En fin de semaine dernière, l’Allemagne a été l’un des nouveaux pays à être contaminé par les émeutes d’une jeunesse qui semble incapable désormais, en Europe de l’Ouest, de manifester pacifiquement et qui a quasi systématiquement recours à la violence pour faire entendre sa voix. Officiellement, les manifestants se mobilisent contre le manque de moyens dans les écoles, comme en France, en Italie et ailleurs, la vie chère, l’éventuelle réintroduction du service militaire, et alerte sur le réchauffement climatique. Des problèmes que le gouvernement de Friedrich Merz tarde à résoudre concrètement, étant plus préoccupé par barrer la route, coûte que coûte à ses opposants politiques et à avancer des «solutions» cosmétiques. Le chancelier s’est ainsi prononcé pour qu’une femme soit élue à la présidence de l’Allemagne, une fonction essentiellement honorifique jusqu’ici toujours occupée par des hommes. «Ma décision est arrêtée sur un point : ce doit être une femme», a déclaré le dirigeant allemand, selon des sources de son parti chrétien-démocrate (CDU). «Je proposerai au parti (…) une candidate du centre», a dit Friedrich Merz, lors d’une réunion à huis clos de responsables locaux de la CDU. Il n’a en revanche pas donné de noms, selon les mêmes sources. Actuellement, le poste de président fédéral, une fonction qui a également valeur d’autorité morale, est occupé par le social-démocrate Frank-Walter Steinmeier depuis 2017. Le président allemand est élu par une Assemblée de quelque 1 260 électeurs, parlementaires des deux chambres (Bundestag et Bundesrat) pour la plupart, ainsi que quelques représentants de la société civile. La prochaine élection est fixée au 30 janvier prochain. La CDU est le plus grand parti dans cette Assemblée. En s’associant avec le parti frère bavarois CSU et les sociaux-démocrates, les deux formations avec qui Merz est en coalition, y dispose de la majorité. Parmi les femmes évoquées au sein de la CDU, comme candidates potentielles pour la présidence, figurent la présidente du Bundestag, Julia Klöckner, la ministre de l’Éducation, Karin Prien, l’ancienne présidente du parti et ex-ministre de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, ainsi que la présidente du groupe parlementaire de la CDU en Hesse (centre), Ines Claus. La CSU a, pour sa part, déjà proposé la présidente du Parlement régional de Bavière, Ilse Aigner, pour succéder au président Steinmeier. Si cette proposition n’est pas négative en elle-même, elle semble toutefois dérisoire, alors que l’État actuel du pays appelle à des prises de mesures plus concrètes pour, non seulement améliorer le quotidien des Allemands, mais surtout répondre à leurs récriminations qui sont toujours plus nombreuses et qui finiront très probablement à une avancée encore plus importante dans les mois et années à venir de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne).

- L'Allemagne fait face à des émeutes de jeunes dénonçant le manque de moyens dans les écoles et la vie chère.
- Le chancelier Friedrich Merz souhaite qu'une femme soit élue à la présidence de l'Allemagne lors du scrutin prévu le 30 janvier prochain.
- Le poste de président fédéral est actuellement occupé par Frank-Walter Steinmeier depuis 2017.
- Plusieurs femmes sont évoquées comme candidates potentielles au sein de la CDU et de la CSU.
- La CDU dispose de la majorité au sein de l'Assemblée élisant le président fédéral grâce à ses alliances.

























