande échelle, elle pourrait se traduire dans les prochains mois par l’arrivée progressive de bus neufs sur les lignes de transport public, avec à la clé davantage de confort, de sécurité et de fiabilité.
Le renouvellement du parc ne constitue donc pas seulement une opération administrative. Il s’agit d’une transformation attendue du transport collectif en Algérie, avec un objectif central, faire sortir progressivement les véhicules les plus anciens de la circulation et donner aux transporteurs les moyens financiers de passer à une nouvelle génération de bus.



























