Le Premier ministre a pris part, hier, à l’ouverture des travaux de cette rencontre présidée par Vladimir Poutine. Les discussions porteront notamment sur le développement de nouveaux marchés gaziers, l’attraction des investissements et le renforcement de la coopération entre les pays membres.
Par Fatima Arab
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, représentant le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a pris part, hier à Moscou, en Russie, à l’ouverture des travaux du 8e Sommet des chefs d’État et de gouvernement du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF). La cérémonie d’ouverture s’est déroulée sous la présidence du président russe, Vladimir Poutine, en présence du secrétaire général du Forum, Philip Mshelbila, ainsi que de plusieurs dirigeants des États membres et des pays observateurs.
Dans son allocution lue par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé la place de l’Algérie parmi les acteurs majeurs de l’industrie gazière mondiale et son engagement en faveur de la sécurité des approvisionnements. Soulignant que l’Algérie figure parmi les dix premiers producteurs mondiaux de gaz et constitue le deuxime fournisseur de l’Union européenne par gazoduc, il a insisté sur «la nécessité de garantir un cadre réglementaire stable, des investissements pérennes et une juste valorisation du gaz naturel, notamment dans le cadre des contrats à long terme». Le chef de l’État a également plaidé pour «une transition énergétique juste et progressive», mettant en avant le rôle du gaz comme partenaire des énergies renouvelables pour assurer la stabilité des systèmes électriques et réduire les émissions. À ce titre, il a rappelé le programme national de production de 15 000 MW d’énergies renouvelables à l’horizon 2035, doté d’une enveloppe d’environ 22 milliards d’euros, ainsi que les ambitions de l’Algérie dans l’hydrogène, à travers le corridor South2, développé avec des partenaires européens et la Tunisie. Sur le plan continental, il a mis en avant le projet de gazoduc transsaharien, d’une capacité d’exportation estimée à 30 milliards de mètres cubes par an, présenté comme un levier de coopération entre pays africains et de lutte contre la précarité énergétique. Appelant enfin les pays membres du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) à renforcer leur coordination face aux tensions géopolitiques et à élargir leur présence sur de nouveaux marchés, Abdelmadjid Tebboune a plaidé pour une coopération accrue, notamment dans le cadre du partenariat Sud-Sud.
Il a, par ailleurs, rappelé l’importance de l’innovation technologique dans l’évolution de l’industrie gazière, appelant le GECF à renforcer le rôle de son Institut de recherche dans la diffusion des technologies de réduction des émissions, de captage, d’utilisation et de stockage du carbone, ainsi que dans l’amélioration de l’efficacité énergétique, notamment grâce à la numérisation et à l’intelligence artificielle. Le président de la République a également souligné que la souveraineté des États dans l’élaboration de leurs politiques énergétiques devait être respectée, estimant que
«l’équilibre du marché mondial repose sur la prévisibilité de la demande, la sécurité des approvisionnements et une rémunération équitable des ressources et des investissements». Rappelant que l’Algérie a accueilli, en 2024, le septième sommet du Forum et que la Déclaration d’Alger avait consacré le rôle stratégique du gaz naturel dans la sécurité énergétique mondiale, il a exprimé le souhait de voir cette orientation se poursuivre sous la présidence russe, alors que le GECF célèbre le vingt-cinquième anniversaire de sa création.
Le chef de l’État a, en outre, mis en avant les projets structurants engagés par l’Algérie pour diversifier son économie et valoriser ses ressources naturelles, citant notamment le gisement de fer de Gara Djebilet et le projet intégré de phosphate. Ces initiatives, a-t-il souligné, doivent contribuer à renforcer les capacités d’exportation du pays tout en répondant aux enjeux de sécurité alimentaire mondiale. Il a également réaffirmé l’engagement de l’Algérie à réduire l’empreinte carbone de son industrie, à limiter les émissions de méthane et le torchage du gaz, ainsi qu’à développer les énergies propres, dans le cadre d’une stratégie conciliant souveraineté nationale, impératifs climatiques et sécurité énergétique. Pour Abdelmadjid Tebboune, le gaz naturel demeure ainsi un élément central de l’équilibre énergétique mondial, appelé à accompagner la transition vers des systèmes moins émetteurs sans compromettre les besoins de développement des pays. Il a enfin appelé les membres du Forum à porter une vision commune pour les prochaines décennies, fondée sur la stabilité des marchés, la disponibilité de l’énergie et le renforcement de la coopération entre producteurs, au bénéfice des générations actuelles et futures.
Une séquence diplomatique russo-africaine
Arrivé lundi soir dans la capitale russe, le Premier ministre participe à ce rendez-vous international consacré aux enjeux de l’industrie gazière et aux perspectives de coopération entre les pays producteurs et exportateurs de gaz naturel.
Au menu de ce sommet figurent plusieurs dossiers liés à l’attraction des investissements dans le secteur gazier, à l’ouverture de nouveaux marchés, notamment en Afrique et dans d’autres régions en développement, ainsi qu’au renforcement de la coopération entre les États membres. L’objectif affiché est de réunir les conditions nécessaires à l’établissement de relations à long terme, fondées sur des intérêts mutuellement bénéfiques. Les travaux interviennent dans un contexte marqué par les transformations des marchés énergétiques mondiaux et les défis géopolitiques et économiques auxquels sont confrontés les acteurs du secteur. Les questions relatives au développement des marchés gaziers, à la sécurité énergétique, aux infrastructures et à l’intégration des technologies avancées dans les activités de production figurent également parmi les enjeux associés à cette rencontre.
La participation algérienne s’inscrit dans la continuité de l’engagement de l’Algérie au sein du GECF, après l’organisation, à Alger, en mars 2024, du 7e Sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays membres, sous la présidence de Abdelmadjid Tebboune.
Cette précédente rencontre avait été sanctionnée par l’adoption de la Déclaration d’Alger, qui avait mis l’accent sur la nécessité de renforcer la coordination et la coopération entre les pays producteurs de gaz, afin de contribuer à la stabilité des marchés et de préserver leurs intérêts communs.
Le texte avait également souligné l’importance du dialogue stratégique entre les différents acteurs de l’industrie gazière, dans un contexte de mutations du secteur énergétique mondial, tout en réaffirmant la place du gaz naturel dans les perspectives énergétiques internationales.
En prenant part au sommet de Moscou, l’Algérie poursuit ainsi sa participation aux concertations multilatérales consacrées à l’évolution du marché gazier et aux modalités de coopération entre les pays exportateurs. Le déplacement de Sifi Ghrieb à Moscou s’inscrit également dans le cadre d’une séquence diplomatique plus large. Après le Sommet du GECF, le Premier ministre doit prendre part au troisième Sommet Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre, ainsi qu’au Forum économique et humanitaire organisé en marge de cette rencontre.
Ces rendez-vous doivent permettre aux participants d’aborder les perspectives de coopération entre la Russie et les pays africains dans différents domaines, notamment économiques et commerciaux.
Lavrov souligne l’importance du partenariat avec l’Algérie
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a salué le renforcement des relations entre l’Algérie, le Niger et le Mali, soulignant l’importance des liens entre ces trois pays. Il a également qualifié l’Algérie de partenaire proche de la Russie et de deuxième partenaire de Moscou en Afrique.
F. A.



























