Dans l’entretien qu’il a accordé, hier, à la Chaîne III de la Radio algérienne dont il était l’invité du jour, le ministre a expliqué que l’objectif est notamment de consolider les règles encadrant l’exercice du métier, de renforcer les mécanismes de régulation et d’accompagner le développement des différents supports médiatiques, qu’ils soient audiovisuels, écrits ou numériques.
Il a également insisté sur la nécessité de poursuivre le dialogue avec les professionnels du secteur, rappelant que « plusieurs rencontres ont déjà été organisées, aussi bien au ministère de la Communication qu’au niveau de la Présidence de la République », tout en annonçant que « d’autres rencontres sont prévues afin de maintenir une concertation régulière et de suivre les préoccupations des journalistes et des entreprises de presse. »
À l’occasion de la commémoration du 28 octobre 1962, date fondatrice dans l’histoire de l’Algérie indépendante, quand les travailleurs algériens de la Radio et de la Télévision ont relevé le défi de reprendre en main les moyens nationaux de diffusion et d’assurer la continuité du service public, malgré le départ des techniciens français, Mohamed Bouslimani a rendu un vibrant hommage aux pionniers de l’audiovisuel national.
Il a salué « le rôle fondateur des travailleurs algériens qui ont assuré la relève au sein de la Radio et de la Télévision algériennes, alors que les experts français estimaient que le fonctionnement de ces médias serait compromis après leur départ », précisant que « malgré le manque de formation, d’expérience et de moyens, ces pionniers ont réussi à maintenir les émissions et à garantir la continuité du service ». Pour le ministre, cette mobilisation constitue un exemple de patriotisme, de détermination et de responsabilité professionnelle dont les nouvelles générations de journalistes doivent continuer à s’inspirer.
Il a également rappelé que le secteur audiovisuel national a connu, depuis cette date, plusieurs étapes de transformation, notamment la réforme de 1986, qui a consacré une nouvelle organisation du service public avec la création de l’Entreprise publique de radiodiffusion sonore (EPRS) et de l’Entreprise publique de télévision (EPTV).
Évoquant les mutations du paysage médiatique, le ministre a souligné que la transition numérique n’est plus une option, mais une nécessité pour garantir l’avenir et la viabilité des entreprises de presse. « Aujourd’hui, la presse doit avoir un nouveau modèle économique. Le digital doit s’imposer », a-t-il affirmé, rappelant « l’attention particulière accordée par le président de la République au développement du numérique ».
Selon le ministre, « le paysage médiatique algérien compte aujourd’hui plus de 200 titres de presse écrite et 142 sites web d’information, tandis que l’Entreprise publique de télévision dispose de 11 chaînes, alors que la majorité des wilayas disposent de leurs propres structures radiophoniques, en attendant l’accompagnement des onze nouvelles wilayas. Il a notamment évoqué la nécessité de mettre en place « des instruments fiables de mesure d’audience, indispensables pour valoriser les contenus numériques ».
Abordant les conditions socio-professionnelles des journalistes, le ministre a rappelé que l’accompagnement de l’État ne saurait se limiter au soutien économique des entreprises de presse. La protection des professionnels de l’information, leur couverture sociale, leurs assurances et la régularisation de leurs situations contractuelles figurent également parmi les préoccupations du secteur. « Le journaliste doit être déclaré », a-t-il insisté, mettant en avant « la nécessité de généraliser les contrats de travail et de mettre fin aux pratiques de travail non déclaré. »
Le ministre a souligné que les droits des journalistes doivent être respectés, tout en rappelant que l’exercice de la profession implique également des devoirs et des responsabilités. Sur le volet des aides, il a évoqué les dispositifs prévus dans le cadre de la législation relative à l’information, ainsi que les soutiens indirects accordés par l’État, notamment en matière d’impression et de coût du papier.

























