Après de long mois de flottement, la gauche traditionnelle française a enfin son candidat en la personne de Raphaël Glucksmann, président de Place Publique, élu dès le premier tour. Ce dernier, qui avait connu un énorme bond de popularité depuis les dernières élections européennes de juin 2024, a finalement réussi à s’imposer et à résister aux assauts colériques de La France Insoumise. L’extrême-gauche ayant travaillé avec acharnement ces deux dernières années pour détruire sa réputation, craignant qu’avec un candidat modéré de gauche sur les bulletins de vote, le résultat de Jean-Luc Mélenchon ne lui permette pas de se qualifier pour le second tour en 2027. Raphaël Glucksmann s’est imposé pourtant dimanche dès le premier tour de la primaire de la gauche sociale-démocrate et a promis de «rassembler la gauche démocratique» pour «battre l’extrême droite» à la présidentielle. Avec plus de 66 % des voix (79 613 voix), il a réussi son pari de l’emporter dès le premier tour, loin devant Olivier Faure, le patron du PS. C’est la première fois de son histoire que le PS n’aura pas un candidat issu de ses rangs pour le représenter dans une élection présidentielle. Mais l’eurodéputé de 46 ans va devoir désormais rassembler une famille politique divisée sur la question des alliances avec LFI, qu’il refuse. «La démocratie a parlé et le résultat est sans appel, (…) je suis le candidat de la gauche démocratique qui pourra battre l’extrême droite», a-t-il affirmé lors d’une allocution devant la presse. Il s’est désigné également comme le candidat «de la rupture avec le macronisme» et «de la rupture avec l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche». Invité du journal de 20h de France 2, le candidat a savouré sa large victoire, alors que beaucoup lui promettaient qu’il allait «(se) noyer dans cette bataille». «La gauche démocratique est de retour et elle va gagner l’élection présidentielle», a-t-il promis, lançant un appel en direction de «tous les citoyens écologistes, humanistes qui regardent la catastrophe arriver et qui sont saisis d’effroi». Appel également lancé en direction de François Hollande, qui a félicité le candidat, selon son entourage : «Il est le bienvenu dans cette dynamique», a-t-il souligné. Le patron du PS, Olivier Faure, encaisse, lui, une sévère défaite, avec 14 % des voix (17 398 voix), mais a semblé écarter toute démission en affirmant qu’il continuerait de prôner l’union de la gauche à sa place de premier secrétaire. Faure, qui avait considéré qu’une victoire de Raphaël Glucksmann signifierait l’effacement du PS à la présidentielle, va désormais devoir le soutenir, comme s’y sont engagés tous les candidats. Très identifié sur l’international et l’Europe, Raphaël Glucksmann voit dans cette primaire le début d’une «refondation de la gauche», avec une rupture claire avec La France Insoumise et son chef de file Jean-Luc Mélenchon. Ce fut d’ailleurs son principal sujet de discorde avec Olivier Faure et Ségolène Royal, lors des débats télévisés. Raphaël Glucksmann, qui considère que Jean-Luc Mélenchon joue avec les codes de l’antisémitisme, avait accusé le patron du PS de vouloir se rapprocher du patriarche Insoumis, comme il l’a déjà fait à deux reprises au moment de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes, 2022) et du Nouveau Front populaire (NFP, 2024). Olivier Faure, partisan d’un rassemblement de la gauche à l’Assemblée, l’avait en retour soupçonné de vouloir se rapprocher du centre, ravivant le procès en «macronisme» qui colle à la peau de l’eurodéputé. Alors que certains imaginent une alliance de la droite et du centre allant jusqu’aux sociaux-démocrates, Raphaël Glucksmann a promis dimanche soir qu’il y aurait «un bulletin de vote à (son) nom» au premier tour de la présidentielle. Ce dernier aura désormais une lourde bataille à mener sur plusieurs fronts, contre ses adversaires de la droite et du centre dans la course à l’Élysée, mais surtout contre le candidat LFI. Celui-ci fera tout pour désarçonner Glucksmann, seul capable de perturber les intentions de vote à son endroit, beaucoup de sympathisants de gauche étant excédés par les dérapages et la politique du chaos des Insoumis.

- Raphaël Glucksmann a remporté la primaire de la gauche sociale-démocrate dès le premier tour dimanche.
- Il a obtenu plus de 66 % des voix, soit 79 613 voix, devançant largement Olivier Faure.
- C'est la première fois dans son histoire que le Parti socialiste n'aura pas de candidat issu de ses rangs pour la présidentielle.
- Olivier Faure a recueilli 14 % des voix, représentant 17 398 voix, et encaisse une sévère défaite.
- L'eurodéputé de 46 ans promet de rassembler la gauche démocratique pour battre l'extrême droite et rompre avec le macronisme.

























