Le marché parallèle des devises en Algérie connaît de nouveaux mouvements cette semaine. Après avoir atteint 277 dinars à la vente en début de semaine, l’euro a progressivement reculé à 276 dinars, avant de passer à 275 dinars depuis hier mercredi 28 octobre. Le dollar américain, lui, reste à un niveau plus élevé qu’au début de la semaine, avec un taux de vente de 242 dinars. Une évolution qui resserre encore l’écart entre les deux principales devises échangées sur le marché informel.
Taux de change : l’euro glisse sous la barre des 276 dinars
La monnaie unique perd du terrain. Elle s’affichait encore à 277 DA à la vente depuis le milieu du mois, elle tombe désormais à 275 DA. Deux dinars de moins par unité, ce qui représente 200 DA d’écart sur une coupure de 100 euros.
Ce fléchissement contraste avec l’immobilisme observé durant tout l’automne. À la mi-octobre, les opérateurs du square Port-Saïd maintenaient des cours quasiment figés pour l’euro et le dollar sur le marché noir, défendant leurs paliers jour après jour. La fin de la saison estivale et le reflux des transferts de la diaspora expliquent en partie ce relâchement de la pression.
Concrètement, un membre de la communauté algérienne à l’étranger qui vient échanger 1 000 euros récupère aujourd’hui 273 000 dinars. L’opération lui aurait rapporté 275 000 DA à la fin du mois de juillet, période où la monnaie européenne se stabilisait à 275 DA à l’achat.
Le dollar américain franchit le seuil des 240 DA
Pendant que l’euro recule, le billet vert progresse. Les 242 dinars atteints à la vente constituent un sommet que la devise américaine n’avait plus approché depuis plusieurs mois. Elle stagnait autour de 238 DA durant septembre et la première quinzaine d’octobre.
Cette poussée réduit mécaniquement l’écart entre les deux monnaies. Il fallait compter 39 dinars de différence en septembre, lorsque l’euro se maintenait à 276 DA face à un dollar bloqué à 238 DA. Aujourd’hui, le fossé se limite à 33 dinars.
Plusieurs facteurs alimentent cet appétit pour la devise américaine. Les paiements internationaux, les achats en ligne et certaines filières d’importation privilégient le dollar. Sa remontée sur les places financières mondiales se répercute aussi, avec un décalage, sur les tarifs pratiqués dans les officines informelles.
La livre sterling conserve son statut de devise la plus chère
Avec 312 DA à l’achat et 316 DA à la vente, la livre sterling reste largement en tête du classement. Elle devance le franc suisse, coté entre 293 et 297 dinars, une monnaie moins courante mais recherchée par ceux qui entretiennent des liens d’affaires avec l’Europe centrale.
Le dollar canadien s’échange pour sa part autour de 171 à 173 dinars. Très prisé par les candidats à l’immigration vers le Canada, il affiche une légère hausse par rapport aux 170 DA relevés à la fin septembre, quand les cotations du marché noir plaçaient l’euro au-dessus de 275 dinars.
Riyal, yuan et lira turque complètent le tableau des cotations
Les monnaies liées aux flux commerciaux et religieux occupent une place à part. Le riyal saoudien, indispensable aux pèlerins de la Omra et du Hadj, se traite entre 63 et 65 dinars. Le yuan chinois oscille de 34,50 à 36,50 DA, reflet des échanges nourris entre importateurs algériens et fournisseurs asiatiques.
La lira turque ferme la marche, avec une fourchette de 4,50 à 5 dinars. L’écart entre achat et vente y est proportionnellement bien plus large que sur les autres devises, signe d’un marché étroit et d’une monnaie jugée peu fiable par les cambistes.
Il convient de garder à l’esprit que ces chiffres changent d’une ville à l’autre. Les tarifs pratiqués à Alger diffèrent souvent de ceux d’Oran, de Constantine ou d’Annaba. Le volume échangé pèse également. Une transaction portant sur plusieurs milliers d’euros ouvre généralement droit à un meilleur taux qu’un simple échange de 100 euros.



























