L’ancien chancelier allemand, Olaf Scholz, est sorti par la petite porte en 2025 après trois ans et demi de pouvoir. Rares accomplissements et économie en berne, il n’avait pas réussi à susciter l’enthousiasme de sa population qui a fini par choisir le parti conservateur de Friedrich Merz pour lui succéder. Mais ce dernier semble connaître un sort encore plus pitoyable, avec une montée rapide de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) et des résultats catastrophiques aux élections locales pour son mouvement CDU (Union chrétienne-démocrate). En effet, ce dernier a subi deux nouvelles déconvenues lors des élections régionales à Berlin et dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, ce dimanche. Il y a deux semaines à peine, la CDU chutait déjà de près de 20 points dans le Land de Saxe-Anhalt pour y céder sa place de force politique dominante au parti de droite AfD. Dans la capitale allemande, la CDU réussit certes à se maintenir en seconde position avec 20 % des voix derrière les grands vainqueurs du jour, la gauche radicale de Die Linke. Mais le parti conservateur a perdu plus de 8 points. C’est surtout en Mecklembourg-Poméranie occidentale, Land du nord-est, frontalier de la Pologne, que le parti de Friedrich Merz subit la plus forte déroute électorale de son histoire, alors que l’AfD arrive en tête. Avec 4,9 % des voix, la CDU n’obtient pas les 5 % de votes nécessaires pour être représenté au Parlement régional. C’est une première dans l’histoire politique allemande. «Pas la peine d’essayer d’embellir les résultats en Mecklembourg-Poméranie occidentale, c’est un désastre», a reconnu Friedrich Merz, qui a pris la parole peu après l’annonce des premiers résultats. Pour son parti, cette défaite est d’autant plus difficile à avaler que ce Land est le fief historique d’Angela Merkel, l’ex-chancelière allemande et figure tutélaire de la CDU pendant plus de 15 ans. À Berlin, où les résultats sont certes moins préoccupants, le recul signe probablement la fin de la participation de la CDU à un gouvernement de coalition régional. Une alliance Rouge-Rouge-Vert (SPD, Die Linke et les Verts) semble la mieux placée pour obtenir une majorité dans la capitale allemande. Le plus embarrassant pour les conservateurs est qu’ils estimaient être capables de remporter la capitale, faisant de cette déroute une pilule encore plus amère. Après le choc politique qui a suivi la nette victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt, «c’est Franziska Hoppermann, secrétaire générale fédérale de la CDU, et non pas Friedrich Merz qui a été la première à commenter les mauvais résultats du parti», souligne Ed Turner. Le chancelier avait attendu le lendemain pour évoquer le scrutin, comme s’il voulait mettre une certaine distance entre lui et le faible score de la CDU. Mais cette fois-ci la chute est trop raide pour que cela fonctionne. Comme pour se justifier, il assure que «la meilleure façon de combattre les extrêmes était de poursuivre son programme de réformes». Mais son problème aujourd’hui est de savoir si son propre parti continuera à le soutenir, le chancelier étant en effet devenu un repoussoir pour beaucoup d’électeurs. Un sondage réalisé par la ZDF a révélé que pour les 70 % des électeurs de la CDU en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, la personnalité de Friedrich Merz est davantage un handicap qu’un avantage pour le parti. Seulement 1 % de ces électeurs pensaient l’inverse. Friedrich Merz est également, selon de nombreux sondages, le dirigeant allemand le plus impopulaire de l’après-guerre, sa cote de popularité plafonnant à 15 %. Malgré cela, les experts interrogés pensent qu’il a encore un avenir en tant que chancelier, les ministres-présidents de la CDU ayant rédigé un communiqué commun pour apporter leur soutien à Friedrich Merz et assurer qu’ils ne «cherchaient pas à le remplacer dans l’immédiat». Mais pour les Allemands le plus important est de voir leurs priorités prises au sérieux. Or, le statu quo voulu par la CDU aujourd’hui obligera Merz à marcher sur le fil pour garder son poste le plus longtemps possible, au moins jusqu’à la prochaine élection régionale allemande qui aura lieu en avril 2027 et qui pourrait alors sceller, dans un sens ou dans l’autre, le sort du chancelier.

- Olaf Scholz a quitté le pouvoir en 2025 après des résultats médiocres et une économie en berne.
- Friedrich Merz fait face à la montée de l'AfD et à des défaites électorales pour la CDU.
- La CDU a subi des pertes importantes lors des élections régionales à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.
- En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, la CDU a obtenu seulement 4,9 %, en dessous du seuil de 5 % pour entrer au parlement, une première historique.
- Friedrich Merz est très impopulaire, avec seulement 15 % de cote, et son avenir en tant que chancelier est incertain.























