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Critique sévère des Fennecs après deux matches

Critique sévère des Fennecs après deux matches

  • Djamel Benlamri a vivement critiqué les Fennecs après le match nul concédé au Burundi.
  • Le bilan de Brahim Hemdani s'établit à une victoire et un nul en deux rencontres.
  • Les critiques ciblent la défense perméable, le milieu sans identité et les choix du sélectionneur.
  • Le débat soulève la question du temps nécessaire pour construire une nouvelle équipe nationale.
  • Malgré leurs faiblesses, les Fennecs ont su revenir au score pour égaliser face au Burundi.

Qu’un ancien international parle de l’équipe nationale, rien de plus naturel. Qu’il la critique, rien de plus légitime. Après tout, ceux qui ont porté le maillot des Verts ont le droit de regarder, d’analyser et de commenter ceux qui leur ont succédé. Le débat fait partie du football.

Mais il y a une différence entre pointer les insuffisances d’une équipe et lui faire un procès d’intention après deux matches. Djamel Benlamri n’a pas choisi la demi-mesure. Après le nul concédé au Burundi (2-2) lors de la deuxième journée des éliminatoires de coupe d’Afrique des Nations, l’ancien défenseur international a dégainé. Défense perméable, milieu sans identité, équipe fébrile, choix contestables du sélectionneur : le constat est sévère, très sévère. Jusqu’à cette formule : «les espaces étaient devenus des rues ouvertes». Personne ne peut nier que les Fennecs ont souffert face au Burundi. Ils ont même sérieusement souffert. Menés (2-0), ils ont été bousculés, parfois désorganisés et ont laissé trop d’espaces à leurs adversaires. Mais faut-il pour autant transformer quatre-vingt-dix minutes difficiles en acte d’accusation contre une équipe et son nouveau sélectionneur ?

Il existe aussi une autre lecture des faits
Brahim Hemdani a disputé deux rencontres depuis son arrivée sur le banc. Deux seulement. Une victoire convaincante contre la Zambie (3-1), puis un nul au Burundi après avoir été mené 0-2. Quatre points sur six, six buts marqués. Le bilan n’est certainement pas parfait, mais il n’autorise pas non plus à tirer des conclusions définitives. Benlamri conteste également certains choix du sélectionneur. La sortie de Boulbina ? Une erreur, selon lui. Chiakha pour Bounedjah ? Pas le même profil. Voilà qui peut alimenter un débat technique. Et c’est précisément là que la parole d’un ancien international peut être utile : lorsqu’elle analyse, argumente et propose.

Mais lorsque le constat devient systématiquement noir, le débat change de nature
Surtout lorsqu’au même moment, le voisin est présenté comme une sorte de référence à suivre. Le son football mérite évidemment d’être observé. Son évolution, son organisation et ses résultats constituent des éléments que personne ne peut ignorer. Mais le football ne se construit pas par du copier-coller. Une sélection ne devient pas meilleure simplement parce qu’elle regarde constamment de l’autre côté de la frontière. Le plus troublant reste peut-être le décalage entre la violence de certaines critiques et le temps réellement accordé à cette nouvelle équipe pour se construire. Dans le football, deux matches peuvent révéler des problèmes. Ils ne permettent pas toujours de condamner un projet. Certains supporters rencontrés dans la rue l’ont d’ailleurs fait savoir. Ils ne contestent pas le droit de Benlamri à parler. Ils contestent plutôt le ton et ce qu’ils perçoivent comme un acharnement contre une équipe qui reste, avant tout, l’emblème sportif du pays.

La sélection appartient à une mémoire collective
Le maillot national n’est pas un plateau de télévision. Il ne s’agit pas d’un club, d’un joueur ou d’un sélectionneur que l’on peut encenser aujourd’hui et démolir demain. La sélection appartient à une mémoire collective, à plusieurs générations de joueurs et surtout à des millions de supporters. Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille fermer les yeux sur les lacunes. Au contraire. Les Fennecs doivent corriger leurs erreurs, retrouver de la maîtrise, donner davantage de cohérence à leur jeu et construire cette personnalité que Benlamri réclame lui-même. Mais la critique, pour être utile, doit aussi laisser une chance au temps. Hemdani sera jugé. Sur ses choix, sur son jeu, sur ses résultats et sur la capacité de cette équipe à progresser. Il ne demande certainement pas un blanc-seing. Mais il serait tout aussi hasardeux de lui dresser un procès après deux journées.

En résumé
Au Burundi, les Fennecs ont montré leurs faiblesses. Ils ont aussi montré leur capacité à ne pas sombrer. Menés 2-0, ils sont revenus à 2-2. C’est peut-être cela, finalement, qu’il faut retenir : une équipe encore imparfaite, encore fragile, mais pas condamnée. Le rôle des anciens internationaux peut être précieux. Leur parole peut éclairer. Elle peut aussi peser lourd. Critiquer les Fennecs, oui. Les enterrer après deux matches, certainement pas.
H. Hichem

 

Source : La Nouvelle République

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