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Algérie : le Haut conseil pour intégrer la diaspora scientifique

Algérie : le Haut conseil pour intégrer la diaspora scientifique

  • Près de 45.000 compétences scientifiques algériennes sont expatriées dans le monde entier.
  • Le président Tebboune a installé le Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l'étranger.
  • Le ministre Baddari a acté l'institutionnalisation durable des relations avec la diaspora scientifique.
  • Le Pr Elias Zerhouni souligne la croissance historique du nombre d'universités et d'étudiants en Algérie.
  • Des décrets récents revalorisent les salaires et introduisent des primes pour les publications internationales.

En effet, de Paris à Montréal, en passant par Londres ou Washington, au moins 45.000 compétences scientifiques algériennes composent une excellence expatriée qui fait le bonheur des autres.

Rien qu’en France, près de 7.000 médecins formés en Algérie exercent dans les hôpitaux publics, représentant 40% des praticiens nés hors de l’Union européenne, selon les estimations disponibles. Maintenant que le constat est fait, la question qui nous vient à l’esprit est celle de savoir comment transformer ce capital immatériel en levier de croissance réel.

L’actualité récente vient de poser un jalon institutionnel majeur, certes, mais ne manque pas pour autant de poser la problématique de se «captage» stratégique en marche. L’installation par le président Abdelmadjid Tebboune du Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger marque une volonté de rupture, et rappelle l’impératif de regarder autrement ces «exilés» en les intégrant dans l’écosystème national.

En qualifiant ces chercheurs d’«élite de l’élite», le chef de l’État s’engage à leur ouvrir les portes du co-développement. De son côté, le ministre de l’Enseignement supérieur, Kamel Baddari, a acté le passage des relations informelles à une institutionnalisation durable.

Dotée d’une autonomie financière totale, cette instance bénéficie d’un accès direct aux plateformes de recherche nationales pour simplifier le parrainage de thèses et les projets d’investissement. Il s’agit là, sans conteste, d’un signal fort, soutenu par le coordinateur du Conseil, le Pr Elias Zerhouni, qui rappelle quant à lui, que l’Algérie a profondément changé, passant historiquement de 4 à 57 universités et de 10.000 à 1,7 million d’étudiants en l’espace de quelques années.

Cependant, et comme beaucoup le pensent en ce moment, solliciter les élites de la diaspora sans valoriser les talents locaux relèverait de la contradiction économique. Mais bon ! nous ne sommes pas tout à fait dans cette posture. En effet, des pas concrets ont été franchis en ce sens, pour asseoir un cadre encourageant pour les élites sur le sol national.

La promulgation des nouveaux statuts particuliers de l’enseignant-chercheur et du chercheur permanent (Décrets exécutifs 24-102 à 24-104) a effectivement revalorisé les grilles indiciaires et le régime indemnitaire. Ce qui n’est pas rien ! À cela s’ajoute l’introduction de primes allant jusqu’à 3 millions de dinars pour les publications internationales de premier plan.

Parallèlement à cela, l’Algérie a évidemment structuré son écosystème d’économie innovante, pour créer une sorte de réceptacle d’idées, mais surtout de projets ambitieux. Le dispositif «Un diplôme… une startup / un brevet» (Arrêté 1275) transforme l’université en véritable incubateur de richesses, appuyé par plus de 110 Centres de développement de l’entrepreneuriat (CDE), répartis sur le territoire national.

Le Label Startup offre pour sa part une exonération fiscale totale de TVA et un accès direct aux capitaux via l’Algerian Startup Fund (ASF) pour donner aux talents locaux les outils de leurs ambitions.

Ceci dit, valoriser la ressource humaine résidente est la condition sine qua non pour que le travail de la diaspora fasse sens. Et cela n’échappe pas aux autorités du pays qui ont compris que c’est ici que se forge la base d’absorption de tout transfert technologique.

En somme, l’enjeu ne réside plus dans la rétention douanière des cerveaux, mais dans la consolidation d’un écosystème flexible, transparent et libéré des lourdeurs bureaucratiques.

Par conséquent, si l’Algérie maintient cette trajectoire d’incitation intelligente, elle fera de sa diaspora et de ses compétences locales les deux moteurs synchronisés d’une économie nationale émergente.

L. K.

Source : Ecotimes

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