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Transformation économique de l'Algérie : les orientations majeures fixées par Abdelmadjid Tebboune pour le modèle national

Transformation économique de l'Algérie : les orientations majeures fixées par Abdelmadjid Tebboune pour le modèle national

  • Le président Abdelmadjid Tebboune a fixé l'année 2027 comme étape charnière pour achever la transition vers une économie libre et compétitive.
  • La croissance économique actuelle se situe entre 3,9 % et 4 %, tandis que le secteur privé représente 85 à 87% de l'économie.
  • La facture des importations a baissé pour atteindre une fourchette de 40 à 42 milliards de dollars, selon les indicateurs avancés.
  • La contribution de l'industrie au produit intérieur brut est passée d'environ 3 % à près de 10 % actuellement.
  • L'agriculture représente environ 15 % du PIB, avec un objectif d'autosuffisance en céréales fixé à la fin de 2027.

En clair, l’Algérie se prépare à franchir un nouveau cap dans la mise en place de son nouveau modèle économique, en conciliant liberté d’entreprendre, développement de la production locale et préservation du caractère social de l’État.

C’est le message central du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de son intervention devant les opérateurs économiques, à l’occasion d’une rencontre organisée par le Conseil du renouveau économique algérien (CREA).

En effet, le chef de l’État a présenté l’année 2027 comme une étape charnière dans le processus de transition vers une économie de marché plus compétitive, tout en soulignant la nécessité de préserver les équilibres sociaux.

«Nous cherchons à passer d’une économie administrée à une économie libre sans que cette transition ait des répercussions négatives sur la situation sociale. Avec cette cohésion et en mobilisant toutes les forces vives de ce pays, nous pourrons traverser cette étape sereinement.»

«À la fin de l’année 2027, nous espérons avoir achevé cette transition vers une économie libre, sans difficultés sociales», a-t-il expliqué, notant qu’aujourd’hui, la croissance économique est de 3,9 %, voire 4%.

Cette orientation repose sur un équilibre entre l’initiative privée, la régulation publique et la protection des catégories sociales les plus vulnérables.

Le président a rappelé que le secteur privé représentait entre 85 et 87% de l’économie nationale, soulignant ainsi le rôle central des entreprises dans la création de richesses et d’emplois.

Les importations ramenées à 40-42 milliards de dollars

Parmi les indicateurs avancés par le président figure la réduction de la facture des importations, passée d’environ 62 milliards de dollars à une fourchette de 40 à 42 milliards de dollars.

Cette évolution traduit, selon lui, les progrès accomplis dans le remplacement de certains produits importés par une production nationale.

L’objectif est de renforcer les capacités productives du pays et de réduire la dépendance extérieure, notamment dans les secteurs stratégiques.

Le chef de l’État a cité l’exemple des carburants, indiquant que l’Algérie n’importait plus d’essence depuis 2023.

Il a également évoqué les perspectives d’autosuffisance en gazole à partir de 2027, grâce à la montée en production de nouvelles capacités de raffinage.

Le secteur pharmaceutique illustre également cette évolution. Selon les chiffres présentés par le président, la production nationale couvre désormais près de 84% des besoins du marché en médicaments, contre une proportion nettement plus faible auparavant.

Cette progression concerne aussi des produits à forte valeur ajoutée, dont l’insuline et certains traitements contre le cancer.

Pour le président de la République, ces évolutions témoignent des possibilités de développement d’une économie davantage fondée sur la production et la transformation locales.

H. O.

Avec un taux de croissance de près de 10 % : L’industrie gagne du terrain

Le développement industriel constitue un autre axe majeur de cette transformation. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a indiqué que la contribution de l’industrie au produit intérieur brut était passée d’environ 3 % à près de 10 % actuellement. L’ouverture de nouvelles unités de production et la diversification des activités industrielles contribuent, a-t-il souligné, à la création d’emplois et à la réduction des importations. Des produits auparavant achetés sur les marchés internationaux sont désormais fabriqués en Algérie, certains étant même exportés.

