À l’occasion du 29e Salon international du livre d’Alger (SILA), l’Espace Tahar-Ouettar du pavillon « Palestine » a abrité une conférence majeure célébrant les cent ans du théâtre algérien.
Dédiée à la mémoire de l’illustre Sid Ahmed Agoumi, cette rencontre a permis aux universitaires et professionnels de retracer l’apport inestimable du quatrième art dans la mobilisation populaire, la sensibilisation politique et le rayonnement de la Cause nationale à travers le monde. Le théâtre algérien s’est d’abord forgé dans le creuset de la lutte politique et de la résistance culturelle. Lors de cette conférence, les intervenants ont mis en lumière les premières expressions d’un art foncièrement militant, dont la genèse remonte à 1926 avec la création de la pièce fondatrice « Djeha » par Ali Sellali, dit Allalou. Cette œuvre a joué un rôle déterminant pour rapprocher la scène du public local et éveiller les consciences sous le joug colonial. Cette dynamique émancipatrice a rapidement été portée par des figures emblématiques telles que Rachid Ksentini, pionnier du théâtre satirique, et Mahieddine Bachtarzi, qui a activement contribué à la structuration de l’activité théâtrale et à l’organisation de ses premières tournées. Cet engagement patriotique a trouvé son aboutissement institutionnel avec la création de la Troupe artistique du Front de libération nationale (FLN) en 1958, en Tunisie. Composée de 35 artistes, musiciens et comédiens sous l’impulsion de Mustapha Kateb, cette formation a transformé la dramaturgie en un instrument de rayonnement international pour la Révolution algérienne.
Les communications ont rappelé la force de frappe d’œuvres comme « Nahw Ennour » (Vers la lumière) de Mustapha Kateb, ainsi que les textes d’Abdelhalim Raïs, à l’instar de « Les Enfants de la Casbah », « Le Sang des libres », « Les Eternels » et « Le Testament ». Ces créations ont brillamment porté sur les planches les idéaux de libération, les sacrifices du peuple et la détermination inébranlable des Moudjahidines. Les conférenciers ont également tenu à souligner l’héritage intellectuel et artistique d’Ould Abderrahmane Kaki, d’Abdelkader Alloula et de Kateb Yacine, véritables piliers de la scène algérienne contemporaine. La rencontre a pris une dimension particulièrement émouvante lors de l’hommage rendu à Ahmed Meziane, mondialement connu sous le nom de Sid Ahmed Agoumi (1940-2026). Les participants ont salué le parcours exceptionnel, tant militant qu’artistique, de ce comédien engagé qui a voué son existence au service de la culture algérienne. Ce moment de recueillement et de célébration s’inscrit dans la vaste programmation du 29e SILA qui, ouvert jusqu’au 7 novembre au palais des Expositions, accueille cette année 1 567 maisons d’édition représentant 51 pays.
R. C.



























