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Phosphate intégré : lancement des deux maillons clés à Bir El Ater et Oued Kebrit

Phosphate intégré : lancement des deux maillons clés à Bir El Ater et Oued Kebrit

  • Lancement des travaux de l'usine d'enrichissement de Bir El Ater et pose de la première pierre du complexe d'Oued Kebrit.
  • Opérations supervisées par le ministre d'Etat Mohamed Arkab, en présence de Mourad Hanifi, Abdelkader Djellaoui et Nourredine Daoudi.
  • La mine de Bled El Hadba vise 10,5 millions de tonnes de phosphate brut par an, dont environ 5,5 millions enrichis.
  • Le complexe produira des engrais DAP, MAP, NPK et urée, dont 2,4 millions de tonnes phosphatées par an.
  • Saipem réalise les travaux en mode «EPC FastTrack», avec les filiales SARPI, GCB et GTP de Sonatrach.

Le projet de phosphate intégré franchit une nouvelle étape avec le lancement, jeudi, des travaux de réalisation de l’usine d’enrichissement et de transformation du phosphate brut à Bir El Ater, dans la wilaya de Tébessa, ainsi que la pose de la première pierre du complexe de transformation chimique du phosphate à Oued Kebrit, dans la wilaya de Souk Ahras.

Par Fatima Arab

Ces deux opérations ont été supervisées par le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, dans le cadre du suivi de terrain de la réalisation de ce projet industriel intégré. Elles se sont déroulées en présence notamment du ministre des Mines et des Industries minières, Mourad Hanifi, du ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, des walis de Tébessa, Souk Ahras et Bir El Ater, ainsi que du P-DG du Groupe Sonatrach, Nourredine Daoudi, et de représentants des secteurs et entreprises concernés.
Au pôle minier de Bir El Ater, le ministre d’Etat a présidé la cérémonie officielle de lancement des travaux de réalisation de l’usine d’enrichissement et de transformation du phosphate brut de la région de Bled El Hadba.
Ce pôle constitue le premier maillon de la chaîne de valeur du projet de phosphate intégré, compte tenu des importantes ressources phosphatières dont dispose la région. L’objectif est de valoriser localement le minerai extrait, à travers son enrichissement avant son acheminement vers les unités de transformation chimique de Oued Kebrit.
Le site devrait disposer d’une capacité d’extraction de 10,5 millions de tonnes de phosphate brut par an, permettant de produire environ 5,5 millions de tonnes de phosphate enrichi commercialisable. La capacité de production de phosphate concentré est, quant à elle, estimée à 3,2 millions de tonnes par an, destinées notamment à alimenter le complexe de transformation chimique de Oued Kebrit, selon les détails fournis par le ministère des Hydrocarbures.
Le développement de ce pôle s’inscrit dans la continuité des opérations déjà engagées sur le site. En novembre 2024, Mohamed Arkab avait supervisé l’ouverture de la mine de phosphate de Bled El Hadba, et inspecté le site prévu pour l’implantation de l’usine d’enrichissement.
Lors de sa nouvelle visite, le ministre d’Etat a également pris connaissance de l’état d’avancement des travaux liés aux différentes unités de valorisation et de transformation. Il a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts et d’accélérer le rythme de réalisation afin de permettre l’entrée en production du phosphate enrichi dans les délais fixés.
La deuxième étape de cette chaîne s’est concrétisée à Oued Kebrit, dans la wilaya de Souk Ahras, avec la pose de la première pierre du complexe de transformation chimique du phosphate.
Ce complexe constitue le principal maillon industriel du projet intégré. Il aura pour fonction de transformer le phosphate enrichi provenant de Bled El Hadba en produits industriels à plus forte valeur ajoutée, notamment des engrais destinés au marché national et à l’exportation.
Les travaux préparatoires et de réalisation sont pris en charge par la société italienne Saipem, selon le mode «EPC FastTrack», destiné à réduire les délais de réalisation et à respecter le calendrier arrêté. Les filiales de Sonatrach, notamment la Société algérienne de réalisation de projets industriels (SARPI), la Société nationale de génie civil et bâtiment (GCB) et l’Entreprise nationale des grands travaux pétroliers (GTP), participent également à la réalisation du projet, selon la présentation fournie sur ce projet.
Le complexe comprendra plusieurs unités industrielles destinées à la production de différents types d’engrais phosphatés, notamment le DAP, le MAP et le NPK, ainsi que des engrais azotés, en particulier l’urée. Il intégrera également des unités destinées à produire les principaux intermédiaires chimiques nécessaires au processus de transformation, dont l’acide sulfurique, l’acide phosphorique et l’ammoniac.
Dans sa première phase, le complexe devrait atteindre une capacité de production d’environ 2,4 millions de tonnes d’engrais phosphatés par an, auxquelles s’ajouteront 570 000 tonnes d’engrais azotés annuellement.

Une chaîne intégrée, de la mine aux engrais
À travers l’articulation entre le pôle minier de Bled El Hadba et le complexe chimique de Oued Kebrit, le projet vise à mettre en place une chaîne industrielle intégrée, allant de l’extraction du phosphate à sa transformation en produits finis.
Cela repose sur la volonté de ne plus limiter la valorisation des ressources minières à l’extraction et à la commercialisation de la matière première, mais de développer sur le territoire national les différentes étapes de sa transformation, à savoir enrichissement, production d’acides et d’ammoniac, fabrication d’engrais et acheminement des produits vers les marchés.
Le projet prévoit également la connexion des différents maillons de la chaîne à travers les infrastructures de transport et les installations portuaires nécessaires à leur fonctionnement et à l’écoulement des produits. Le projet de phosphate intégré revêt une importance particulière pour le secteur agricole. La production locale d’engrais doit contribuer à répondre aux besoins des agriculteurs et à renforcer la disponibilité des intrants nécessaires à la production agricole.
La mise en valeur de la ressource phosphatière devrait également permettre d’accroître la valeur ajoutée générée localement et de soutenir les exportations hors hydrocarbures.
Le projet doit, en outre, contribuer à la création d’emplois directs et indirects, au développement des activités économiques dans les wilayas concernées, au transfert de technologies et au développement des compétences nationales. Il est également appelé à renforcer le tissu industriel local à travers la mobilisation des entreprises et des filiales nationales intervenant dans les différentes phases de réalisation.
Lors de cette visite de terrain, le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, a appelé les différents secteurs et entreprises impliqués à «poursuivre leur coordination et à assurer un suivi régulier de l’avancement des travaux, en veillant au respect des délais et à l’accélération du rythme de réalisation».
F. A.

Source : Le jour d'Algérie

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