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Paysage énergétique algérien : enjeux, investissements et hydrogène vert

Paysage énergétique algérien : enjeux, investissements et hydrogène vert

  • Khaled Boukhlifa, ancien directeur du ministère de l’Énergie, a commenté la Semaine de l’énergie à Riyadh du 11 au 15 octobre 2026.
  • Il a souligné que le contexte est marqué par la guerre russo‑ukrainienne, les tensions dans le détroit d’Ormuz et les attaques contre les aéroports saoudiens.
  • Selon lui, l’Algérie se porte bien grâce à la reprise des investissements depuis 2022 et à la reconstitution de ses réserves.
  • Il a insisté sur la nécessité d’un transfert de technologie pour l’hydrogène vert, avec fabrication locale et coopération avec l’Italie, l’Autriche, l’Allemagne et la Tunisie.
  • Boukhlifa a évoqué un possible investissement de 4 milliards de dollars pour le projet d’hydrogène, tout en rappelant la complexité du contexte et les incertitudes.

Ancien directeur général au ministère de l’Énergie et des Mines, l’avis de Khaled Boukhlifa, expert en énergie, sur les faits qui marquent l’actualité énergétique algérienne est intéressant à connaître. Il l’a donné mardi sur la chaîne 3 de la Radio algérienne, dont il était l’invité du jour. Il a ainsi noté que la Semaine de l’énergie qui se déroule à Riyadh (Arabie Saoudite) du 11 au 15 octobre 2026 et à laquelle participent le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab et le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a pour fond un contexte dominé par deux faits : les attaques contre les aéroports saoudiens et la transaction russo-américaine sur 300 millions de tonnes de diésel malgré les sanctions antirusses. Il note la différence de contexte avec la même manifestation qui s’était tenue à Alger en 2016, avec la création de l’OPEP+ et il rappelle tout le travail réalisé par cette instance. Actuellement le contexte est très compliqué, fait-il remarquer, évoquant la guerre russo-urainienne, le détroit d’Ormuz, Bab el Mandeb.
Il rappelle les objectifs de la réunion de Riyadh : favoriser un dialogue direct entre les pays producteurs et les pays consommateurs d’énergie, ainsi qu’avec les organisations internationales ; assurer l’équilibre entre l’offre et la demande et garantir la prévisibilité des flux énergétiques. Dans ce contexte, il estime que l’Algérie s’en sort bien, avec les investissements qui ont commencé à reprendre en 2022 et la reconstitution des réserves. Il rappelle que sept périmètres d’investissements sont proposés par le big round 2027. Il souligne que l’acte d’investir est dans l’intérêt des consommateurs et des producteurs. À propos de l’hydrogène vert et du projet actuel, avec l’Italie, l’Autriche, l’Allemagne et la Tunisie, il ne faut pas que ça soit une vente d’équipements, dit-il, il faut veiller à ce que nos partenaires nous aident à un transfert de technologie réelle, avec fabrication d’équipements localement, insiste-t-il.
Il note que pour le moment, un accord de coopération a été signé. Il se réfère à l’ intervention de l’ambassadeur de l’Union européenne à Alger, lors du NAPC 2026, qui a parlé d’une étude lancée et qui sera terminée en 2027 pour voir la faisabilité du projet. Khaled Boukhelifa note deux aspects dans le projet: l’hydrogène vert pour l’industrie, on est obligé d’y aller ; pour l’exportation, des études sont en train d’être faites. Il interroge : doit-on utiliser les gazoducs actuels ? Si c’est le cas, ça faciliterait beaucoup les choses ; il rappelle que l’ambassadeur de l’UE parle d’un investissement de 4 milliards de dollars, ce qui est « jouable », pense-t-il. Il fait savoir qu’il y a d’autres scénarios qui prévoient de réaliser le pipe qui passe par la Tunisie et là c’est une autre histoire, estime-t-il. Pour l’expert algérien, l’hydrogène, c’est pour le moyen terme, il ne faut pas attendre de miracles dans le court terme, dit-il. Il rappelle ce que disaient, il y a quelques années, les opérateurs américains de schiste : « la transition énergétique ne peut pas se faire sans nous ». Mais, ajoute-t-il, « les Européens ne l’ont pas entendu de cette oreille, ils pensaient qu’ils pouvaient remplacer les fossiles par l’éolien et le photovoltaïque et l’hydrogène à moyen terme, jusqu’au moment où il y a eu fermeture de Nord Stream 1 et 2, il n’ y avait plus de gaz qui venait de Russie, 55 milliards de m3 et cette quantité devait être doublée avec le Nord stream 2». Il rappelle que certains experts disaient « décarbonation totale et 100 % énergies renouvelables en 2050, c’était, d’après lui, du délire ». Pour Khaled Boukhlifa, « si le Nord stream reprend, c’est un autre paysage énergétique qui va se dessiner, la leçon pour nous, il faut être prudent, les choses ne sont pas aussi simples qu’on le croit ». Aujourd’hui, « il ne faut pas se lancer dans des projets où on n’est pas sûr, parce que la conjoncture est compliquée et les perspectives sont imprévisibles ». Il dit quelques mots sur le TSGP : « c’est un projet qui date du début des années 1980, maintenant les contraintes sont levées, il présente un intérêt pour les trois pays : Nigeria, Niger, Algérie ».
M. R. 

Source : Le courrier d'Algérie

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