Cette dynamique doit se poursuivre dans les filières pré- sentant un potentiel de substitution aux importations et de développement des exportations. Le chef de l’État a notamment évoqué les perspectives de l’industrie automobile et la production locale de composants, affirmant que la consolidation du tissu industriel nécessitait la poursuite des investissements. « Si les choses évoluent comme nous l’avons prévu avec nos partenaires allemands et italiens, nous arriverons, à la fin de 2028, à produire une voiture algérienne avec des composants issus de la chaîne de production locale », a-t-il déclaré.

Il a également appelé les opérateurs économiques à contribuer davantage à la diversification des exportations, avec l’ambition de porter celles-ci à 30 milliards de dollars à l’horizon 2030, un objectif évoqué dans son intervention.

Simplifier davantage l’investissement

La levée des obstacles administratifs demeure, par ailleurs, une priorité. Le président a fait état d’environ 13 000 projets d’investissement effectifs, auxquels s’ajoutent près de 11 000 opérations d’extension, selon les données avancées lors de cette rencontre annuelle du CREA. Abdelmadjid Tebboune a insisté sur la nécessité de garantir aux investisseurs un environnement plus lisible, dans lequel les procédures administratives ne constituent plus un frein à la réalisation des projets.

Dans cette perspective, le guichet unique doit permettre de regrouper les décisions et les autorisations nécessaires à l’investissement, notamment celles liées au foncier industriel, à l’urbanisme et au financement bancaire. L’objectif, in fine, est de permettre aux investisseurs nationaux et étrangers de concrétiser leurs projets dans des délais plus courts, sans devoir multiplier les démarches auprès des différentes administrations.

Le président Tebboune a également appelé à renforcer la transparence dans les opérations d’exportation et à remé- dier aux insuffisances constatées dans le rapatriement des recettes en devises. Le développement des exportations hors hydrocarbures doit, selon lui, s’accompagner d’une meilleure mobilisation des ressources générées par ces activités au profit de l’économie nationale.

H. O.

L’agriculture au cœur de la sécurité alimentaire

Le secteur agricole occupe une place importante dans les priorités économiques. Le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, a rappelé que l’agriculture représentait environ 15 % du PIB, tout en évoquant l’objectif d’atteindre l’autosuffisance en céréales et dans d’autres produits essentiels à l’horizon de la fin de 2027. Il a, dans ce contexte, insisté sur la nécessité de protéger les agriculteurs contre les fluctuations excessives des prix et de lutter contre les pratiques spéculatives qui pénalisent les consommateurs.

Face aux excédents de production susceptibles d’entraîner une chute des prix, il a demandé au gouvernement de mettre en place un mécanisme public d’achat, de stockage et de régulation des produits agricoles. Ce dispositif doit permettre d’absorber les surplus, de préserver les revenus des producteurs et de remettre les produits sur le marché lorsque les besoins se font sentir. La démarche vise à concilier la rentabilité de l’activité agricole, la stabilité de l’approvisionnement et la protection du pouvoir d’achat, notamment celui des ménages à revenus modestes et de la classe moyenne.

Le développement des infrastructures et des grands projets industriels doit également soutenir cette transition. Le président a évoqué les perspectives liées au projet intégré de phosphate, à l’essor des activités minières et au renforcement des liaisons ferroviaires.

Il a réaffirmé son engagement en faveur de la réalisation de la liaison ferroviaire vers Tamanrasset, avec un objectif fixé à la fin de 2028. Ce projet doit contribuer au désenclavement des régions du Sud, à l’amélioration de la mobilité des citoyens et à l’accompagnement des activités économiques. La route transsaharienne et les infrastructures de transport doivent, de leur côté, favoriser les échanges avec les pays voisins et renforcer la présence des produits algériens sur les marchés africains. À travers ces différents chantiers, l’Algérie cherche à développer de nouvelles sources de croissance, à renforcer les capacités de production et à accroître la contribution des secteurs hors hydrocarbures à la création de richesses, tout en soulignant l’importance d’accroître la contribution de l’agriculture et de l’industrie à la richesse nationale, dans la perspective de porter le produit intérieur brut (PIB) à 400 milliards de dollars. Pour le président de la République, la réussite de cette transformation repose sur la mobilisation conjointe des pouvoirs publics et des opérateurs économiques. L’enjeu est de consolider les acquis, de poursuivre la diversification et de parvenir à une économie plus productive et compétitive, sans renoncer à la dimension sociale du modèle algérien.

H. O.

Source : Ecotimes

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